Tour de France: un rodage nécessaire pour réussir un coup d’éclat au sprint


Jean-François Racine
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L’équipe Israel-Premier Tech devra transformer son tramway en TGV pour espérer gagner au sprint contre les meilleurs au monde.
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Pour le moment, malgré les efforts évidents de Guillaume Boivin et Hugo Houle, la période de rodage ne fait que commencer. Meneur désigné dans le final, le coureur néo-zélandais Corbin Strong a pris le 16e rang.
«Avec Guillaume, c’était l’idée de l’aider. J’étais devant et après on s’est perdu un peu. C’était chaotique. J’étais bien placé. J’ai remonté quand il fallait et à deux kilomètres, j’étais dans la roue de Wout van Aert», a dit Houle, satisfait de sa 20e place, sans chute ni accident alors que ça jouait du coude.
Le Québécois de 32 ans a avoué que son groupe manquait un peu d’expérience dans ce type d’exercice pointu.
Une première
«C’est la première fois que je cours avec eux pour les sprints. C’est difficile de rester toujours groupé. L’intention était là et on a essayé», a-t-il ajouté avant l’arrivée de Boivin, qui a lancé la discussion «de vestiaire» pour expliquer ce qui venait de se produire.
«Il ne suit pas. Pour nous, ça ne passait pas mais il n’était pas là alors je n’ai pas trop forcé pour passer», a précisé Boivin sur le vif.
Selon ses dires, Boivin a tenté se laisser descendre de quelques positions pour reprendre contact avec Strong, qui lui a regagné quelques places en profitant de l’aspiration d’une autre équipe.
«Le Bovino» a voulu éviter la catastrophe en risquant de faire une vague dangereuse pour revenir devant son meneur.
«Mads Petersen m’a sorti dans la face et j’ai laissé passer Sagan pour ne pas prendre de chances», a conclu Houle.
«Clairement, on a les jambes pour être là mais à trois, ce n’est pas beaucoup. Ça ne peut que s’améliorer», a résumé Boivin avant de disparaître dans l’autocar.
Puisqu’il n’y avait pas de retardataires à plus de trois minutes dans le peloton, tous les cyclistes de l’équipe IPT sont montés à bord aussi vite qu’un changement de roue avec la ferme intention de plier bagage sur-le-champ.
Dans une stratégie plus ouverte, est-ce que Houle et Boivin auraient pu terminer dans le top 10? Il a été impossible de poser la question. Le temps est précieux après 18h pour le chemin du retour, le massage, le repas et le sommeil.
La cohésion
«C’était une bonne première run. Les gars ont vraiment fait un bon travail», a mentionné Corbin Strong sans se défiler.
Une fois la porte fermée, les trois hommes ont certainement dû jaser de cohésion.
En raison du bris d’égalité avec Jasper Philipsen, le Français Victor Lafay, vainqueur dimanche, a conservé de justesse le maillot vert aux points.
«Ça fait plaisir de voir des gars qui viennent me saluer. Ils étaient un peu mes idoles», a mentionné le cycliste en parlant notamment des félicitations reçues de Mark Cavendish.
Dans le calepin
- Le nom Israël inscrit sur l’autobus de l’équipe des trois Canadiens suscite parfois des commentaires de gens voulant dénoncer le conflit israélo-palestinien. Un partisan a voulu insulter Steve Bauer qui a répliqué en se disant Canadien.
- Après avoir apprécié la courtoisie du peuple basque du côté espagnol, le premier péage en territoire français a permis à un conducteur impatient de nous crier des bêtises à coup de klaxon. Ce n’est sûrement qu’un hasard.
- Jasper Philipsen a signé un sprint victorieux à la vitesse moyenne de 67 km/h, avec un maximum de 71,2 km/h. La légende Mark Cavendish est allée encore plus vite, à 73,3 km/h mais il n’a pas gagné.
- Après le Covid l’an dernier, ce sont les émeutes qui perturbent la France. Le climat social n’inquiète pas encore le Tour de France. Loin de l’agitation en Espagne, le Tour arrive à Nogaro mardi, une commune française située en Occitanie. Lyon et Marseille, théâtre d'extrêmes violences, sont encore à plusieurs heures. Pour le moment, l’accalmie se poursuit. Un pompier parisien de 24 ans est toutefois décédé en luttant contre un feu. «Ils sont plus si nombreux et il y a beaucoup de mineurs. Si tout le monde décide que c’est terminé, ça va s’arrêter», a lancé Jerry Pichot, ancien gardien de but au hockey, qui voulait jaser de Cristobal Huet.