Tarifs de 50% sur l’aluminium et l’acier: «C’est complètement démesuré»
Agence QMI
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La réponse de Donald Trump aux tarifs de 25% de Doug Ford sur les exportations d’électricité de l’Ontario est «complètement démesurée», selon le titulaire à la Chaire de gestion du secteur de l’énergie à HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau.
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Le président américain a annoncé mardi matin qu’il allait doubler les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium qui entreront en vigueur mercredi à 50% pour le Canada uniquement.
«C’est pour vous dire à quel point on est dans un monde irrationnel avec Donald Trump, mentionne M. Pineau. L’impact des tarifs de 25% de l’Ontario est assez symbolique tandis que le 50% sur l’aluminium et l’acier, ça ne va pas du tout être symbolique pour les exportations canadiennes.»
«C’est complètement démesuré et asymétrique comme réaction et ça nous montre qu’on est vraiment devant un président américain qui a perdu les pédales», ajoute-t-il.
Le premier ministre du Québec, François Legault, hésite toujours à imiter son homologue ontarien dans l’imposition de tarifs sur les importations d’électricité pour faire pression sur Donald Trump.
La situation des deux provinces est cependant différente, selon le chercheur.
«On n’est pas dans la même situation, mentionne-t-il. Historiquement, on a exporté plus d’électricité aux États-Unis que l’Ontario. C’est vraiment récemment avec les mauvais apports d’eau dans les réservoirs d’Hydro-Québec qu’Hydro-Québec a réduit ses exportations et que l’Ontario est devenu en 2024 le premier exportateur d’électricité hors du Canada devant le Québec.»
«Le Québec s’engage dans des contrats à long terme avec le Massachusetts et l’État de New York et veut préserver ses relations avec [ces] deux alliés du Québec, ajoute-t-il. Aujourd’hui, c’est passé pour l’Ontario parce qu’il n’y a pas d’engagement et de liens profonds avec les marchés américains.»
Selon M. Pineau, des tarifs québécois sur l’électricité pourraient ne pas avoir les effets escomptés.
«Pour le Québec, il y a une relation beaucoup plus forte qui pourrait faire mal à nos alliés directs alors que la vraie cible, c’est Trump, dit-il. En fin de compte, ces tarifs n’affecteraient pas Trump, mais vont déclencher sa colère comme on vient de le voir.»
Voyez l’entrevue complète dans la vidéo ci-dessus