Temple de la renommée du Rouge et Or: une montagne d’émotions pour une grande dame du basketball


Richard Boutin
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Les dernières semaines ont été une montagne d’émotions pour Linda Marquis, qui fait son entrée au Temple de la renommée du Rouge et Or de l’Université Laval dans la catégorie des entraîneurs.
Trois événements ont brassé la grande dame du basketball. Sa sélection au Temple de la renommée, son départ à la retraite dans neuf jours après 41 ans à l’emploi de l’Université Laval et la sélection de son mentor qui partira sous peu après avoir demandé l’aide médicale à mourir sont des événements marquants qui la touchent de façons différentes.
«C’est gros tout ce que je vis, a-t-elle confié. Il y a beaucoup d’émotions. C’est tout un honneur d’être sélectionnée, mais je vis aussi de la tristesse avec le départ de Bob [Robert Descheneaux] qui a eu l’audace d’embaucher une femme sans expérience en 1984. Il a été un grand bâtisseur du sport universitaire qui avait le respect partout au pays.»
Alors entraîneur-chef de l’équipe féminine en plus de porter le chapeau de coordonnateur du programme Rouge et Or, Descheneaux, qui est honoré dans la catégorie des bâtisseurs, a misé sur Marquis. Honoré lui aussi dans la catégorie des bâtisseurs, Jacques Loiselle a lu le message d’intronisation préparé par Descheneaux.
Loin de rouler sur l’or
Diplômée en éducation après une belle carrière de joueuse à McGill et avec l’équipe canadienne, Marquis a accepté la proposition. En 30 saisons à la barre de l’équipe, elle a remporté plus de 500 victoires.
«J’ai plongé là-dedans avec toute l’insouciance de la jeunesse, a raconté Marquis, qui a dirigé le Rouge et Or pendant 30 ans. En dépit d’un salaire minime, j’ai passé au travers avec l’appui de Bob et de mes parents qui voyaient tout ce que le basketball m’avait apporté comme joueuse. Ils ont été de grands partisans du Rouge et Or pendant toutes mes années à Laval. Ton réseau est très important.»
Si Marquis n’a aucun regret 41 ans plus tard, elle reconnaît que ce ne fut pas toujours facile à une époque où la professionnalisation du métier d’entraîneur n’était qu’un rêve lointain et où les universités sabraient dans le sport.
«J’avais mentionné à mon banquier que j’étais entraîneure et il m’avait demandé quel était mon véritable emploi, a-t-elle souligné avec le sourire. Bob a mis sur pied le système de cogestion actuel en créant des conseils d’administration pour chaque sport. L’embauche de ma grande amie France Vigneault [volleyball] la même année m’a aidée. On s’entraidait et on partageait nos doutes et nos questionnements.»
Après sa carrière d’entraîneure, Marquis est demeurée associée au Rouge et Or comme responsable de la conformité et de l’admissibilité.
«Touchant de partager cet honneur avec Helder»
L’intronisation de Helder Duarte à titre posthume touchait profondément Marquis. Grand responsable de la venue du soccer à l’Université Laval en 1995 et maître d’œuvre du développement du soccer régional, Duarte a mené le Rouge et Or à des titres nationaux en 2014 et en 2016. Duarte est décédé subitement en février 2019, à l’âge de 56 ans.
«C’est touchant de partager cet honneur avec Helder, a-t-elle exprimé. On se côtoyait tous les jours et on partageait les mêmes valeurs. Je me souviens d’une fille [Marjorie Ferland] qui était une joueuse partante dans les deux sports, ce qui était très rare. En deux minutes, on s’était entendu. Il n’y avait pas d’ego, c’était très simple et on était là pour les athlètes.»
Duarte était représenté par son épouse et sa mère.