Tous les résultats
Publicité

Tarifs douaniers: c’est rendu cher d’aller faire ses emplettes aux États-Unis

Photo portrait de Marianne Langlois

Marianne Langlois

2025-03-17T04:00:00Z

Partager

La guerre commerciale s’annonce rude pour les consommateurs, comme l’a constaté Le Journal en revenant des États-Unis avec une simple épicerie qui lui a coûté plus de 600 $ à cause des contre-tarifs.

L’exercice avait pour but de donner une idée aux consommateurs québécois ce qui les attend quand les produits contre-tarifés se rendront sous peu dans les étalages des épiceries.

Il faudra quelques jours, sinon quelques semaines pour certains de ces produits, afin de traverser la frontière et remplacer ceux qui se trouvent déjà sur les tablettes des épiceries, d’autant plus que les Québécois ont ralenti leur consommation de produits américains.

Ainsi, si à une époque il pouvait être intéressant d’aller magasiner au sud de la frontière, c’est moins le cas aujourd’hui.

Le Journal s’est rendu dans deux supermarchés situés dans l’État de New York avant de rentrer au Québec la même journée afin de vérifier combien ces «tarifs» peuvent coûter à ceux qui reviennent au pays avec des sacs bien remplis.

«Ce n’est pas rentable d’aller faire ses courses aux États-Unis, et avec le dollar canadien dont la valeur a baissé on y perd au change», commente Sylvain Charlebois, économiste et professeur titulaire à l’Université Dalhousie.

L'épicerie Hannaford où le Journal s'est rendu jeudi pour y faire une épicerie de 300$ US dans la foulée de la guerre des tarifs entre le Canada et les États-Unis. (13 mars 2025).
L'épicerie Hannaford où le Journal s'est rendu jeudi pour y faire une épicerie de 300$ US dans la foulée de la guerre des tarifs entre le Canada et les États-Unis. (13 mars 2025). Photo Marianne Langlois

Notre épicerie au Hannaford de Plattsburgh, où il n’est pas rare que des Québécois viennent faire leurs courses, nous a coûté 478,82CAD (332,72$US).

Publicité
Marianne Langlois est allée faire une épicerie hier aux États-Unis pour savoir comment les tarifs de 25% s’appliquent. Montréal, 14 mars 2025. PIERRE-PAUL POULIN/LE JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI
Marianne Langlois est allée faire une épicerie hier aux États-Unis pour savoir comment les tarifs de 25% s’appliquent. Montréal, 14 mars 2025. PIERRE-PAUL POULIN/LE JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI

Parmi les produits américains achetés, on retrouvait des œufs à 18,29CAD (12,72$US), du papier hygiénique à 35,93CAD (24,99$US), une pièce de viande à 33,06CAD (22,99$US) et une caisse de 24 cannettes de bière à 30,18CAD (20,99$US).

Frontière

Outre le peu d’aliments achetés pour la valeur payée, c’est à la frontière que la facture a bondi.

Marianne Langlois du Journal de Montréal en expédition aux États-Unis pour faire une épicerie de 300$ US et valider si des tarifs canadiens de 25% sont appliqués à la frontière. (13-mars-2025)
Marianne Langlois du Journal de Montréal en expédition aux États-Unis pour faire une épicerie de 300$ US et valider si des tarifs canadiens de 25% sont appliqués à la frontière. (13-mars-2025) PHOTO FOURNIE PAR FRANCIS JOYAL

Après nous avoir questionnés sur le montant de nos achats, le douanier canadien nous a demandé de nous présenter au comptoir de l’Agence des services frontaliers un peu plus loin. C’est là qu’on a analysé notre facture.

Le Journal s'est rendu dans l'État de New York pour faire une épicerie de 300$ US et valider si des tarifs étaient appliqués à la frontière (13 mars 2025).
Le Journal s'est rendu dans l'État de New York pour faire une épicerie de 300$ US et valider si des tarifs étaient appliqués à la frontière (13 mars 2025). Photo Francis Joyal

Rappelons qu’il n’y a pas d’exemptions de taxes pour les produits achetés aux États-Unis pour un voyage de moins de 24 heures. Cependant, une certaine compréhension et une flexibilité pouvaient parfois être observées de la part des douaniers, mais plus maintenant.

Publicité

«Depuis le 3 mars dernier, des tarifs canadiens sont en vigueur et nous sommes très sévères sur les achats effectués hors du pays» a expliqué au Journal, le douanier rencontré à la frontière à notre retour.

Sur un montant total de 478,82$, on nous a imposé des tarifs douaniers canadiens de 25%, ce qui a fait augmenter la facture de 120,18$. À ce montant, ont été ajoutées la TPS et la TVQ (15%).

«Roulements de tambour, voilà combien vos achats de la journée vous ont coûté», a commenté ironiquement le douanier sur place avant de tendre son rapport des déclarations de marchandises d’une valeur de 138,18$.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission d’Isabelle Maréchal, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Une façon de pénaliser «les gens qui achetaient ailleurs» qu’au Canada, a-t-il ajouté.

Donc, pour une épicerie d’une dizaine d’articles qui durera moins d’une semaine, le grand total s’élève à 617$, et ce, sans compter l’essence pour s’y rendre.

«Une chose est certaine, ça va pousser les gens à acheter au pays! Ce sont des mesures fédérales qui encouragent l’achat et découragent l’importation, que ce soit à des fins personnelles ou corporatives», conclut Sylvain Charlebois.

Publicité
Publicité