Tout ce qu’il faut savoir sur les drones kamikazes utilisés par le Hezbollah contre Israël


Gabriel Ouimet
Partager
Alors que le Hezbollah multiplie les attaques de drones contre Israël, on fait le point sur l’arsenal détenu par l’organisation islamiste.
• À lire aussi: Iran, Hezbollah, Hamas: les principales forces opposées à Israël au Moyen-Orient
Depuis octobre 2023, le Hezbollah a lancé 1500 drones de surveillance et d'attaque sur Israël, selon le décompte du Centre de recherche et d’éducation Alma, qui étudie les activités de la milice islamique dans le nord de l’État hébreu.
La plus récente attaque est survenue dimanche dernier.

Un drone a tué quatre soldats et en a blessé plus de 65 autres en s’écrasant sur une base militaire israélienne située à un peu plus de 60 km de la frontière libanaise. Il s’agissait de l’une des opérations les plus meurtrières de la dernière année en sol israélien.
Deux jours plus tôt, le 11 octobre, l’organisation a utilisé des engins similaires pour frapper une maison de retraite dans le centre d'Israël.
Voici ce qu'on sait sur les drones du Hezbollah:
Des drones qui vont à 370 km/h
Le Hezbollah a commencé à utiliser des drones de fabrication iranienne après le retrait d'Israël du Liban au début des années 2000.
Le programme de drones du Hezbollah reçoit toujours une aide importante de l'Iran, mais les experts de l’organisation serait aussi capables d’en assembler eux-mêmes au Liban, ont indiqué des sources militaires au Jerusalem Post, le 14 octobre.
Le Hezbollah possèderait maintenant plus de 2000 drones de différents types, selon les estimations du Centre de recherche et d’éducation Alma. Les deux modèles les plus utilisés seraient le Ababil et le Sayyad, qui regroupent chacun plusieurs variations.
Le Ababil-T, l’un des drones plus utilisés par le Hezbollah, mesure près de 3 mètres sur 3 mètres et se déplace à une vitesse maximale de 370 km/h. Il est capable de frapper sa cible dans un rayon de 120 kilomètres et peut transporter jusqu’à 40 kg d’explosif.
Des engins difficiles à intercepter
Le système de défense antimissile d’Israël, aussi connu comme le Dôme de fer, intercepte la majorité des attaques qui proviennent du Liban.
Les drones iraniens utilisés par le Hezbollah posent toutefois des difficultés à l’armée israélienne.

Bien qu’ils volent plus lentement que les missiles, les modèles en fibre de carbone sont difficiles à repérer pour les radars.
Le drone utilisé lors de l’attaque du 13 octobre était un Sayyad 107, un engin capable de «changer fréquemment d’altitude et de direction, ce qui rend sa détection et son suivi difficiles», indique le chercheur à l’Atlantic Consil Nicholas Blanford au quotidien libanais L’Orient-Le Jour.
L’opération semble également indiquer que l’engin est capable de frapper sa cible même quand le système de défense d’Israël tente de brouiller son guidage GPS.
Des armes kamikazes
La plupart des drones du Hezbollah sont utilisés comme des armes kamikazes. Munis d’une charge explosive, ils s’écrasent sur une cible déterminée à l’aide d’un GPS et explosent.
Les drones plus sophistiqués, capables de larguer des bombes sans s’écraser, sont plus difficiles à manœuvrer. Il faut généralement disposer d'un lien de communication entre le drone et un opérateur, comme des satellites et d'autres technologies avancées.
Israël et ses alliés ont longtemps affirmé que le Hezbollah ne détenait pas ces technologies. Dans la dernière année, quelques attaques impliquant des missiles lancés par des drones semblent cependant indiquer que l’organisation islamiste commence à y avoir accès, avancent des experts interrogés par le Times of Israel.