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Tout sauf une Québécoise pour Montréal

crédit photo : LPHF
Photo portrait de Patric Laprade

Patric Laprade

2024-06-11T14:28:00Z

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Le deuxième repêchage de la jeune histoire de la LPHF avait lieu lundi soir à Saint-Paul au Minnesota et l’équipe de Montréal a choisi des joueuses de tous acabits: des Américaines, des Canadiennes, une Suédoise, des attaquantes, des défenseuses, des gagnantes, des jeunes, des vétéranes et même une joueuse ayant joué dans la LPHF l’an dernier. Bref, tout, sauf une Québécoise.

Alors qu’on croyait que Montréal allait repêcher avec son premier choix, le cinquième au total, la joueuse de défense Claire Thompson, la partenaire de jeu d’Erin Ambrose avec l’équipe nationale canadienne, l’équipe du Minnesota est venue brouiller les cartes en la repêchant au troisième rang. Selon Ian Kennedy du Hockey News, Minnesota avait l’intention de repêcher Barnes, mais le congédiement de la directrice générale Natalie Darwitz la semaine dernière a permis à l’entraîneur-chef Ken Klee et son personnel de changer les plans de l’équipe et de repêcher Thompson.

Reconnaissant son besoin d’aller chercher une défenseuse numéro deux, Montréal a donc repêché la défenseuse américaine Cayla Barnes. Et ce n’est pas un prix de consolation. La joueuse de 25 ans est une excellente joueuse de défense, munie d’une bonne lecture du jeu et qui peut contribuer autant en défense qu’à l’attaque. Elle a remporté deux médailles olympiques avec les États-Unis, une d’or et une d’argent, en plus de deux médailles d’or et trois d’argent au championnat mondial. L’an dernier, elle a remporté le championnat universitaire de la NCAA avec Ohio State. Malgré son petit gabarit (elle mesure 5 pieds 2 pouces), elle a récolté 36 points en 39 rencontres la saison dernière et son différentiel de +71 était le plus élevé dans la ligue. Elle sera un ajout important à la brigade défensive de l’équipe.

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Montréal a aussi ajouté deux autres joueuses de défense. En cinquième ronde, l’équipe a choisi Anna Wilgren, une athlète de 24 ans originaire du Wisconsin. Elle a joué avec les Badgers la saison dernière, obtenant sa meilleure saison offensive. Précédemment, elle jouait avec les Mavericks de Minnesota State, où elle a été capitaine pendant trois saisons.

Puis, à la ronde suivante, l’équipe a choisi la vétérane Anna Kjellbin, capitaine de la Suède au plus récent championnat mondial. L’athlète de 30 ans a amassé 13 points en 34 matchs avec Lulea HF dans la ligue féminine de Suède, avant d’ajouter cinq points en neuf matchs en séries, aidant son équipe à remporter les grands honneurs. Elle a joué 88 matchs avec son équipe nationale, en plus d’en avoir joué 450 dans la SDHL en Suède.

Repêcher une gagnante de la coupe Walter

À l’attaque, Jennifer Gardiner a été la première attaquante choisie par l’équipe en deuxième ronde. Âgée de seulement 22 ans, la plus jeune des joueuses repêchées par Montréal, elle a remporté deux championnats universitaires avec les Buckeyes d’Ohio State. Gardiner a été la dernière joueuse retranchée par Équipe Canada lors du plus récent championnat mondial.

La journaliste Kenzie Lalonde rapportait que Cayla Barnes était surexcitée de dire à Gardiner qu’elles étaient pour habiter ensemble à Montréal, elles qui ont joué pour la même équipe à Ohio State la saison dernière.

Dans un choix qui peut surprendre, non pas pour la qualité de la joueuse, mais plutôt pour les circonstances, Montréal a repêché Abby Boreen, qui jouait avec le Minnesota l’an dernier dans la LPHF. Toutefois, comme Mélodie Daoust la saison dernière, Boreen ne s’était pas rendue admissible pour le repêchage en 2023 et n’avait signé qu’un contrat de réserviste avec Minnesota. Afin de signer un contrat régulier, elle devait passer par le repêchage.

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C’est donc une joueuse avec 14 matchs d’expérience dans la LPHF et une bague de la coupe Walter que Montréal a repêchée en troisième ronde. Bien que ce soit spécial comme situation, c’est la réalité de la LPHF.

Du côté du Minnesota, le but était de la garder, mais de la repêcher à la ronde où l’équipe croyait qu’elle méritait de l’être. De son côté, Boreen, 24 ans, a avoué que son agent lui a parlé de Montréal seulement plus tôt dans la journée de lundi, alors le tout est arrivé comme une surprise pour elle.

Avec ses 5 pieds 8, elle a un bon gabarit et peut jouer dans différents scénarios, dont en désavantage numérique. Elle a marqué quatre buts en neuf matchs en saison régulière.

Est-ce que Amanda Kessel jouera à Montréal?

En quatrième ronde, l’équipe a jeté son dévolu sur Dana Greig, une finissante de 23 ans de l’Université Colgate, qui avait aussi joué avec l’Université du Wisconsin, remportant le championnat de la NCAA en 2021. Une joueuse qui peut jouer sur 200 pieds, autant dans un rôle offensif que défensif.

Mais la surprise est survenue en septième et dernière ronde lorsque l’équipe a choisi, avec l’avant-dernier choix du repêchage, la multiple médaillée olympique Amanda Kessel. Cette dernière avait pris tout le monde par surprise en se rendant admissible pour le repêchage, elle qui n’avait pas joué la saison dernière afin de travailler comme assistante spéciale à Kyle Dubas chez les Penguins de Pittsburgh.

Alors qu’on croyait qu’elle serait repêchée dans les deux premières rondes, ce ne fut pas le cas. Plus le repêchage avançait, plus les rumeurs fusaient comme quoi elle serait considérée pour le poste de directrice générale de l’équipe du Minnesota. En point de presse, Danièle Sauvageau a mentionné que les joueuses avaient jusqu’à samedi pour se désister de la liste des joueuses admissibles. Lorsqu’on lui a demandé si Kessel était pour vouloir jouer à Montréal, Sauvageau a simplement répondu que si la joueuse était sur la liste, la compréhension c’est qu’elle va accepter de jouer là où elle sera repêchée.

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Toutefois, c’est une autre paire de manches si elle décide de prendre sa retraite et d’accepter un poste administratif dans une autre formation. C’est à se demander si Montréal ne pourrait pas être compensé si jamais tel était le cas.

Mais si Kessel finit par jouer, Montréal met la main sur une leader et une joueuse d’expérience qui va pouvoir contribuer grandement à l’équipe. Cela dit, il y a une raison pour laquelle personne n’a repêché Kessel et je serais surpris qu’elle soit à Montréal l’an prochain.

Somme toute, Montréal a tout de même connu un bon repêchage et a amélioré son équipe. Plusieurs de ces joueuses vont se tailler une place l’an prochain avec l’équipe. On a jouté de la profondeur à la brigade défensive, on a aussi ajouté du leadership, de l’expérience et des joueuses qui ont gagné à différents niveaux. J’aime particulièrement les choix de Barnes, Boreen et Kjellbin.

Une occasion manquée avec Emmy Fecteau

La capitaine des Stingers de Concordia, Emmy Fecteau, a été la seule Québécoise et la seule issue du réseau universitaire canadien à être repêchée, lorsque New York l’a choisie au 31e rang.

J’avais déjà écrit que si Montréal voulait vraiment Fecteau, il faudrait la repêcher en quatrième ronde. Montréal a levé le nez sur elle non seulement en quatrième ronde, mais aussi en cinquième ronde avec le 29e choix. Toutefois, pendant la pause entre la cinquième et la sixième ronde, Montréal et Minnesota ont débuté des pourparlers afin que Montréal puisse repêcher au 33e rang, soit troisième dans la sixième ronde. Le but était de repêcher avant Boston afin de prendre Fecteau. L’équipe du Massachusetts était très intéressée par la joueuse de 25 ans, l’ayant rencontrée à plusieurs reprises au cours des dernières semaines.

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Mais comme je l’ai dit à plusieurs reprises, Boston n’était pas la seule équipe intéressée par Fecteau. New York, avec un contingent québécois dans son administration, l’était aussi. En effet, le directeur général Pascal Daoust est un gars de Blainville qui est très au fait de ce qui se passe au Québec. Le directeur du recrutement et directeur analytique Christophe Perreault occupait les mêmes fonctions avec les Carabins de Montréal et a vu joué Fecteau régulièrement lors de son parcours universitaire. La transaction n’a donc pas eu lieu, même que Montréal a pris une pause de cinq minutes pour se regrouper en sixième ronde.

En fin de compte, c’était trop peu trop tard pour Danièle Sauvageau et son équipe. Une occasion manquée pour Montréal de repêcher un produit local, une joueuse capable de jouer sur 200 pieds et une leader autant sur la glace qu’à l’extérieur.

Lina Ljumblom, l’autre choix de première ronde de Montréal

Montréal a peut-être repêché sept joueuses lundi soir, mais dans les faits, c’est comme si elle avait obtenu un choix supplémentaire avec la signature pour trois ans de la Suédoise Lina Ljungblom. Cette dernière a terminé troisième la saison dernière chez les meilleures marqueuses de la Ligue suédoise de hockey féminin, la meilleure en Europe, en plus de rafler le titre de joueuse par excellence.

Ljungblom avait été le tout dernier choix de la séance de repêchage de l’an passé, alors que Montréal l’avait repêché en 15eronde. Mais elle avait déjà signé avec MoDo en Suède et ne pouvait venir jouer en Amérique du Nord. Si la joueuse de centre de 22 ans avait été admissible au repêchage de cette année, elle aurait certainement été repêchée en première ou deuxième ronde. C’est donc tout un coup de Montréal de l’avoir obtenu si loin l’an dernier et la raison selon moi, pourquoi l’équipe pouvait se permettre de repêcher une joueuse de défense avec son premier choix.

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Pas de chandails pour les joueuses repêchées

Lors du repêchage de 2023, aucun chandail n’avait été remis aux joueuses, car en septembre, ils n’étaient simplement pas encore prêts. Je m’explique mal par contre pourquoi aucun chandail n’a été remis lundi soir. Pas même le chandail de la dernière saison, ni même une casquette comme au football ou au basketball.

Les joueuses ont été repêchées et on n’a aucune photo d’elles identifiées à une équipe. C’est navrant et ça ne fait pas sérieux. On est au même point qu’au repêchage de l’an dernier. Pas de noms d’équipes, pas de logos et pas de chandails au repêchage.

Quelques statistiques

Ce repêchage, marqué par les deux premières sélections, Sarah Fillier à New York et Danielle Serdachny à Ottawa, aura vu 42 joueuses être repêchées. Du lot, 28 proviennent de la NCAA, neuf de la SDHL en Suède, une de la ZhHL en Russie, une du réseau universitaire canadien (USports), une qui jouait dans la LPHF l’an dernier et deux n’ont pas joué du tout la saison dernière (Thopmson et Kessel).

Au niveau des nationalités, il y a eu 20 Américaines, 13 Canadiennes, 3 Tchèques, 2 Suédoises, 2 Finlandaises, une Autrichienne et une Russe. Au final, ce sont 24 attaquantes qui ont été choisies, 15 joueuses de défense et comme il fallait s’y attendre, seulement trois gardiennes.

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