Trudeau se défend d'écourter les débats parlementaires
Émilie Bergeron | Agence QMI
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Le premier ministre Justin Trudeau a dû défendre, mardi, le choix de son gouvernement d’écourter le temps des débats parlementaires pour adopter à toute vapeur le projet de loi sur les prestations de relance économique (PCRE) devant donner suite à la PCU.
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«On fait face à une pandémie sans précédent, une crise qui exige que tout le monde travaille ensemble et, depuis le printemps, c’est exactement ce qu’on a fait. En tant que parlementaires, on a travaillé avec tous les différents partis pour livrer un programme ambitieux pour aider les Canadiens», a offert le chef libéral durant la période de questions aux Communes.
Le leader parlementaire des conservateurs, Gérard Deltell, lui a rétorqué qu’il devrait s’inspirer de l’ex-premier ministre britannique Winston Churchill. Sur Twitter, l’ex-député libéral et lieutenant-général à la retraite, Andrew Leslie, a affirmé que ni M. Churchill ni son homologue canadien de l’époque, William Lyon Mackenzie King, n’ont écourté les débats parlementaires durant la Deuxième Guerre mondiale.
«C’est dommage de voir les conservateurs jouer à de la petite politique pendant que les Canadiens ont besoin d’aide», a riposté M. Trudeau.
Les libéraux ont gardé le cap sur leur proposition de limiter à quatre heures et demie l’étude du projet de loi C-4 sur la création des PCRE de 500 $ par semaine, au grand dam des partis d’opposition. Le chef bloquiste Yves-François Blanchet avait qualifié, lundi, la tactique de «bâillon» qui équivaut à une «insulte à la démocratie».
Mardi, les troupes de M. Trudeau ont passé une motion de clôture pour forcer les discussions sur la limitation de temps à se clore au plus tard à 20 h. Un vote se tiendra, par après, pour officiellement restreindre le temps alloué à l’étude du projet de loi, suivi d’un autre vote, au petit matin, sur le C-4 à proprement parler.
Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a indiqué qu’il appuyait la limitation de débats à contrecœur, plaidant l’urgence d’offrir un soutien continu aux prestataires pour qui la PCU s’est terminée dimanche dernier.Néo-démocrates et libéraux se sont entendus sur des changements à la mesure législative afin de permettre, notamment, une plus grande accessibilité à des congés de maladie payés.
Le projet de loi C-4 sera donc vraisemblablement adopté par la Chambre au petit matin. Les bloquistes appuieront aussi la mesure. Le député conservateur Pierre Poilievre a de son côté signalé que son parti est en faveur des PCRE.Malgré le faible degré d’incertitude associé à l’adoption du C-4, le leader parlementaire libéral Pablo Rodriguez a signalé que le vote sur la mesure législative constituera à un vote de confiance.
«Les Canadiens ne peuvent plus attendre. On doit avancer», a-t-il tenu à ajouter sur Twitter.Le gouvernement Trudeau souhaite que le C-4 devienne force de loi avant fin de la journée de mercredi, puisque c’est à ce moment que doit prendre fin le pouvoir extraordinaire de dépenser du fédéral en temps de pandémie. Une portion du projet de loi repousse cette échéance au 31 décembre.Rappelons que les libéraux ont prorogé le Parlement, en août, ce qui a repoussé à la fin septembre le dépôt et l’adoption d’un projet de loi pour mettre sur pied des prestations post-PCU.