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«Tout notre argent a servi à fuir»: une famille ukrainienne de 8 enfants lance un appel à l’aide

Le salaire d’aide-plombier du père ne suffit pas à nourrir 10 personnes

Oleksii et Kateryna Sadovnyk avec 5 de leurs 11 enfants, dans leur cour à Châteauguay, en Montérégie.
Oleksii et Kateryna Sadovnyk avec 5 de leurs 11 enfants, dans leur cour à Châteauguay, en Montérégie. Photo Pierre-Paul Poulin
Photo portrait de Dominique  Scali

Dominique Scali

2024-05-31T19:30:00Z

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Une famille qui a dépensé toutes ses économies afin de fuir les bombardements en Ukraine lance un appel à l’aide pour joindre les deux bouts, ayant dix bouches à nourrir et rien d’autre qu’un salaire d’aide-plombier pour y parvenir.

De l’extérieur, le bungalow des Sadovnyk à Châteauguay peut paraître spacieux pour une famille typique.

Mais à l’intérieur, on comprend vite que les deux étages ne sont pas de trop pour héberger les deux parents et leurs huit enfants âgés de 6 à 20 ans.

En fait, Oleksii et Kateryna Sadovnyk, 48 et 44 ans, ont onze enfants, mais leurs trois plus vieux sont restés en Ukraine.

La famille Sadovnyk est arrivée au Canada en août 2023 grâce à l’Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine du gouvernement fédéral.

Six des huit enfants présents au Québec ont participé au portrait de famille.
Six des huit enfants présents au Québec ont participé au portrait de famille. Photo Pierre-Paul Poulin

M. Sadovnyk était plombier en Ukraine. N’ayant pas pu faire reconnaître son expérience, il travaille comme aide-plombier à raison de 3200$ par mois.

La location de la maison leur coûte 2400$ par mois. Les 800$ qu’il leur reste ne suffisent pas à couvrir toutes les autres dépenses. Et dans le contexte actuel de crise du logement, il leur serait difficile de loger 10 personnes pour moins cher.

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Comme cela fait moins de 18 mois qu’ils sont en sol canadien, ils n’ont pas encore droit aux allocations familiales.

«Besoin de tout»

«Ils ont besoin d’absolument tout», dit Oleg Koleboshyn, cet intervenant d’origine ukrainienne qui tente d’aider ses compatriotes de toutes sortes de façons.

Oleg Koleboshyn multiplie les initiatives pour aider les Ukrainiens depuis l'invasion russe, en 2022.
Oleg Koleboshyn multiplie les initiatives pour aider les Ukrainiens depuis l'invasion russe, en 2022. Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin

Il sert de traducteur aux parents qui ne maîtrisent ni le français ni l’anglais. Ils s’étaient pourtant inscrits à un programme de francisation dès septembre, mais n’ont jamais eu de nouvelles, déplorent-ils.

L’épicerie, le transport, la pharmacie: toute aide est la bienvenue, note M. Koleboshyn,

«Ne serait-ce qu’une carte Opus pour les jeunes ou un billet pour La Ronde», illustre-t-il. «Vendredi, je les ai amenés au centre-ville de Montréal pour la première fois. Ils n’avaient rien vu d’autre que Châteauguay», s’étonne le traducteur.

Une levée de fonds a d’ailleurs été lancée cette semaine sur GoFundMe.

Loi martiale

«Tout notre argent a servi à fuir, à venir ici», explique M. Sadovnyk.

La famille vivait dans le village de Yurivka, à une vingtaine de kilomètres de Kyïv. Au début de l’invasion, ils n’ont pas pu fuir, n’ayant pas de voiture assez grande pour embarquer toute la marmaille.

Il leur a fallu attendre d’en trouver une deuxième pour se rendre dans l’ouest du pays pour finalement réaliser que l’hébergement proposé n’était pas adéquat pour 10 personnes... et rentrer dans leur patelin bombardé.

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La loi martiale ukrainienne interdit aux hommes de quitter le pays, sauf quelques exceptions, comme celle d’être père de trois enfants ou plus. Or, les règles ont depuis été resserrées afin d’augmenter la mobilisation.

Questionnés à savoir s’ils ont l’impression d’être partis à temps, les parents répondent que non.

«Il aurait fallu partir avant la guerre», dit Mme Sadovnyk avec émotion. Ainsi, elle ne serait pas séparée de ses trois garçons qui sont restés en Ukraine, dont un qui travaille au front comme paramédic.

L'aîné de la famille, Vyacheslav, travaille au front comme paramédic.
L'aîné de la famille, Vyacheslav, travaille au front comme paramédic. Photo courtoisie, fournie par la famille Sadovnyk

Les Sadovnyk avaient d’ailleurs songé à immigrer au Canada bien avant 2022, mais leur projet ne s’était pas concrétisé.

Au travail, M. Sadovnyk se débrouille avec ses collègues en russe ou en ukrainien. Avec les clients, il a parfois recours à Google translate.

Marina, 11 ans, est en classe d’accueil et commence à s’exprimer en français. Quand on lui demande ce qu’elle préfère de son nouveau pays, elle répond: «ma professeure».

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