Tarifs américains: au-delà des «paroles» de Trump, Ottawa attend du concret avant de dégainer

Raphaël Pirro
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Le gouvernement Trudeau est bien prêt à répliquer avec ses propres tarifs sur les produits américains, mais il attend toujours que le président Donald Trump officialise la chose avant de dégainer.
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«Le gouvernement canadien, on réagit à ce que le président va faire concrètement, au-delà de ses déclarations», a indiqué la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, dans un point de presse virtuel depuis Washington, vendredi soir.
Au moment d’écrire ces lignes, vers 18 h 30 vendredi, aucun décret présidentiel n’apparaissait encore sur le site de la Maison-Blanche.
Deux heures plus tôt, depuis son Bureau ovale, M. Trump a confirmé ses intentions d’imposer des tarifs de 25% sur l’acier et l’aluminium, les produits pharmaceutiques, les semiconducteurs et le cuivre canadiens.
La porte-parole de la Maison-Blanche a réitéré en après-midi que les tarifs entreraient en vigueur dès demain.
Le pétrole et le gaz, qui représentent le plus gros des exportations canadiennes aux États-Unis, seraient imposés à un taux plus faible, à 10%, à partir du 18 février.
Mais rien de tout cela n’est encore confirmé, et Ottawa n’annoncera pas de représailles tant que ce n’est pas couché sur papier, a déclaré la ministre Joly.
«Lorsqu’il signe un décret, lorsqu’il prend action, qu’il prend une décision concrète, à ce moment-là, on peut réagir. Pour l’instant, on entend beaucoup de paroles, mais il n’y a pas eu d’action», a-t-elle dit.
Le Canada prend néanmoins M. Trump «au sérieux», a-t-elle ajouté, et c’est pour cette raison qu’elle et ses collègues de la Sécurité publique et de l’Immigration, David McGuinty et Marc Miller, font des représentations auprès de tout ce qui bouge à Washington.
Selon les ministres, les rencontres avec les sénateurs et autres élus américains ont été «fort productives» et elles «portent fruit», même si rien ne semble ébranler les convictions de Donald Trump.
Le président a affirmé que le «Canada ne peut rien faire» pour éviter ses tarifs douaniers. Les investissements récents de 1,3 milliard $ du Canada à la frontière n’ont même pas été remarqués par M. Trump.
À l’ouverture d’une rencontre avec le comité des relations canado-américaines, vendredi, Justin Trudeau a indiqué que le Canada sera prêt avec «une réplique réfléchie, forte, mais raisonnable et immédiate».
Mme Joly a signalé que les tarifs canadiens pourraient entrer en vigueur au premier jour de l’imposition des tarifs américains, sans les deux semaines de consultation techniquement requises.