Tous les résultats
Publicité

Tiger Woods plie encore bagage à Winged Foot

François-David Rouleau

2020-09-19T03:54:08Z

Partager

Winged Foot a une fois de plus causé des ennuis à Tiger Woods. Après une deuxième ronde de 77 (+3), vendredi, le golfeur de 44 ans a fait ses valises.

Le Tigre a encore connu toutes sortes d’ennuis, des tertres aux verts. À la recherche de l’étincelle, il n’a jamais pu l’allumer et effacer deux vilains doubles bogueys à son premier neuf de 40.

Avec sa fiche de +10, le triple champion de l’Omnium des États-Unis (2000, 2002 et 2008) a pris le chemin de la maison en ratant ce couperet pour la quatrième fois de sa carrière, lui qui en était à sa 22e présence. À ses deux passages sur le parcours ouest de Mamaroneck, Woods n’a pas trouvé la clé. En 2006, il avait affiché une paire de 76 avant de rentrer à la maison hâtivement, affecté par le décès de son père.

«C’est frustrant d’être écarté du week-end. Je n’ai pas bien frappé des tertres. C’est capital de placer la balle dans l’allée sur ce parcours, ce que je n’ai pas fait», a précisé celui qu’on ne devrait pas revoir au jeu avant le 22 octobre.

Fini le fun à Winged Foot

C’était prévisible que le parcours de Winged Foot montre les crocs, vendredi, après une ronde initiale particulièrement «facile» la veille. Un défi bien différent attendait les 144 golfeurs participant à l’Omnium des États-Unis.

Publicité

Le vent omniprésent et des fanions beaucoup plus délicats à approcher ont compliqué la tâche. Si bien que, dans la vague matinale, uniquement deux golfeurs ont réussi à briser la normale. Bryson DeChambeau (68) et Bubba Watson (69) en ont ainsi profité pour gagner de précieux rangs au tableau principal pendant que leurs collègues en ont bavé.

D’autres ont littéralement souffert. Miss Winged Foot n’a montré aucune pitié. Au fil de la journée, on a aperçu les scores grimper. Si un seul joueur avait joué plus de 79 la veille, vendredi, ils étaient 11 au-delà du 80. Le Coréen Sung Kang a remporté la palme avec un 86 (+16), notamment en raison de cinq doubles bogueys.

Il peut se consoler, car il est loin du titre. En 1898, J.D. Tucker avait enregistré un 157 en première ronde de l’Omnium.

Évidemment, les gros scores ont fait bondir la moyenne quotidienne.

En ronde initiale, marquée par des positions de drapeaux plus accessibles et l’absence de vent, le plateau avait présenté une moyenne de 72,56 coups.

Dans les statistiques acheminées par l’Association de golf américaine (USGA) en fin de soirée, le pointage moyen de la deuxième ronde a grimpé à 75,25 coups. Le plateau a réussi 28 % d’oiselets en moins alors que les bogueys ont augmenté de 25 %.

Seulement trois golfeurs ont brisé la normale alors qu’ils étaient 21 en première ronde.

Selon tous les golfeurs questionnés en point de presse, c’est dame Nature et des fanions bien protégés dans de petits cadrans des verts qui ont changé la donne. Les vents soufflant jusqu’à 25 km/h ont nui aux trajectoires en plus d’assécher les surfaces avec l’arrivée du soleil en après-midi. Les verts escarpés et ultra rapides de Winged Foot sont ainsi devenus démoniaques. Une combinaison demandant une délicatesse exemplaire.

Publicité

Rien ne sera facile

Et le tout ne fera qu’empirer ce week-end alors que Winged Foot est muni d’un système d’aération enfoui qui contrôle la température du sol des verts. Des surfaces desséchées et fermes signifient qu’elles gagnent en vitesse.

Il faut ajouter à cela que l’herbe longue de 3,5 à 5 pouces d’épaisseur ne devrait pas être taillée.

Après deux rondes, une donnée indique qu’une balle qui s’y égare a coûté en moyenne près d’un demi-coup par trou.

«Je sens que je me suis défoncé hier [jeudi] et j’ai tout juste brisé la normale», a précisé Xander Schauffele, auteur d’un 68 (-2) jeudi et d’un 72 (+2), vendredi. «Dans cette deuxième ronde, j’ai vraiment senti que nous sommes dans un US Open. Ça, je le confirme.»

Figurant dans le top 10, Matthew Wolff s’attend à un week-end endiablé. «Si on m’avait dit en début de semaine que je serais à égalité avec la normale après 36 trous, j’aurais aussitôt accepté. On voit les verts se raffermir et cuire sous le soleil. Ça va se détériorer et les scores vont continuer à grimper.»

La table est ainsi mise pour les adeptes de «sadomasochisme golfique» et des téléspectateurs qui salivent à voir les golfeurs en arracher. C’est dans l’ADN du US Open.

* * *

Bryson DeChambeau ajuste son jeu court

Avec sa puissance et sa force, ce n’est pas à cause des tertres ou de l’herbe longue que Bryson DeChambeau a perdu de précieux coups au début de l’Omnium américain. C’est lors de ses approches à moins de 160 verges du fanion. Grâce à une longue séance d’entraînement jeudi, il s’est ressaisi en deuxième ronde vendredi. Curieusement, ce n’était pas lui le problème. C’était son attirail électronique mal calibré!

«L’appareil montrait que je frappais plus court avec mon cocheur à 47 degrés que je frappe à 145 verges. La balle tombait en réalité à 155 verges en raison du vent et du calibrage. Donc, toutes mes frappes avec mes cocheurs étaient trop longues. C’est maintenant réglé.»

Vendredi, il a atteint 12 des 18 verts en coups réguliers, dont la majorité avec un petit fer en main.

À titre d’exemple, sur la normale 5 du 9e fanion (557 verges) où il a inscrit un aigle, après sa monstrueuse claque de 380 verges dans l’allée, il a utilisé un wedge d’allée depuis 178 verges... Coup qu’il a placé à 6,5 pieds du fanion!

Publicité
Publicité