La hausse des frais vient «changer la game» pour les Québécois dans le marché immobilier de la Floride

Louis Deschênes
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Les Snowbirds sont de plus en plus nombreux à quitter ou à penser à quitter la Floride en raison du coût de la vie très chère. Le Journal s'est rendu en Floride pour rencontrer des Québécois et constater leur désarroi.
HOLLYWOOD, FLORIDE | Les frais de condos qui ont doublé incitent des snowbirds québécois à vendre leur propriété, ce qui est une réalité également pour des Américains, surtout des aînés pris à la gorge par la hausse des coûts.
André Lauzier est dans l’immobilier depuis maintenant 25 ans en Floride.
Il signale qu’une vingtaine de nouvelles inscriptions ont été enregistrées dans les trois dernières semaines, confirmant qu’il y a une hausse réelle des ventes, principalement par des Québécois.
«J’en ai deux autres [inscriptions] aujourd’hui, mais j’en ai vendu trois aussi depuis la semaine dernière», a-t-il indiqué lors du passage du Journal dans ses bureaux à Hollywood ce mercredi.
Des propriétaires assommés
Avec son expérience, M. Lauzier, qui a vécu la pandémie et la crise financière de 2007 et 2008, est difficile à déstabiliser.
Toutefois, il admet que les différents frais versés pour l’entretien des bâtiments, dont le fonds de prévoyance, sont venus «changer la game».
«Le monde se fait assommer avec tout en même temps. Le gars qui a acheté il y a 20-25 ans, il est habitué à payer 300$ par mois, si ça monte à 800$ avec le taux de change, c’est certain que ça joue», mentionne l’agent associé chez Coldwell Banker Realty.
Celui-ci se dit très surpris de voir le gouvernement aller de l’avant avec ces nouvelles règles qui peuvent être cruelles pour les personnes âgées de la Floride.
Pas plus tard que cette semaine, M. Lauzier a vendu un condo qui appartenait à un Américain de 80 ans qui ne pouvait pas assumer les augmentations.
«L’homme restait à cet endroit depuis longtemps, mais les frais ont doublé et il a décidé de vendre. Ça me dépasse, je ne peux pas croire qu’on est rendu là», confie-t-il.

Marché d’acheteurs
Malgré tout, le marché de la Floride est encore très attrayant pour ceux qui veulent s’évader de l’hiver.
C’est vrai pour les snowbirds du Québec, du Canada, mais encore plus pour les investisseurs des États-Unis qui n’ont pas à se soucier du taux de change.
«C’est une excellente période pour acheter», lance André Lauzier, sans prêcher pour sa paroisse.
«Dans l’immobilier, il y a une règle: t’achètes quand tout le monde vend et tu vends quand tout le monde achète.»