«Trash talk» et hockey: quelles insultes lancer à un agitateur talentueux comme Matthew Tkachuk en finale de la Coupe Stanley?
Deux anciens spécialistes en la matière se prononcent


Jessica Lapinski
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Quand Patrick Sharp et Antoine Roussel ont commencé à partager le même vestiaire chez les Stars, le premier s’est jeté dans les bras du second. Pourtant, leurs contacts précédents étaient loin d’être aussi chaleureux. Reconnu comme un excellent agitateur, Roussel avait pris l’habitude de picosser – on utilise un mot gentil, ici! – son ancien rival quand il jouait pour les Blackhawks.
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«Il m’a dit: mon Dieu, je suis tellement content de jouer avec toi maintenant!» lance en riant Roussel.
C’est donc dire à quel point ce qui est communément appelé le trash talk (les insultes lancées sur la glace) peut véritablement déranger les joueurs qui les reçoivent.

Mais en séries éliminatoires? Le phénomène, bien ancré dans la culture de certains sports, dont le hockey, n’atteint pas son paroxysme au fur et à mesure que l’enjeu augmente, estiment Roussel et Maxim Lapierre, un autre joueur qui excellait en la matière.
«Tu ne veux pas être celui qui va mettre ton équipe dans le trouble», lancent les deux analystes à TVA Sports.
«C’est plus calculé, précise l’ancien du Canadien, qui a perdu la finale de 2011 avec les Canucks. Pendant les séries, les agitateurs, ils ne font pas juste chialer après tout le monde. Ils essayent de changer le momentum.»
Ne pas «le réveiller»
Pourtant, dans cette finale, certains joueurs des Panthers seraient doués pour allumer le feu avec quelques gros mots bien placés. Dont un certain Matthew Tkachuk... qui n’en a pas vraiment eu besoin, jusqu’à samedi, vu l’allure que prenait cette finale.

Lapierre explique avoir le plus grand des respects pour ces agitateurs qui sont aussi capables d’amasser beaucoup de points.
Il cite en exemple l’attaquant des Panthers, justement, mais aussi le capitaine des Bruins, Brad Marchand.
C’est pourquoi Lapierre estime que Tkachuk ne doit pas trop être provoqué en finale. «Tu ne veux pas être celui qui réveille un joueur comme ça et qui fait en sorte qu’il prend le contrôle du match.»
Mais Lapierre précise que, personnellement, il aurait peut-être tenté de déranger ses adversaires dans la troisième rencontre, pour «changer le momentum», justement.
«Perdant» ou «pourri»
Et ces fameuses insultes, elles ressemblent à quoi? «Mon mot d’ordre, c’était que je pouvais toujours me retrouver dans le même vestiaire que le gars à qui je m’en prenais un jour, explique Roussel. Je voulais être capable de le regarder dans les yeux.»
«J’aimais dire "t’es un perdant", ou "va chier". Ou tu vas dans les menaces. Le but, c’est de faire peur. Mais certains gars en avaient des rigolotes, que j’ai malheureusement oubliées!» ajoute-t-il.
Quand on l’écoute désormais à la télévision ou à la radio, difficile d’imaginer le sympathique Français embêter ses adversaires de la sorte.
Roussel image toutefois qu’il aimait «tourner la roulette du système de son quand il était sur la glace», et que ce côté baveux qui l’habite prenait une tout autre dimension sur la patinoire. Ça marchait très bien, assure-t-il.
«Moi, ça m’a toujours amusé de voir que tu peux sortir des vétérans de leur game parce qu’on leur dit quelque chose comme "t’es pourri"», pointe Lapierre.
«Mais ce n’est pas nécessairement quand on parle que ça fâche le monde. C’est plus le mélange d’un gars qui picosse et qui donne des mises en échec. Quand ça fait six fois qu’un joueur te plaque, et que la fois suivante, il te lance quelque chose en te donnant un petit coup de bâton...»