LHJMQ: Tricia Deguire s’est approchée de son rêve
Elle a été adjointe derrière le banc du Phœnix de Sherbrooke pour cinq rencontres


Dave Lévesque
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Tricia Deguire aurait aimé être de la première saison de la Ligue de hockey professionnel féminine (LHPF). Elle a plutôt vécu une expérience unique derrière le banc du Phœnix de Sherbrooke.
Blessée au bas du corps, la gardienne de 26 ans a été obligée de faire une croix sur la compétition cette saison. De retour en Estrie, elle a été intégrée au personnel du Phœnix comme responsable de la vidéo.
«Je m’entraînais avec mon coach de gardiens qui est avec le Phoenix et il m’a dit qu’il y avait un poste d’entraîneur vidéo, ça m’intéressait plus ou moins, mais il m’a convaincue que c’était une occasion d’approfondir mes connaissances.»
Elle a donc plongé et elle ne le regrette pas pour plusieurs raisons que nous aborderons dans les prochains paragraphes.
À l’aise
«Dès ma première rencontre avec Phil [Philippe Sauvé, directeur général], Oli [Olivier Gervais, entraîneur des gardiens de but] et Gilles [Bouchard, entraîneur-chef], ç’a vraiment cliqué, ce sont de bonnes têtes de hockey et des mentors. Je me suis tout de suite sentie chez moi.»
Habituée d’être entourée d’hommes dès ses premiers pas dans le hockey, Deguire a rapidement trouvé sa place au sein du Phœnix.
«Je me suis immédiatement sentie à l’aise dans cet environnement. C’est un poste qui est important et qui permet de développer le côté tactique. Il faut découper tous les morceaux du match par type de séquence.»
«Ils ont été très patients avec moi parce que c’était la première fois que je faisais ça. Ils m’ont laissé le temps d’apprendre. Quand j’ai compris l’importance de ce poste, j’ai saisi l’opportunité de grandir.»
Derrière le banc
Tricia Deguine n’était cependant pas au bout de ses surprises puisqu’on lui a proposé de se retrouver derrière le banc comme adjointe pendant que Gilles Bouchard allait occuper le même rôle avec Équipe Canada Junior.
«J’ai eu quelques mots avec Gilles, mais c’est Phil qui a amené l’idée. Au début, je pensais que c’était une joke parce que quand tu es une fille dans un monde de gars, ça arrive qu’on se fasse des blagues.
«Quand il l’a redit une deuxième fois, ç’a commencé à être vrai et la troisième, quand on a confirmé les dates, là, il fallait que je me prépare», lance-t-elle en riant.
Elle a donc eu la chance de se retrouver derrière le banc pendant cinq rencontres au cours de la période des Fêtes.
Bien reçue
C’est au troisième match qu’elle a pu vivre les joies de la victoire, avec un gain de 3 à 1 sur l’Armada de Blainville-Boisbriand le 31 décembre dernier.
Et à quel genre d’accueil a-t-elle eu droit de la part d’ados et de jeunes hommes âgés de 16 à 20 ans?
«Les gars ont appris sur mon parcours professionnel, ils ont appris à me connaître et ils ont développé de la confiance à mon endroit. Ç’a pris quelques matchs, mais plus ça allait [plus] on a développé une bonne complicité.»
Elle a surtout pu constater de visu la rapidité du jeu dans la LHJMQ qui prend toute son ampleur au niveau de la glace.
«C’est incroyable d’être aussi proche du jeu que ça. C’est une expérience que j’ai toujours de la misère à décrire, c’est gros, c’est grand, c’est exceptionnel. J’ai adoré et je le referais n’importe quand.»
«D’en haut, on a l’impression que c’est plus lent et plus structuré, mais à la hauteur de la glace, c’est vraiment plus vite. J’en ai vraiment pris conscience quand je me suis retrouvée sur le banc du Junior majeur», dit celle qui regarde normalement les matchs de la tribune de presse tout en restant en contact avec les entraîneurs sur le banc.
Rêver
Cette expérience lui a permis de rêver à une éventuelle après-carrière même si pour le moment, son objectif est de se trouver un poste de gardienne dans la LHPF l’an prochain.
«Dans mon après-carrière, c’est quelque chose que je voudrais faire. Les postes sont très limités dans la ligue féminine, j’en profite actuellement pour améliorer mon jeu avec le Phœnix, je suis très positive sur l’avenir.»
Et ce bref passage derrière le banc du Phœnix est revenu raviver la flamme d’un vieux rêve.
«Ça fait longtemps que je regarde le hockey et la LNH, c’est à ça qu’on rêvait quand on était jeune.»
Et comme entraîneuse, la LNH c’est possible pour une femme.