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F1 2022: tout change... sauf le moteur

Photo portrait de Louis Butcher

Louis Butcher

2022-03-13T05:00:00Z
2022-03-13T05:17:08Z

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Personne n’est mieux placé qu’Adrian Newey pour décrire les nouvelles monoplaces qui feront leurs débuts officiels à l’occasion du Grand Prix de Bahreïn, le 20 mars.


2021 AlphaTauriAT02 

Photos courtoisie, Red Bull Content Pool
Photos courtoisie, Red Bull Content Pool

2022 AlphaTauriAT03

Photos courtoisie, Red Bull Content Pool
Photos courtoisie, Red Bull Content Pool

La Formule 1 subit la révolution technique la plus importante depuis 1983, année au cours de laquelle l’effet de sol a été banni.

« Or, cette année, tout change... sauf le moteur », reconnaît cet ingénieur chevronné qui dirige la conception et la mise au point des bolides chez Red Bull, non sans succès, depuis bon nombre d’années.

La première modification notable concerne la partie aérodynamique de la voiture qui fait appel à des ailerons avant et arrière moins complexes tout en interdisant dorénavant les déflecteurs latéraux sur les côtés des voitures.

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Flux d’air sale

L’installation de diffuseurs (à l’allure de gros tubes) sous les monoplaces permettra, par ailleurs, de canaliser l’air et de réduire la perte de l’appui dans le sillage d’une voiture.

Dans les années passées, à cause des flux d’air sale, les monoplaces pouvaient perdre près de 35 % de leur appui au sol lorsqu’elles se trouvaient environ 20 mètres derrière une autre voiture. Qui plus est, cette perte pouvait atteindre 47 % à dix mètres de distance.

Selon les dirigeants de la F1, cette perturbation pourrait descendre à respectivement 4 % et 18 % de pertes d’appui au sol à respectivement vingt et dix mètres derrière un concurrent. D’autres pièces ajoutées à la voiture, comme des ailettes au niveau des pneus, viseront également à réduire ces flux d’air sale.

Norris a des doutes

Si la démarche vise à favoriser les dépassements, des pilotes qui ont tenté l’expérience lors des récents essais hivernaux ont émis certains doutes sur l’efficacité de ces mesures.

« Nous pouvons certes suivre nos concurrents de plus près, a raconté le Britannique Lando Norris. Mais, sans pouvoir bénéficier d’autant d’aspiration qu’auparavant.

« Il y a du positif et du négatif, de prétendre le pilote de l’écurie McLaren. Nous ignorons, pour le moment, lequel des deux effets prendra l’avantage sur l’autre. J’imagine, conclut-il, qu’il faudra attendre la première course de la saison pour le savoir. »

Nouveaux pneus plus imposants

Autre changement important : les pneus de 13 pouces utilisés depuis des décennies en F1 sont abandonnés au profit de gommes de 18 pouces.

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Non seulement le diamètre des jantes a augmenté, mais la taille du pneu également. Les pilotes ont dû s’adapter à cette transformation qui, disent-ils, va réduire leur champ de vision. Les pneus conçus par Pirelli, le fournisseur exclusif, sont désormais 60 mm plus hauts que ceux de la génération précédente.

Dans l’ensemble, cette nouvelle réglementation aura pour effet d’alourdir les voitures de 5 pour cent (752 kg à 790 kg). Outre les pneus plus imposants, l’augmentation du poids des moteurs et l’ajout de composants pour renforcer la sécurité sont les causes de cet embonpoint.  

Par conséquent, les voitures seront moins rapides au tour en 2022 par rapport aux années antérieures, estime-t-on. Du moins en début de saison.

Le développement du moteur V6 turbo hybride est toutefois gelé jusqu’en 2026, année au cours de laquelle une nouvelle génération de bloc-propulseur sera introduite.

Plafond budgétaire

La F1 soumet les dix écuries du plateau à un plafond budgétaire fixé à 140 millions de dollars par année. 

Cette limite ne comprend pas le salaire des pilotes ni celui des trois employés les plus haut placés de l’équipe.

La démarche vise essentiellement à réduire les écarts souvent énormes entre les équipes de pointe (Mercedes, Red Bull et Ferrari) disposant de ressources considérables et les moins bien nanties.

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