Tous les résultats
Publicité

Tarifs de Trump: un cirque qui n’en finit plus

Imposera, imposera pas, ses tarifs douaniers, le président Trump?

AFP
Photo portrait de Francis Gosselin

Francis Gosselin

2025-02-01T05:00:00Z

Partager

Imposera, imposera pas, ses tarifs douaniers, le président Trump?

Personne ne le sait vraiment. Même Donald Trump lui-même ne semble pas tout à fait savoir ce qu’il veut, ni pourquoi il le veut.

Le Fentanyl? L’immigration «massive» provenant du Canada? Le déficit commercial, provenant d’une interdépendance entre les deux nations, où le Canada fournit à petit prix de l’énergie, des biens et des matières premières à ses voisins?

Nous sommes arrivés au point où, quelle que soit la décision annoncée, il est assez évident que le résultat sera perdant-perdant.

Nuire à tout le monde

D’inquiétant, ce suspense est en train de devenir une nuisance des deux côtés de la frontière.

Ces derniers jours, chaque fois que Trump ouvre la bouche, les marchés boursiers américains chutent. Pour les investisseurs, habitués à parler le langage de la finance, du calcul et du profit, les divagations décousues du président sont de mauvais augure.

Dix jours à peine après son entrée en poste, l’incohérence des propos et des politiques mises de l’avant par l’administration Trump commence même à engendrer un certain malaise aux États-Unis.

On comprend une volonté d’équilibrer les comptes. De renégocier les ententes. Mais la manière dont le président impose sa volonté, par décret, est sans précédent. Et surtout, elle n’est jamais expliquée clairement, ni aux Canadiens, ni aux Américains qui vont en faire les frais.

Publicité

Les élus canadiens apprennent, en même temps que vous et moi, quelles seront les règles du jeu du commerce international. Sur X, Truth Social, sur Fox, ou de la bouche de Karoline Leavitt, une jeune secrétaire de presse de 27 ans qu’on sent un peu dépassée par les événements.

Inflation, crise et récession

De ce côté-ci de la frontière, on sent nos leaders politiques complètement désorganisés.

Même le gouverneur de la Banque du Canada, lors de sa conférence de presse plus tôt cette semaine, a avoué son incompréhension et son impuissance à agir dans un tel contexte.

Chose certaine, l’imposition de tarifs unilatéralement par la Maison-Blanche fera augmenter les prix pour les consommateurs américains. Elle pourra engendrer des ruptures de stock, des faillites au sein des PME qui ne parviendront plus à s’approvisionner au Canada.

«Ces tarifs vont nous rendre riches et forts», explique le président.

Non, Donald.

Ils vont vous rendre pauvres et vous affaiblir.

Marquer dans son propre but

Ce retour probable de l’inflation, le maintien d’un taux directeur élevé et la probabilité non nulle d’un ralentissement économique – le tout découlant entièrement des mauvaises décisions politiques d’un président déconnecté – risquent de faire très mal à la réputation de Trump et du Parti républicain. Marquer dans son propre but, version Mar-a-Lago.

Il n’est pas exclu qu’avec le temps, la faiblesse du dollar canadien vienne compenser les impacts. Mais les Américains se souviendront longtemps d’un président qui, par son action délibérée, a replongé la nation dans un cycle inflationniste.

Ce suspense est à la fois intenable, ridicule et infernal pour les entreprises et les travailleurs canadiens, mais aussi, de plus en plus, pour les Américains. L’incertitude et l’instabilité sont les pires ennemies des économies développées.

Il n’y a rien à faire de rationnel, pour le Canada, puisque les critères de décision de Trump ne sont pas rationnels non plus. Entretemps, il ne nous reste qu’à contempler chaque jour encore un peu ce triste cirque qui n’en finit plus.

Publicité
Publicité