Transaction: le CH devra respecter ces critères

Jean-Charles Lajoie
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Lors de notre entretien, à la question: «Le Canadien acheteur à la date limite des transactions, réalité ou fiction?», Kent Hughes a voulu calmer le jeu en rappelant qu’il reste 22 matchs au calendrier de son équipe avant l’heure de tombée des mouvements de personnel.
Depuis, Montréal s’est farci les Capitals chez eux à Washington et a arraché un gros point de classement à Dallas ici à Montréal samedi soir.
Il reste donc 20 rencontres au Tricolore d’ici la date limite des échanges. Une donnée qui risque fort bien d’être faussée par la tenue de la confrontation des 4 nations qui se tiendra dans les semaines du 10 et du 17 février.
Je pense que la date butoir est vraiment le 10 février pour prendre les décisions relatives à la trajectoire que voudront emprunter les organisations en vue de la dernière étape de la saison.
Le DG Hughes a été très clair sur la non-intention du Canadien de procéder à la location d’un joueur. Montréal ne veut pas se déshabiller pour les services d’un vétéran qui viendrait écouler les derniers mois de son contrat avec l’équipe.
Je dois dire que je suis en accord complet avec cette stratégie. La valeur de retour des organisations provenant de joueurs de location est aussi hasardeuse que variable.
Toutefois, les décideurs montréalais pourraient être tentés de conclure une transaction structurante, laquelle emmènerait avec l’équipe un joueur établi et sous contrat au-delà de l’actuelle campagne.
Patrik Laine est un exemple parfait en ce sens. Acquis à 26 ans avec encore deux années de contrat à écouler, il a de surcroit coûté une bouchée de pain en Jordan Harris qui n’avait plus d’espace pour se développer ici à Montréal.
Alexandre Carrier est une autre acquisition qui certifie la tendance au modèle de prédilection des autorités hockey en place au Centre Bell. Acquis à 28 ans, il en aura 30 au terme de son actuelle entente en juillet 2027.
Les noisettes bien accumulées par le tandem Gorton-Hughes depuis trois ans ont permis ces deux transactions. Le Canadien a capitalisé dans les deux cas sur une nécessité de réduction de la masse salariale, surtout à Nashville, mais aussi dans une certaine mesure à Columbus où il y avait une envie commune de divorce entre Laine et l’organisation.
Tout cela étant exprimé, il n’y a aucun doute dans mon esprit que si Hughes a la chance de mettre la main sur un joueur de centre expérimenté, il va le faire. Du moins, en respect de certains critères.
D’abord, il faut que la cible possède quelques années à son contrat au-delà de l’actuelle campagne. Bien entendu, il faudra aussi que Hughes puisse délester son homologue directeur général de quelques millions sur sa masse salariale, question de ne pas surpayer pour acquérir le centre qui viendra faire la paire avec Laine.
Et finalement, il faudra que les hommes de Martin St-Louis poursuivent sur leur actuelle lancée d’ici la pause des 4 nations. Selon l’actuel classement, à neuf reprises au cours de ses 14 prochains matchs, le Tricolore va se mesurer à une équipe classée dans le tableau des séries éliminatoires. Sept de ces neuf rencontres seront face à des équipes du top-10 au classement général, dont deux matchs difficiles à la fin janvier contre Winnipeg et Minnesota, tous deux dans le top-5.
Si le CH maintient un pourcentage d’efficacité au-delà de .600 au cours de ses 14 prochains matchs, Hughes enverrait un bien mauvais message à ses joueurs en demeurant immobile sur le marché des transactions. La valeur de respect est fondamentale aux yeux du directeur général, il se devra de l’honorer en supportant ses joueurs par une acquisition.
Reste à savoir qui le Tricolore pourrait bien acquérir. On reparlera de la liste des candidats plus tard.