Trois destinations possibles pour Sidney Crosby

Jean-Charles Lajoie
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Nous sommes à trois semaines de la date limite des transactions dans la Ligue nationale de hockey.
Jeudi soir, si le Canadien avait battu les Rangers et que les Penguins avaient perdu à Chicago, le Tricolore aurait dépassé les Penguins au classement de l’Association de l’Est. Le point est que les Penguins se retrouvent à 5 points de la dernière place donnant accès aux séries de fin de saison dans l’Est.
Le temps risque fort de manquer aux Penguins, la congestion est énorme et les places sont comme on le sait très limitées. La situation à Pittsburgh est catastrophique. La moyenne d’âge de l’équipe est la plus haute de toute la LNH à 31,3 ans.
Sidney Crosby a 36 ans, Evgeni Malkin 37, Kris Letang 36. Il reste 4 ans de contrat à Letang dès l’an prochain, 2 à «Gino», 3 à Erik Karlsson... Pittsburgh et son directeur général Kyle Dubas croulent sous des contrats épouvantables et l’équipe n’a qu’un choix de deuxième tour à venir en juin contre aucun au premier et au troisième tour. Dubas risque de tout tenter pour étirer la sauce. À Pittsburgh, on aime le hockey quand les Penguins gagnent et que des vedettes y jouent. Sans Mario Lemieux, c’était la banqueroute; sans Crosby, la même situation précaire s’est produite. Mais voilà que si Pittsburgh veut redevenir une équipe aspirante il va falloir un grand virage...
Crosby, avec ses 54 points dont 30 buts en 51 matchs, avec son sens de la compétition et sa formidable condition physique, a une valeur exceptionnelle sur le marché des transactions. Accepterait-il de quitter l’organisation qui l’a consacré meilleur joueur au monde pendant si longtemps et triple gagnant de la Coupe Stanley?
Ce sera sa décision... mais mettons qu’il accepte de lever sa clause de non mouvement, quelles seraient ses destinations possibles?
Je serais étonné qu’il veuille s’exposer aux longs voyages d’une équipe de l’Ouest. Il lui reste une autre saison à écouler à son contrat l’an prochain et le club qui va acquérir ses services risque fort de tenter de le retenir 2 ou 3 ans de plus. Sauf peut-être pour une destination comme le Colorado, alors que son meilleur ami dans la business en dehors de ses coéquipiers, Nathan MacKinnon, s’y trouve. Le «fit» serait extraordinaire au Colorado, et je pense que c’est le seul endroit où Crosby accepterait de déménager dans l’Ouest.
Deux choix évidents
Dans l’Est, il y a deux destinations évidentes : Boston et New York. Les Bruins et les Rangers sont dans la fenêtre d’opportunité pour la Coupe Stanley et c’est ce que risque de rechercher Crosby s’il accepte de quitter Pittsburgh...
Chez les Bruins, on a des arguments, à commencer par Brad Marchand, qui a évolué sur le même trio que Crosby sous les couleurs du Canada. Même Patrice Bergeron pourrait intervenir afin de convaincre son ami de rejoindre les Bruins.
En contrepartie, New York est le plus gros marché de la Ligue nationale et l’arrivée du «Kid» à Manhattan trouverait son égal dans celle de Mark Messier dans les années 90. On connaît la suite : les «Blueshirts» ont gagné leur seule coupe en 84 ans avec Messier comme capitaine en 1994.
Et si le Canadien parvenait à gagner un «pitch» pour Crosby? Montréal a été l’équipe de l’enfance de Sidney, son père affectionne particulièrement le CH et Kent Hughes est celui qui pourrait offrir le meilleur «package» à Dubas en retour de Crosby. Hughes pourrait consentir son tout premier choix de 2024 et son premier choix en deuxième ronde de juin prochain aussi, assortir le tout d’un jeune espoir de premier plan en défense, qu’il soit Logan Mailloux ou David Reinbacher ou peut-être même Kaiden Guhle, et un jeune attaquant talentueux comme Sean Farrell.
Est-ce que Hughes ferait une telle chose? Pourquoi pas? Crosby peut te donner 4 ans de hockey de qualité et quel parrain il serait dans le troisième plus jeune vestiaire de la LNH.
Évidemment, ça n’arrivera pas. Tant qu’à venir aider le développement des jeunes à Montréal, «Sid the Kid» va demeurer fidèle aux Penguins.
Mais il faut se rappeler que Wayne Gretzky a déjà changé d’adresse. Quand on regarde la situation à Pittsburgh, il n’y a pas 56 solutions pour sortir les Penguins du trouble. Ils vont devoir faire un «deal» avec Sidney et ensuite avec un autre DG. Faites votre choix!