Le sport a toujours fait partie de la vie de Yan England. Plus jeune, l’acteur et réalisateur a participé à des compétitions nationales de tennis, de natation et d’athlétisme, en plus d’avoir entraîné des équipes de jeunes nageurs pendant plusieurs étés. Ce n’est donc pas un hasard si l’intrigue de Sam, son nouveau thriller psychologique sportif, est campée dans le milieu de la natation.
Ainsi, après avoir articulé son premier long métrage (1:54, sorti en 2016) autour d’un personnage d’adolescent qui pratique la course à pied, Yan England a centré son nouveau film autour d’un jeune nageur de haut niveau qui voit son rêve olympique s’envoler après avoir été impliqué dans un événement tragique.
Si le sport de haut niveau est bel et bien présent dans ses deux premiers longs métrages, le cinéaste précise que dans le cas de Sam, l’univers sportif sert davantage de « porte d’entrée » pour introduire le spectateur dans la vie du personnage principal du film, campé par Antoine Olivier Pilon.
« La question qui a servi de point de départ pour l’écriture du scénario [coécrit avec André Gulluni], c’est : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour ne pas tout perdre », indique Yan England en entrevue au Journal.
« La natation est un sport qui a l’air d’avoir une certaine douceur quand on l’observe de l’extérieur. Mais c’est vraiment une discipline intense dans laquelle les athlètes donnent tout ce qu’ils ont à l’entraînement et en compétition. J’ai toujours trouvé que les nageurs étaient parmi les athlètes qui avaient le dévouement le plus exemplaire. Ils sont tellement motivés par leurs objectifs. Je me suis donc questionné sur la façon dont un nageur de haut niveau réagirait si un événement venait mettre en danger son rêve olympique. »
Devenir nageur
Après lui avoir confié le rôle principal de 1:54, Yan England a refait appel à Antoine Olivier Pilon pour le personnage de Sam. Le réalisateur était bien conscient que l’acteur de 24 ans aurait beaucoup de pain sur la planche pour parvenir à être crédible dans la peau d’un nageur de haut niveau. Mais après l’avoir vu apprendre la technique de la course à pied pour son rôle dans 1:54, England était convaincu que son acteur fétiche s’investirait à fond pour relever ce nouveau défi.
« Je savais très bien qu’Antoine n’avait rien d’un nageur. Mais la beauté d’Antoine Olivier Pilon, c’est son dévouement », souligne le réalisateur qui a été nommé aux Oscars en 2013 pour son court métrage Henry.
« Je savais que même s’il ne connaissait rien à cet univers, il allait tout faire pour être crédible. On lui a trouvé un entraîneur de natation – Pierre Lamy –, qui lui a fait un programme. Il a mis le temps et les heures pour s’entraîner, il s’est trouvé un nutritionniste et entraîneur physique. Il a fait la totale, comme il avait fait pour son rôle dans 1:54. Pour moi, Antoine est un grand acteur, parce qu’il a ce profond désir d’être hyper vrai et authentique dans tout ce qu’il joue. »
La recherche de l’authenticité est aussi à la base du travail de Yan England, comme réalisateur. En tant que sportif, il sait à quel point certaines performances d’acteurs dans la peau d’athlètes peuvent être gâchées par un manque de travail ou de préparation.
« J’ai déjà vu un film sur le tennis où, dès la première scène, l’acteur ne tient pas sa raquette de la bonne façon. Disons que ça part mal », observe Yan England.
« Pour les nageurs, c’est encore plus complexe, parce qu’on les reconnaît juste dans la façon dont ils se tiennent. Et le physique d’un nageur, ça ne se cache pas, parce qu’ils sont en maillot de bain. On sait de quoi ils ont l’air, avec leurs épaules très musclées. Antoine (Olivier Pilon) a tellement pris son entraînement au sérieux qu’il a réussi à transformer son corps au point où on peut croire qu’il est un vrai nageur. C’est tout à son honneur. »
« All Out »
Les athlètes utilisent souvent l’expression « All Out » pour désigner ce moment où ils doivent tout donner pour gagner une compétition ou pour aller chercher le meilleur résultat possible. Avec une énergie débordante et contagieuse, Yan England aime appliquer cette mentalité dans la vie de tous les jours, y compris sur ses plateaux de tournage.
« Yan est comme ça dans la vie », souligne l’actrice Mylène Mackay qui joue la sœur et entraîneuse du personnage de Sam dans le film.
« Il est à fond dans tout ce qu’il fait. Quand il tourne, il est accroupi à côté de la caméra pour vivre la scène avec nous. J’ai l’impression de prendre quatre cafés quand je lui dis bonjour (rires) ! Mais il est merveilleux, plein de passion, de chaleur et de joie. C’est un bonheur de travailler avec lui. »
► Sam prend l’affiche le 28 juillet.

