Tarifs douaniers: «Il faut diversifier notre économie», plaide le patron de Desjardins

Yahia Arkat
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Le sursis d’un mois accordé par le président des États-Unis sur les tarifs douaniers appliqués aux exportations canadiennes doit inciter le Canada à diversifier son économie et à encourager les consommateurs à privilégier les produits locaux.
C’est du moins l’analyse faite par le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, au TVA Nouvelles de 22h, avouant que ce sursis ne changera pas les défis qui attendent l’économie canadienne.
«On a une économie qui est encore très dépendante du marché américain, on a des défis de productivité dans nos entreprises, il faut revoir nos barrières interprovinciales au niveau du commerce», a noté d’entrée de jeu M. Cormier.
À vrai dire, le gel pour un mois de l’imposition des tarifs douaniers de 25% sur les produits exportés aux États-Unis peut constituer un signal «très clair» que faire affaire avec les Américains va coûter quelque chose aux Québécois et aux Canadiens.
C’est pourquoi le parton du Mouvement Desjardins suggère de se mettre au travail, d’être en mode action, comme du temps de la pandémie de COVID-19, en identifiant les activités qui sont sous pression, à l’image du secteur manufacturier notamment.
«Ça va être de regarder des dimensions, de diversifier notre économie, notamment avec l’Europe, l’Asie, l’Amérique du Sud. Investir dans l’automatisation, la productivité et, finalement, tout ce qui est infrastructure», a martelé M. Cormier.
«Est-ce qu’il n’est pas temps d’accélérer les grands projets d’infrastructure qui vont justement stimuler notre économie et peut-être être capables de faire travailler des gens qui, malheureusement, pourraient avoir de la pression au niveau de leur emploi?» s’est-il interrogé.
Ce faisant, l’expert financier est d’avis qu’il faut dorénavant encourager le commerce interprovincial pour pousser les Québécois et les Canadiens à consommer local dans le cadre d’une sorte de «Buy Canada Act».
«Je pense que sur l’horizon des prochaines années, c’est à nous de faire nos devoirs et de diversifier notre économie», a conclu M. Cormier, qui a observé cette tendance au protectionnisme chez les Américains bien avant le retour du milliardaire républicain à la Maison-Blanche.