Temple de la renommée du hockey: «Je ne changerais rien...» –Caroline Ouellette
Ravie de son parcours, Caroline Ouellette a savouré son intronisation au Temple de la renommée du hockey

Jean-François Chaumont
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MONTRÉAL | Caroline Ouellette portait son veston du Temple de la renommée du hockey pour sa rencontre avec les médias montréalais à quelques heures du match contre les Kings de Los Angeles.
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Médaillée d’or aux Jeux olympiques de Salt Lake City (2002), Turin (2006), Vancouver (2010) et Sotchi (2014), elle a pleinement mérité sa place parmi les légendes du hockey. Un honneur qu’elle a reçu au mois de novembre, devenant la 10e joueuse seulement à franchir les portes du Temple à Toronto.
«Il y avait tellement de belles activités pour les quatre jours passés à Toronto, a mentionné Ouellette. C’était inoubliable comme moment. J’étais réunie avec ma famille et mes anciennes coéquipières. Je trouvais ça un peu stressant de me préparer pour mon discours. Je ne mentirai pas. Mais j’ai savouré cette intronisation. J’étais également heureuse de partager ça avec mes filles. C’était comme un petit voyage pour la famille.»
«Mes parents [André et Nicole] m’ont aussi permis de réaliser ce rêve. Je n’y serais jamais arrivée sans leur aide. Je ne viens pas d’une famille fortunée. Ils ont fait plusieurs sacrifices financiers pour me permettre de jouer au hockey, au baseball et au softball avec l’équipe du Québec. Toute ma vie, j’ai essayé de trouver des façons de les remercier pour ce qu’ils ont fait. Je les avais invités à plusieurs tournois et à des Championnats du monde. À Toronto, je voyais toute la joie dans le visage de mes parents. Je n’oublierai jamais ça. Pour moi, ce n’était pas un truc que je croyais possible. Si je pouvais, je jouerais encore au hockey. Mais j’avais fait mon temps.»
Troisième rang dans l’histoire de la formation canadienne au chapitre des matchs (220) et des points (242), derrière Hayley Wickenheiser et Jayna Hefford, Ouellette aurait très bien pu ne jamais chausser une paire de patins de hockey.
Convaincre ses parents
À une époque pas si lointaine, le hockey restait un sport principalement pour les garçons.
«J’avais eu besoin de deux ans pour convaincre mes parents, a-t-elle mentionné. J’aurais pu ne jamais jouer. Il y a plein de femmes qui n’ont jamais joué.»
«C’est peut-être dur à comprendre aujourd’hui, a-t-elle continué. Je jouais au baseball à l’âge de 7 ans, c’était correct. Mon père jouait au hockey. Mais il n’y avait pas de jeunes filles. Même plus jeune, j’aurais aimé pratiquer de la boxe. Mais c’était un non pour les filles. J’ai commencé avec des patins blancs. Nous avions rasé les pics. Mais ma mère a fini par m’acheter des patins [de hockey]. Mon père m’amenait voir de la ringuette. Moi, je rêvais au hockey et au Canadien de Montréal. J’ai fini par jouer au hockey. Nous avions trouvé une équipe en milieu de saison. J’ai commencé sur le tard à 9 ans.»
Mais elle aura réussi à rattraper le temps perdu assez rapidement.
Un peu envieuse
Entraîneuse associée de l’équipe féminine des Stingers de Concordia depuis 2021, Ouellette suivra attentivement le lancement de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF).
«Je les envie tellement, a-t-elle lancé avec le sourire. Je suis tellement fière. Mais je ne changerais rien de ma carrière.»
Ouellette n’aura pas la chance d’agir comme l’une des premières joueuses de cette ligue, comme le fera Marie-Philip Poulin ou Ann-Renée Desbiens avec l’équipe de Montréal, mais elle aura contribué à poser les premières pierres de cette longue aventure.