Tests COVID au retour de Chine : les lignes aériennes du Canada mécontentes

Raphaël Pirro
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Les grandes lignes aériennes du Canada font connaitre leur mécontentement après le retour de l’exigence de tests négatifs à la COVID-19 aux voyageurs provenant de Chine, de Hong Kong et de Macao, une mesure qu’elles jugent «inefficaces».
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«Le fardeau administratif du traitement et de l'application des tests avant le départ tombe principalement sur les lignes aériennes et s'ajoute manifestement aux arriérés des aéroports, y compris les délais de traitement des passagers et des équipages des compagnies aériennes aux kiosques des douanes», a déclaré dans un courriel le président et chef de la direction du Conseil national des lignes aériennes du Canada (CNLA), Jeff Morrison.
«Couplée aux défis de ressources actuels dans les aéroports et à la reprise de voyages plus fréquents, cette nouvelle politique risque d'exacerber les goulots d'étranglement, sans offrir aucun avantage significatif pour la santé publique», a ajouté M. Morrison.
Le CNLA appuie son propos sur les résultats d’une étude publiée datée de septembre et menée par quatre médecins canadiens, incluant le microbiologiste Karl Weiss de l’Hopital général juif à Montréal, qui concluait de l’inutilité des mesures frontalières pour prévenir la propagation de maladies infectieuses comme la COVID-19, surtout après la vaccination de masse.
Notons que l’étude a été commandée par l’Association de l’industrie touristique du Canada et la Chambre de commerce du Canada.
Le CNLA, qui représente Air Canada, Air Transat, Jazz Aviation et WestJet, assure que ses membres continueront tout de même, à contrecoeur, d’appliquer les mesures imposées par Ottawa.
Annoncée la veille du jour de l’An par l’Agence de santé publique du Canada (ASPC), la politique entre en vigueur jeudi. Le test doit être effectué dans les 48 heures précédant l’arrivée au Canada.
Le Canada ne fait pas cavalier seul : les États-Unis, la France, l’Italie, le Royaume-Uni, le Japon, l’Inde et même l’île de Taïwan, entre autres, ont imposé une mesure similaire ou identique, selon les cas.
Le Maroc est toutefois le pays qui est allé le plus loin, en interdisant tout bonnement l’entrée aux voyageurs en provenance de Chine, «quelle que soit leur nationalité».
La décision a soulevé l’ire de la Chine, qui a menacé les pays participants de représailles. Le plus populeux pays du monde est aux prises avec une flambée de cas de COVID-19 après la levée des restrictions les plus importantes et la fin de sa politique «zéro COVID» le 7 décembre.
L’International Air Transport Association (IATA), qui représente plusieurs des plus importantes lignes aériennes au monde, avait elle aussi critiqué la décision des pays ayant adopté le retour des tests aux frontières.
Appelée à élaborer sa position propre, Air Canada a référé nos questions au CNLA.