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Tournoi des Maîtres: Nicklaus dans la peau de Palmer en 1963

Le plus grand golfeur de l’histoire raconte son premier titre à Augusta

C’est un Jack Nicklaus en grande forme qui s’est présenté sur le parcours du Augusta National, hier. Après un coup de départ, le légendaire golfeur s’est amusé avec la foule en levant les bras dans les airs, fier de sa réussite.
C’est un Jack Nicklaus en grande forme qui s’est présenté sur le parcours du Augusta National, hier. Après un coup de départ, le légendaire golfeur s’est amusé avec la foule en levant les bras dans les airs, fier de sa réussite. Photo AFP
Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2023-04-07T01:12:27Z

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AUGUSTA | Peut-être était-ce le jalon des 60 ans de son premier gain à Augusta ou bien le cardigan rouge qu’il portait sur le premier tertre, jeudi matin, à l’occasion de la traditionnelle cérémonie protocolaire lançant le Tournoi des Maitres. Mais Jack Nicklaus devait penser à son fidèle ami Arnold Palmer.

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Le Golden Bear a raconté la montée vers le 18e fanion et ce qui lui était passé par la tête avant d’exécuter son dernier roulé en avril 1963. 

Alors âgé de 23 ans, le jeune Nicklaus était le champion en titre de l’Omnium des États-Unis. À ses passages précédents en Géorgie, il avait vu Palmer remporter les éditions 1960 et 1962 avec panache. 

Donc, à quelques secondes de son dernier coup en ronde finale de l’édition de 1963, un roulé d’environ quatre pieds, Nicklaus a réfléchi à une célébration. 

« Je ne montrais pas vraiment d’émotion dans le temps. J’étais plutôt stoïque. Je me disais que je devais bien faire quelque chose si j’étais pour gagner le championnat. Mais quoi ? a-t-il raconté dans l’habituelle conférence de presse après les coups de départ protocolaires, jeudi. 

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« Je me suis dit qu’Arnold aurait lancé son chapeau, a-t-il poursuivi. Je me suis exécuté et réussi mon roulé. J’ai pris mon chapeau et je l’ai lancé. 

« À ce moment, je me suis dit que c’était mauvais. Si on visionne la séquence, je ressemble à un enfant qui essaie de produire une émotion. C’était une victoire spéciale pour moi. »

Dans l’heure suivante, l’homme qu’il a essayé d’imiter au 72e trou l’a aidé à enfiler son veston vert. Le premier d’une série de six. Le record absolu à Augusta. 

De son propre aveu, Nicklaus a indiqué que c’était sa première bonne performance à titre de pro sur ce mythique parcours. 

Une première ronde ordinaire lui avait tout de même permis de rester dans le coup. Mais une deuxième carte de 66 (-6) l’avait propulsé vers le sommet du tableau. La ronde finale n’a pas été une mince affaire.

Un daltonien aux commandes

« Je jouais avec Mike Souchak qui menait le tournoi. Il pleuvait tellement. L’allée du 13e était couverte d’eau de haut en bas, s’est-il souvenu à propos de cet endroit fort incliné sur la normale 5. Je croyais que la ronde serait suspendue, mais les officiels ne voulaient pas. 

« Le ciel s’est dégagé et on a pu terminer. Quand je suis monté sur le vert du 18e, j’ai regardé le tableau et j’ai aperçu quelques chiffres 1, a-t-il continué à propos du tableau qui adopte le style traditionnel pour indiquer le score par rapport à la normale. 

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« Je suis daltonien. Je me suis donc penché vers mon cadet “Willy” en lui demandant combien d’entre eux étaient rouges. 

« Il m’a alors répondu : “Un seul. Vous, patron”.» 

Nicklaus a joué la normale et devancé Tony Lema par un petit coup et Sam Snead par deux. 

À la cérémonie, le vainqueur a donné sa balle à l’un des fondateurs du Augusta National, Robert T. Jones. Un des moments qu’il décrit encore aujourd’hui comme l’un des plus émouvants de sa vie.

En l’honneur de...

À son arrivée au club sur Washington Road l’année suivante, le maître d’hôtel lui a demandé de décider du menu du souper des Champions. Pensif, Nicklaus a posé une question plutôt que de donner une réponse. 

« Que voudrait manger M. Clifford Roberts», avait-il alors questionné à propos de l’un des fondateurs du club. 

Le maître d’hôtel a donc énuméré les plats préférés du grand patron du Augusta National. 

« Il souhaiterait un cocktail de crevettes, un steak à la coupe new-yorkaise médium saignant, des haricots, une pomme de terre au four, une salade du jardin au fromage bleu et pour finir, des pêches de la Géorgie, a raconté l’homme aux 18 consécrations majeures.

« C’était donc mon premier menu à titre de champion du Masters. » 

Mike Weir lance le bal

Champion de l’édition 2003 il y a 20 ans, le Canadien Mike Weir a frappé la première balle officielle de cette édition du Masters sur le coup de 8 h. Le vétéran qui a multiplié les heures à l’entraînement cette semaine a ouvert le tournoi avec une carte de 72. « C’est un bon score. J’ai bien joué. Mais j’aurais pu faire mieux, car j’ai manqué trois courts roulés sur le retour », a relaté le gaucher de 52 ans. Justement, sur le retour, Weir a vécu une situation étrange. Son unique compagnon de jeu, Kevin Na, a déclaré forfait puisqu’il se sentait malade. L’Américain avait joué 40 (+4) à l’aller. « Il a donné sa carte sur le 10e tertre et il est parti, a raconté Weir qui a complété sa ronde en moins de 3 h 40. C’était un étrange retour. » Blessé au dos, Will Zalatoris a aussi déclaré forfait.

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Faux départ de Rahm

Démarrer sur une mauvaise note n’est jamais souhaitable. Parlez-en à Jon Rahm qui a effectué quatre roulés sur une trentaine de pieds au premier fanion, dont trois dans un rayon de cinq pieds de la coupe pour inscrire un double boguey... « Rahmbo » s’est repris de brillante manière dès le second fanion, grimpant ensuite rapidement les échelons du tableau. « S’il y a un endroit où faire un double boguey, quatre roulés ou n’importe quelle gaffe, c’est mieux de survenir au premier trou, a expliqué l’Espagnol. Il reste ensuite 17 trous pour se reprendre. » Voilà une belle leçon que celle de se retrousser les manches plutôt que de bouder en labourant le parcours.

Un vote pour Trump ?

Ces jours-ci, mieux vaut éviter de se ranger derrière Donald Trump. L’ex-président fait face à 34 chefs d’accusation devant la justice américaine. Aux élections de 2020, Jack Nicklaus l’avait appuyé publiquement. Il n’avait pas souhaité discuter de sa décision lors de l’unique édition du Masters à l’automne, en raison de la pandémie. Le Golden Bear préfère attendre le lancement de la course présidentielle avant de faire son choix de candidat. « J’appuie toujours le meilleur candidat qui fera le meilleur pour notre pays. C’était Trump la dernière fois. Je n’aime pas me présenter comme un républicain. Je veux choisir librement. J’ai souvent voté pour les démocrates. Il reste encore un an et demi à réfléchir », a expliqué l’homme de 83 ans.  

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