Taux de réussite en baisse, inégalité des élèves en difficulté au public et au privé : comment faire pour aider les élèves au Québec?
Équipe Salut Bonjour
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Le Devoir a révélé d'inquiétantes données ce matin, après avoir fait le tour des rapports annuels 2024-2025 d'une dizaine de centre de services scolaires de la province et tous enregistrent des baisses des résultats scolaires. Le psychologue Égide Royer, spécialiste en réussite scolaire, était avec nous ce matin pour parler de la situation.
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Selon vous, qu'est-ce qui explique ces baisses de résultats scolaires?
«J'ai jeté un coup d'oeil sur l'ensemble des résultats et quand on observe ce qui se passe, il faut être capable de prendre ça d'une manière encore plus large. Je vais vous donner trois chiffres, vous allez comprendre exactement ce qui se passe. Je pense juste à la réussite des garçons à l'école, qui obtient un diplôme après 5 ans? Au privé, c'est 85% des cas ont un diplôme après 5 ans passés au secondaire. Au public, ça tombe à 62% et au CSS de Montréal, ça tombe à 54%. Quand vous regardez ces chiffres-là, ce que ça nous dit, c'est qu'il y a un «effet élèves» par rapport aux résultats que l'on va observer. Les chiffres dans Le Devoir ce matin, ce sont vraiment les centres de services scolaires publics et ces écoles-là accueillent beaucoup plus d'élèves en difficulté. Et les écoles privées accueillent des élèves beaucoup plus forts, beaucoup plus susceptibles de réussir. Ce qui fait qu'on peut aller dans les rapports annuels et voir des écarts de résultats, d'une année à l'autre, qui sont relativement faibles malgré tout. Mais le gros effet, c'est un effet que les écoles n'accueillent pas toujours les mêmes élèves et que les écoles du secteur public accueillent des élèves qui ont beaucoup plus de difficultés.»
Une fois que l'on a ces données-là, on fait quoi? Qu'est-ce qu'on peut faire pour aider nos jeunes?
«Il y a au moins deux choses et là, ça va prendre du courage politique, entre autres. Il faudrait qu'au Québec, toutes les écoles se préoccupent de tous les jeunes. Ce n'est pas normal que dans les écoles publiques, vous ayez 33% d'élèves en difficulté avec un plan d'intervention au secondaire et 23-24% au sCe n'est pas normal que dans les écoles publiques, vous ayez 33% d'élèves en difficulté avec un plan d'intervention au secondaire et 23-24% au primaire.. Écoutez, c'est le tiers de votre classe au secondaire. Il faudrait en venir, entre autres un peu comme en Ontario, d'avoir une proportion naturelle d'élèves en difficulté dans toutes les écoles, privées, publiques, projets particuliers. La deuxième des choses et ce qui est encore plus grave que ce qui est sorti dans Le Devoir ce matin, c'est que j'ai environ 3500 jeunes qui n'ont même pas de services scolaires présentement, il y a des jeunes qu'on a retourné à la maison en disant «Écoutez, votre jeune a tellement de difficultés, on n'est pas capable de l'accueillir à l'école, entre autres parce qu'il a des problèmes de comportements et autres.» Et là, eux ne rentrent même pas dans les statistiques, ils ne sont même pas à l'école. (...) Ça, ça implique que les deux grosses actions : revoir ensemble cette question d'école à trois vitesses et, la deuxième, qu'il va falloir repenser... Écoutez, on verse 3.7 milliards par année pour les élèves en difficulté et on a des résultats qui sont véritablement très, très faibles... Il va falloir revoir notre façon d'intervenir avec des jeunes qui présentent des difficultés à l'école.»