«T’es compétente, toi?»: une avocate québécoise se fait harceler à cause de son look rose


Jean-Michel Clermont-Goulet
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«Avocate ou escorte?», «T’es compétente, toi?», «Zéro professionnalisme!»: une avocate du Grand Montréal se fait harceler et intimider sur les réseaux sociaux parce qu'elle s’habille en rose.
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En dehors des salles d’audience, où la toge noire est de mise pour plaider, Megan Lynch arbore un «look atypique» pour le monde juridique. L’avocate de 26 ans, qui porte souvent du rose, est donc loin de passer inaperçue.
Sur LinkedIn, celle qui a lancé son cabinet en juin 2023 donne plusieurs exemples de commentaires reçus depuis qu’elle est avocate.
«Le simple fait de me conformer au moule m’achèterait probablement la paix. LÀ je serai professionnelle, compétente et digne, écrit-elle, avec ironie. Et pourtant, l’idée de devoir être quelqu’un d’autre me donne la nausée.»
Au fil du temps, elle s'est fait dire par une ancienne patronne que personne ne la prendrait au sérieux avec son look et s'est fait rire au visage par certains avocats de la partie adverse en se connectant sur Zoom. Elle affirme aussi avoir vécu du «harcèlement de la part de clients, collègues, employeurs ou en ligne».
«Le fait que les gens me disent que je n’ai pas l’apparence d’une avocate est une construction sociale. Jamais on ne m’a évalué au Barreau par rapport à mon habillement», insiste-t-elle en entrevue à 24 heures.
Menace de viol
Avec sa publication LinkedIn, l'avocate spécialisée en droit des affaires espère passer le message que de tels commentaires n'ont plus leur place, explique-t-elle.
«Aujourd’hui, je suis fière d’être différente. Ce n’est pas à moi de changer, mais à l’autre de me respecter. Ce n’est pas à moi de vivre de l’humiliation, mais à l’autre d’en vivre pour me manquer de respect», affirme la jeune professionnelle qui a l'impression qu'on traite encore différemment les hommes et les femmes sur le marché du travail.
Certains messages qu'elle reçoit choquent plus que d'autres.
«Une personne anonyme est allée jusqu’à me dire qu’elle voulait avoir des relations sexuelles non consentantes avec moi», déplore celle qui a travaillé avec un technicien en informatique pour tenter de retracer les personnes − la plupart du temps des hommes − qui lui laissent de tels commentaires.
«Je ne veux pas que ce genre de commentaires empêchent d’autres professionnels qui souhaitent sortir du lot à aller de l’avant», souligne-t-elle.
L'avocate n'a d'ailleurs pas l'intention de quitter les réseaux sociaux ou de changer son image. Elle veut y rester pour faire changer les choses.