Transat Québec Saint-Malo: quatre femmes à l’assaut d’un exploit inédit

Jessica Lapinski
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Quatre navigatrices amorceront la Transat Québec Saint-Malo le 30 juin avec comme mission de devenir le premier équipage totalement féminin à compléter cette prestigieuse traversée du nord de l’océan Atlantique, qui célèbre son 40e anniversaire.
Cette idée, c’est celle de Michelle Cantin, la présidente de Formation Nautique Québec depuis une décennie.
Un seul équipage 100% féminin aurait à ce jour tenté, sans succès, de terminer la Transat, en 1984. Mme Cantin souhaitait donc, notamment, que quatre autres femmes aient la chance de se démarquer dans cet univers presque exclusivement masculin.
«Elle veut promouvoir la place des femmes dans cette discipline où même les équipages dits mixtes sont souvent composés d’hommes seulement», explique Julia Virat, la skipper de l’équipe Femina Océan Challenge, qui prendra le départ dans le Saint-Laurent à bord d’un voilier Class40 nommé «Équinoxe».
À l’image de la Transat
L’équipage est composé de deux Québécoises – Coralie Vittecoq, de Montréal, et Gwenn Duval, de Rimouski – et de deux Françaises, soit Virat et Solène Roland, quoique cette dernière ait passé beaucoup de temps au Québec dans les récentes années.

Cette équipe mi-québécoise, mi-française reflète bien l’esprit de la Transat Québec Saint-Malo. Mais surtout, il s’agit d’une équipe expérimentée, qui, ensemble, compte plus de 100 000 milles nautiques.
Et qu’est-ce que ç’a de différent, concrètement, un équipage totalement féminin? Dur à dire, souligne Gwenn Duval, puisqu’elle ne peut pas se glisser dans la peau d’un homme.
Elle ajoute toutefois qu’«il y a peut-être une façon de communiquer, une façon de régler les conflits qui peuvent survenir à bord, qui est différente».
Aussi, continue sa skipper, «il y a des valeurs qui sont belles dans une équipe féminine et que [l’idéatrice du projet] avait envie de mettre de l’avant». «La communication, le partage et les émotions, qui ont leur place dans un sport comme la voile», précise Julia Virrat.
Y a-t-il un désavantage «physique»?
Mais justement, la voile, c’est un sport. Un sport durant lequel, pendant environ 10 jours dans le cas de la Transat Québec Saint-Malo, les équipières affronteront sans cesse ces vagues qui se heurtent sur la coque du voilier, le vent, les intempéries.
Une équipe uniquement composée de femmes, est-ce donc un désavantage «physique»? «Je ne pense pas que les femmes soient limitées pour mener à bien un projet comme celui-là», pointe Julia Virat.
«On fait face à des conditions qui sont très demandantes, mais la beauté de ce sport, c’est que plusieurs autres facteurs entrent en jeu, note pour sa part Gwenn Duval. La météo, l’équipement, la stratégie. Et c’est là qu’on peut utiliser la force complémentaire d’un équipage féminin.»
Mais pour les équipières de Femina Océan Challenge, le but n’est pas de l’emporter, de toute façon. C’est de rejoindre la rive française, ce qui serait déjà une immense victoire.
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