Temple de la renommée: Bertrand Godin peine encore à réaliser

Tommy Thurber
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Même s’il sait depuis quelques mois maintenant qu’il deviendra membre du Temple de la renommée du sport automobile canadien, Bertrand Godin peine encore à croire qu’il rejoindra ses idoles ce samedi à l’occasion de la cérémonie d’intronisation.
L’animateur des courses de Formule E sur les ondes de TVA Sports sera l’un des 31 nouveaux intronisés qui forment les cohortes 2020 et 2021, mais dont les cérémonies ont été repoussées en raison de la COVID-19.
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«Je suis fébrile! s’est exclamé le pilote lors d’une entrevue, mercredi. Et en même temps, j’ai de la misère à le réaliser! Nos idoles sont plus grandes que nature et elles vont rester plus grandes que nature. C’est spécial de savoir que je vais être dans la même liste que ceux qui m’ont inspiré.»
Passer le flambeau
Bertrand Godin partira samedi matin pour Toronto, où aura lieu la cérémonie. Il sera accompagné de son épouse Annie, son garçon Anthony, ses parents et quelques amis.
Il aura l’occasion de faire un petit discours, et comme ses idoles l’ont fait avant lui, il souhaite bien entendu partager son expérience pour en faire bénéficier les plus jeunes.
«C’est une chaîne, a-t-il philosophé. C’est comme [la passation du] flambeau. Tu brilles dans ton sport, tu brilles par ta passion, et cette passion fait en sorte que d’autres sont inspirés. Ça arrive des fois que les gens viennent me parler de ma carrière. C’est toujours spécial, malgré le fait qu’on est fier de partager ce qu’on vit avec les gens.»
Bien s’entourer
C’est bien connu, l’argent est très important pour progresser dans le monde du sport automobile. Godin est bien placé pour le savoir, puisqu’il a travaillé très fort pour obtenir le financement afin d’obtenir ses volants.
Mais ce n’est pas tout: il faut également savoir s’entourer des bonnes personnes. C’est principalement le message qu’il offre à tous les jeunes pilotes qui lui demandent conseil.
«Je réalise que mon parcours dans le sport automobile, c’est vraiment grâce à la valeur humaine. Ce sont des gens qui m’ont appuyé, qui m’ont donné des conseils, qui m’ont prêté des locaux ou des machines pour courir. On ne se fait pas tout seul là-dedans.»
«C’est simple, il faut croire en ses rêves. C’est la première chose. Y croire vraiment. Et ensuite, d’accepter les défis. Il y a des valeurs de persévérance, des valeurs humaines. Il faut bien s’entourer, de gens qui sont sincères et qui sont là pour les bonnes raisons. Ça joue pour beaucoup. [...] Pour moi, c’est ce qui a été la pierre angulaire.»
Intronisé, mais pas retraité
Malgré ses 54 ans et ses nombreux autres engagements, Bertrand Godin refuse de mettre un terme à sa carrière de pilote. Ainsi, une participation aux Grands Prix du Canada et de Trois-Rivières est envisagée, même si le temps commence à manquer.
Celui qui est instructeur à l’École nationale de police du Québec, porte-parole de PROCURE, descripteur des courses de Formule E sur les ondes de la chaîne TVA Sports et pilote d’avion pourrait donc rouler en F1600 lors des deux événements.
Ayant savouré la victoire dans cette catégorie en Mauricie en 2018 et 2019, il refuse toutefois de prendre le volant d’une voiture trop peu compétitive.
«On essaie de trouver des solutions, a-t-il expliqué. À date, il n’y a rien de garanti. On veut y aller, mais avec du matériel pour performer. Ça, c’est hyper important. Pendant plusieurs années, quand il y avait un volant, même pas compétitif, j’embarquais. Mais des fois, c’était aux dépens de ma propre sécurité.»
Godin a toutefois concédé qu’à un peu plus de trois semaines du début des activités sur le circuit Gilles-Villeneuve, ça devient de plus en plus compliqué. Il préfère toutefois rester optimiste.
«Je trouve qu’on est vraiment à la dernière minute, a-t-il reconnu. À moins d’un revirement de situation complet... Mais tout est possible! J’ai ma licence, je suis en forme physiquement et mentalement, et j’ai faim de pilotage!»