Taper la main d’un joueur pour 40$: Séraphin a pris le contrôle des Maple Leafs

Jean-Nicolas Blanchet
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Je n’éprouve plus aucune pitié. Il n’y a plus rien de plus répugnant que les Maple Leafs dans le sport professionnel.
À la base, tu ne peux pas avoir plus perdant qu’un Maple Leafs. C’est 60 ans sans Coupe. Mais c’est aussi l’équipe qui vaut le plus cher de la ligue (6 G$ CA). C’est là que ça coûte le plus cher, une soirée de hockey, à travers la LNH, juste derrière les Rangers et devant le Canadien.
Jusque-là, ça va. Ce serait un peu injuste de leur en vouloir seulement pour ça. Tant mieux pour les Leafs s’ils valent cher, s’ils commercialisent bien leur produit et s’ils font toujours salle comble. Et gagner une Coupe, ce n’est pas si évident. Même si on essaie 60 fois.
Les belles paroles du boss
Là où ça dérape, c’est qu’en 2024, les feuilles d’érable ont nommé Keith Pelley président du groupe propriétaire des Leafs, soit Maple Leaf Sports & Entertainment. Auparavant, Pelley avait été président de Rogers. Après le départ de Brendan Shanahan, en juin 2025, Pelley a pris du galon dans la gestion de l’équipe.
À son arrivée, Pelley avait annoncé que les Leafs « n’étaient pas là pour vendre des chandails, mais pour gagner ».

Mais un excellent reportage de Jonas Siegel du New York Times publié mercredi est venu exposer à quel point cette déclaration de Pelley était en fait une belle connerie.
Le reportage démolit le beau discours du président Pelley et montrant à quel point les Maple Leafs font encore aspirer chaque dollar de leurs partisans.
C’est indécent.
La liste gênante
Pour taper dans la main d’un joueur des Leafs, on peut acheter un forfait à 40 $.
Si tu as 8 à 12 ans et tu veux agiter le drapeau de l’équipe avant un match, casse ton cochon et paie 956 $. Et à ce prix-là, ton père et ta mère n’ont pas de billet. Non, désolé, ce n’est pas 956 $. C’est 956,83 $. Car quelqu’un dans les comptables des Leafs s’est dit que 956 $, ce n’était pas assez. Ça prenait le 83 cents de plus.
Tu veux prendre un selfie sur la glace après un match, c’est 100 $.
Tu veux peser sur un bouton quand le club marque un but, c’est 65 $.
Tu veux souper dans le vestiaire (évidemment vide) des Leafs, c’est 1000 $ par tête. J’espère qu’il y a du « chasse-odeur » ! À ce prix-là, on dit que tu vas même « potentiellement » rencontrer un ancien joueur.
Je vous le dis, on dirait que Séraphin Poudrier a pris le contrôle des Leafs. Avant c’était Picsou, mais même lui était moins radin.
Le hockey n’est plus un sport à Toronto, c’est rendu un guichet automatique qui se contrefiche des fans.
Les Maple Leafs sont en train de transformer la défaite en produit dérivé. Sans gêne. Ça prend un méchant culot.
L’important à Toronto, ce n’est pas la ligne de centre, les gardiens, la qualité de l’expérience. C’est la fidélité irrationnelle et extrêmement payante de leurs partisans.
Imaginez 60 ans de vache maigre pour des partisans des Leafs. Grand-papa a été déçu, papa aussi et là le jeune souffre à son tour. Mais on lui demande en plus de payer 100 $ pour prendre un selfie, seul, sur la glace après un match. C’est triste et révoltant.
Je ne comprends pas comment Keith Pelley peut garder son job si les fans des Leafs ont peu de colonne.