Temple de la renommée du hockey: émotive, Danièle Sauvageau a cru à une blague


Mylène Richard
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Lorsque Danièle Sauvageau a reçu l’appel de Lanny McDonald et de Ron Francis pour lui annoncer qu’elle était admise au Temple de la renommée du hockey, mardi, elle a mis du temps à s’exprimer.
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«Je ne peux pas parler. Il n’y a pas de mots. Merci du plus profond de mon âme», a-t-elle d’abord dit, visiblement émue.
Sauvageau a plus tard expliqué, lors d’une conférence téléphonique, qu’elle ne s’y «attendait pas du tout».
«Je me dis: "Est-ce que c’est vrai? Est-ce que c’est une farce qu’on tente de me faire aujourd’hui lors du jour du repêchage [de la Ligue professionnelle de hockey féminin]?"»
L’actuelle directrice générale de la Victoire de Montréal venait de raccrocher avec une joueuse en vue de l’encan de la LPHF, qui devait se tenir quelques heures plus tard.
«J’ai eu de la misère à retrouver ma concentration!»
Danièle Sauvageau qui reçoit l'appel d'une vie! Bravo! Elle devient la première femme intronisée au Temple de la renommée comme bâtisseuse! 👏👏👏 pic.twitter.com/8RThq9Xsn4
— RDS (@RDSca) June 24, 2025
Des doutes
Son premier appel a été à ses parents, qui habitent toujours la maison familiale à Deux-Montagnes, où elle a donné ses premiers coups de patin. Marcel et Lise l’ont toujours soutenue, même dans les moments de doutes.
Son premier doute est survenu lorsqu’elle a voulu jouer au hockey organisé à 13 ans et qu’on lui a dit non parce qu’elle était une fille.
«Mes parents me disaient que je pouvais aider et c’est la réponse que j’ai donnée. C’est un peu comme ça que mon aventure a commencé au hockey», a raconté Sauvageau.
À l’université, il n’y avait pas d’équipe de hockey, alors l’ancienne policière a voulu suivre des formations d’entraîneur. Encore là, on lui a demandé si elle voulait travailler du côté administratif.
«Non, je suis ici parce que je veux devenir coach de hockey!» a lancé la Québécoise de 63 ans.
Puis, il y a eu sept éditions des Jeux olympiques auxquelles elle a participé en tant qu’adjointe, entraîneuse, directrice générale ou conseillère. À Salt Lake City, en 2002, elle a mené le Canada à sa première médaille d’or olympique en hockey féminin.
Puis, Serge Savard lui a permis de devenir la première femme derrière le banc d’une équipe de la LHJMQ, avec le Rocket de Montréal.
Sauvageau a aussi été la première femme analyste de hockey professionnel à la télévision, soit à la Soirée du hockey.

Une bûche dans le foyer
Celle qui œuvre dans le hockey féminin depuis plus de trois décennies a aidé à la création des Carabins de l’Université de Montréal en plus de mettre sur pied le Centre 21.02.
«Lorsque je disais que je voulais peut-être m’en aller ailleurs, il y avait un projet qui me ramenait. On dirait qu’il y a toujours eu un projet qui m’a raccrochée», a relaté Sauvageau.
Ce n’est donc pas une surprise de la voir être la première femme admise au Panthéon à titre de bâtisseuse. Ce qui est étonnant, c’est qu’elle le soit alors qu’elle est toujours active.
«Je suis là, encore bien présente. Je fais partie d’un projet extraordinaire et c’est l’ensemble des moments qui fait que je suis très, très fière», a commenté Sauvageau.
«La passion c’est comme un petit feu de foyer, il y a toujours un projet qui arrive et ça met une petite bûche et ça vient encore une fois alimenter cette passion», a-t-elle imagé.

«Comme entraîneuse, elle pensait différemment»
Danièle Sauvageau sera intronisée au Temple de la renommée du hockey en même temps qu’une de ses anciennes joueuses, Jennifer Botterill, avec qui elle a savouré l’or aux Jeux de Salt Lake City en 2002.
«Comme entraîneuse, elle pensait différemment afin de mener la formation nationale à un autre niveau. Et nous avons gagné notre première médaille d’or», s’est rappelée Botterill.
«Mais ce qui est valorisant, c’est de rester en contact avec les athlètes que tu as coachées, de les soutenir dans leur vie et leur carrière plusieurs années après avoir joué pour elles», a ajouté l’ancienne attaquante.
Botterill et Sauvageau ne s’appellent pas tous les jours, mais, une fois de temps en temps, elles se donnent des nouvelles.
«C’est une personne qui est toujours là pour les autres et qui veut le meilleur», a noté Botterill.
Aujourd'hui vice-présidente directrice des opérations hockey de la LPHF, Jayna Hefford avait marqué le but en or aux JO de 2002.
«Danièle a eu un impact incommensurable sur notre sport, en particulier en faisant progresser le hockey féminin, et en continuant de façonner son avenir au plus haut niveau avec la LPHF. Sa vision déterminée à faire progresser le sport et à créer des occasions significatives pour les joueuses est la marque d’une véritable bâtisseuse, et son intronisation au Temple de la renommée est incroyablement bien méritée», a affirmé Hefford dans un communiqué.
Discipline
De son côté, Sauvageau retient de Botterill qu’elle avait une discipline de fer.
«Je me rappelle quand elle jouait à Harvard et elle tentait de venir à différents camps. L’école était très importante pour elle et sa famille.»
«On a dû la ralentir. Parfois, elle poussait trop et elle devait récupérer. Elle voulait tout faire pour réussir», a dit Sauvageau.