Temu et Shein «accélèrent l’érosion du commerce local»
Gabriel Côté
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Les commerces locaux rongent leur frein, alors que leur vente chute pendant que la popularité des géants de la mode ultraéphémère comme Shein et Temu explose.
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C’est le constat du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), qui déplore l’absence de mesures dans le budget fédéral pour inverser la tendance et venir en aide aux commerçants d’ici.
«Le gouvernement fédéral avait une occasion claire de corriger une injustice concurrentielle qui pénalise nos détaillants et nos fabricants, mais il a choisi de détourner le regard. Pendant que les entreprises d’ici respectent leurs obligations fiscales, sociales et environnementales, des acteurs étrangers engrangent des profits au Canada sans être soumis aux mêmes règles», peste le PDG de l’organisation, Damien Silès, dans un communiqué de presse.
Les plus récentes données du CQCD montrent en effet que 34% des consommateurs québécois ont effectué un achat sur Temu dans les six derniers mois, comparativement à 26% en août et à 21% en janvier. Shein suit la même tendance, passant de 16% en janvier à 25% en octobre.
«Ces chiffres confirment l’ancrage durable de ces plateformes dans les habitudes de consommation et l’érosion accélérée du commerce local», peut-on lire dans le communiqué.
C’est sans compter que les commerçants d’ici ont des obligations que les géants étrangers n’ont pas. Les entreprises canadiennes sont en effet tenues de déclarer en détail la composition de plastique de leurs produits.
Même si elles figurent parmi les plus grands producteurs mondiaux de plastiques textiles et d’emballage, les plateformes étrangères, quant à elles, en sont exemptées.
«On complique la vie des détaillants d’ici pendant qu’on déroule le tapis rouge à des plateformes étrangères qui ne respectent ni nos normes ni nos valeurs. Le résultat, c’est un commerce à deux vitesses qui mine nos emplois, nos commerces et notre transition écologique», soutient M. Silès.
Devant cette situation, le CQCD réclame une plus grande surveillance des produits importés via les plateformes comme Temu et Shein, et propose à Ottawa de s’inspirer d’un récent projet de loi français qui prévoit un système de bonus et de pénalités. Dans un tel système, chaque article de mode éphémère vendu sur ces plateformes en ligne serait taxé, et l’argent récolté serait réinvesti dans l’industrie textile locale.
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