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Torts aurait été parfait au temps des six clubs

Getty Images via AFP
Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2025-02-26T13:00:00Z

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Sacré Torts! Il n’y en a pas deux comme lui. Pour ceux qui ne le sauraient pas, Torts est le surnom de John Tortorella. L’histoire selon laquelle il ne voulait pas rentrer avec Travis Sanheim et Travis Konecny après la défaite des Américains aux mains des Canadiens, vendredi dernier, fait sourire et nous ramène à une époque révolue.

Ça veut dire que l’homme n’a pas d’amis dans la défaite. Sanheim et Konecny, qui jouent sous les ordres de Tortorella avec les Flyers de Philadelphie, n’étaient pas du bon bord pour la Confrontation des 4 nations. Les deux joueurs défendaient les couleurs du Canada tandis que Tortorella faisait partie du personnel d’entraîneurs de l’équipe américaine.

Certains trouveront la réaction de Tortorella exagérée.

Yvan Cournoyer est surpris quand je lui raconte l’anecdote. Mais ça fait partie de la compétition.

« On se haïssait! »

Tortorella aurait été parfait au temps des six clubs dans la Ligue nationale, une époque que Cournoyer a bien connue pour y avoir joué à ses trois quatre premières saisons avec le Canadien.

Les fins de semaine, il arrivait souvent que le Tricolore disputait une série aller-retour contre l’un de ses cinq adversaires. Le samedi, c’était au Forum après quoi les deux équipes sautaient dans le même train, mais pas dans le même wagon, pour se rendre à Boston, New York, Detroit ou Chicago.

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Les esprits étaient encore à chaud et quand des joueurs en avaient gros sur le cœur contre des adversaires, vous pouviez être sûrs qu’ils se donneraient des taloches le lendemain.

« On se haïssait! » affirme Cournoyer.

Le Roadrunner n’avait pas le physique pour jouer au matamore, mais il pouvait tenir son bout. Un soir au Forum, il avait initié un combat contre le détestable Glen Sather, alors avec les Big Bad Bruins, qui avait le mandat de le suivre pas à pas sur la glace.

Sather, qui a été plus tard coéquipier de Cournoyer avec le Canadien, lui avait relevé le chandail sur la tête. Se battant avec l’énergie du désespoir, Cournoyer avait atteint Sather d’une solide gauche.

La vidéo de l’affrontement est sur YouTube.

« Je ne me rappelle pas un match où il n’y a pas eu de batailles », continue Cournoyer en ricanant.

Bon, ça n’arrivait peut-être pas à tous les soirs, mais Cournoyer exagère à peine.

« À mes premiers matchs lors de la saison 1963-1964, c’était naturel que l’on ne fraternise pas avec l’adversaire, dit-il.

« J’avais 19 ans et je me comportais comme les vétérans du club à l’endroit de nos adversaires. On ne s’aimait pas. On s’arrangeait pour ne pas se croiser dans le train. »

Le début d’un temps nouveau

La tendance a commencé à changer avec la création de l’Association des joueurs en 1967 et la grande expansion la même année.

« On avait un tournoi de golf à chaque année et j’ai fait des commerciaux avec les Bobby Orr, Stan Mikita et Gordie Howe, raconte Cournoyer.

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« C’était drôle mais pas pour Fergy, ajoute-t-il en faisant référence à son ancien coéquipier John Ferguson, le policier de service du Canadien. Eddie Shack faisait son dur devant Fergy, mais il avait peur de lui.

« Je dois toutefois dire une chose : Fergy ne se battait pas pour rien. En dehors de la glace, il était un véritable bouffon. Je m’ennuie de lui. »

Surnommé The Entertainer, Shack ressemblait à un amuseur public. Personne ne s’ennuyait lorsqu’il était sur la glace.

Blake ne pouvait pas sentir Imlach

Les entraîneurs pouvaient aussi avoir la hargne tenace. Toe Blake ne pouvait pas voir Punch Imlach en peinture.

Dans un documentaire de la fin des années 1990 portant sur la rivalité entre le Canadien et les Leafs, Dickie Moore, qui a évolué pour les deux équipes, y raconte une anecdote savoureuse.

« Un jour, j’ai dit à Toe que Punch le tenait en haute estime pour ses nombreux exploits et accomplissements, relate Moore.

« Mais Toe ne voulait rien entendre de lui! »

Maurice Richard entretenait le même sentiment envers Ted Lindsay qui faisait tout pour le faire sortir de ses gonds. Quand le Canadien et les Red Wings se trouvaient à bord du même train, tout était mis en œuvre pour que le Rocket ne retrouve pas Ted le terrible sur son chemin.

John Tortorella est de cette ligne de pensée, même avec ses propres joueurs en plus.

Il faut le faire!

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