Trente ans sans coupe Stanley: Serge Savard confiant d'avoir mis sur pied la dernière grande équipe du Canadien


Jonathan Bernier
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Il n’y a pas que le docteur Mulder qui était à l’honneur, jeudi soir, au Centre Bell. L’organisation du Canadien a profité de l’occasion pour célébrer le 30e anniversaire de sa dernière conquête de la coupe Stanley.
Trente ans. Trois décennies. Personne à l’époque n’aurait pu prédire une telle disette. Du jamais vu, d’ailleurs, dans la glorieuse histoire de l’équipe.
«On souligne le 30e anniversaire de notre conquête. Par contre, savoir que ni le Canadien ni un autre club canadien n’a gagné la coupe Stanley en 30 ans, ça ne donne pas lieu de se réjouir», a soutenu Serge Savard, directeur général de cette équipe championne.
L’histoire de ce parcours, tout le monde la connaît sur le bout de ses doigts: la remontée face aux Nordiques, les 10 victoires de suite en prolongation, les Penguins champions du calendrier régulier, qui se font surprendre par les Islanders, la courbe illégale de Marty McSorley.
Un alignement des astres qui a souvent fait dire à plusieurs que le Tricolore avait été chanceux de remporter cette coupe Stanley. Une affirmation qu’a fini par croire Savard. Du moins, pendant un temps.
«Plus je regarde ce groupe de joueurs, plus je m’aperçois que c’était la dernière grande équipe du Canadien», a martelé M. Savard.
«On avait quatre joueurs qui avaient récolté entre 80 et 100 points [Damphousse, Muller, Bellows, Lebeau] et le meilleur gardien de la ligue [Roy] par un mille», a-t-il énuméré.
Les regrets de Brisebois

D’ailleurs, le noyau de l’équipe était passablement jeune. Seuls Rob Ramage, Guy Carbonneau et Denis Savard étaient âgés de plus de 30 ans.
À l’autre bout du spectre se trouvaient Patrice Brisebois, Gilbert Dionne, Kevin Haller et Paul DiPietro, tous âgés de 22 ans au moment de soulever le précieux trophée.
«Avant que Serge perde son poste [en octobre 1995], on avait une maudite bonne équipe», s’est souvenu Brisebois, le plus jeune du groupe.
«D’ailleurs, à 22 ans, tu es un peu naïf, a-t-il poursuivi. Tu ne réalises pas vraiment l’exploit que tu viens d’accomplir. J’avais vu les coupes des années 1970, la coupe de 1986. Alors, je me disais qu’il y en aurait d’autres.»
Il faut dire que le Montréalais avait l’habitude des championnats. Au cours de son parcours junior, il avait remporté la coupe du président à deux reprises avec le Titan de Laval et ajouté deux médailles d’or à son palmarès avec l’équipe nationale junior.
«Quand on a gagné en 1993, je me disais que j’étais un gagnant, que j’allais en gagner d’autres, que j’allais être celui qui ferait gagner des coupes Stanley à cette équipe, a raconté Brisebois. C’est un de mes plus grands regrets. »
Des gueules de bois

Malgré ses 22 ans, le jeune Brisebois respirait donc la confiance. Un trait de personnalité qui semblait inné chez lui comme en fait foi sa façon d’aborder les prolongations de ce parcours inédit.
«Quand on s’en allait en prolongation, j’étais content. Je savais qu’on allait gagner. Juste avec Patrick Roy, je savais qu’on jouait dans la tête de toutes les autres équipes. Ce qu’il y avait également de beau dans cette équipe, c’est qu’on ne savait jamais qui allait marquer le but gagnant. Mais on savait que le héros, ce serait quelqu’un qui se trouvait dans notre vestiaire. »
Kirk Muller, John LeClair et Guy Carbonneau, deux fois chacun, ainsi que Stéphan Lebeau, Éric Desjardins, Gilbert Dionne et Vincent Damphousse ont joué les héros lors de ce printemps.
«Il n’y a pas de meilleure place pour gagner la coupe. En tant que Québécois, je réalisais un rêve, a soutenu Desjardins, seul défenseur de l’histoire de la LNH à avoir inscrit un tour du chapeau en finale de la coupe Stanley. J’ai encore le souvenir de la Coupe sur la glace, du défilé et de l’été qui a suivi. Ce fut un été fatigant. Il y a eu beaucoup de gueules de bois.»