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Trouver un logement pour quelques centaines de dollars relève du miracle pour ces personnes recevant de l'aide sociale

Le Journal a épluché les principaux sites de location de logements et a trouvé seulement une poignée de logements en dessous de 325$

Pour Jean Seredocka, 64 ans, la seule option qui s'offre à lui lorsqu'il se fera évincer de son logement le 1er août, c'est de dormir dans une tente et d'aller entreposer toutes ses affaires.
Pour Jean Seredocka, 64 ans, la seule option qui s'offre à lui lorsqu'il se fera évincer de son logement le 1er août, c'est de dormir dans une tente et d'aller entreposer toutes ses affaires. Photo Clara Loiseau
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Clara Loiseau

2023-07-30T04:00:00Z

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Trouver un toit pour quelques centaines de dollars par mois lorsqu’on reçoit de l'aide sociale relève du miracle au Québec. Que ce soit un logement entier ou une simple chambre, on trouve très difficilement un logement convenable en dessous de 325$, selon une recherche du Journal dans les principaux sites de location de logements.

• À lire aussi: «Quand t’es plus capable de t’acheter de simples Tylenol, il y a un problème»: un prestataire de l’aide sociale peine à payer son loyer subventionné

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«Les montants [de l’aide sociale] sont tellement bas par rapport à la hausse des prix des loyers que les gens ont énormément de difficulté à se trouver un loyer à prix abordable», martèle Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Au Québec, la prestation de base de l’aide sociale s’élève à 770$ par mois. Plus de 100 300 Québécois la reçoivent, avec quelques ajustements suivant la situation, indique le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

En suivant la recommandation de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) de ne pas allouer plus de 35% de son revenu dans son logement afin de pouvoir vivre décemment, se trouver un toit relève de l’impossible.

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Car pour un prestataire de l’aide sociale qui touche le minimum, cela revient à trouver un toit à seulement 269,50$ par mois.

Photo Clara Loiseau
Photo Clara Loiseau

«Il n’y a rien à ce prix-là, on n’a pas le choix de monter le budget», soutient Jean Seredocka, 64 ans, qui touche 770$ par mois de l’aide sociale et qui vit à Saint-Jérôme.

Peu de choix

Entre les annonces pour des locations de courte durée (souvent destinées aux travailleurs saisonniers) ou avec certaines spécificités, Le Journal n’a trouvé qu’une chambre à Montréal, pour le prix de 260$ par mois. 

Mais «la chambre est [...] disponible en location pour une fille dans la tranche d’âge 20-30», peut-on lire.

  • Écoutez l'entrevue avec Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, via QUB radio :

Pour ne pas se retrouver à la rue, M. Seredocka n’a d’autre choix que de faire grimper son budget pour le logement à 450$, même si cela représente plus de 58% de son revenu.

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Mais là encore, pour vivre seul avec ce budget, il faut aller vivre à Cowansville, en Estrie, à Princeville, dans le Centre-du-Québec, à Saint-Malachie, en Chaudière-Appalaches, à Sherbrooke, en Estrie, ou à Québec, a pu constater Le Journal en cherchant un appartement avec ce budget. 

Manque de logements sociaux

Après avoir été évincé de sa chambre où il résidait depuis 10 ans, il s’est inscrit sur la liste pour obtenir un logement social ou un supplément au loyer, comme 38 735 ménages en 2022.

Pour Serge Petitclerc, il est clair que ce qu’il faut, c’est du logement social.

Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté
Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté Photo tirée du site web www.pauvrete.qc.ca

 

  • Écoutez la chronique d’Annabelle Blais, journaliste au Bureau d’enquête de Québecor au micro de Marie Montpetit via QUB radio : 

«À partir du moment où le gouvernement a décidé de mettre la hache dans la construction de logements sociaux, la situation empire», ajoute-t-il, déplorant le manque d’argent pour la construction de nouveaux projets.

À la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), Marc-André Plante, porte-parole de l’organisme, abonde dans le même sens.

«Mais il faut aussi que les locataires reçoivent plus d’aide financière directe pour compenser le prix des loyers et accélérer la construction pour augmenter l’offre», estime-t-il.

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