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Taïpei et Washington s'entendent sur les droits de douane et les semi-conducteurs

MEGA/WENN

AFP

2026-01-15T21:10:00Z

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Le département américain du Commerce a annoncé jeudi la signature d'un accord commercial avec le gouvernement taïwanais, qui abaisse les droits de douane imposés par Donald Trump de 20% à 15%, comme pour les produits japonais ou européens. 

Cet accord prévoit en contrepartie des investissements « d'au moins 250 milliards de dollars » aux États-Unis par les entreprises taïwanaises de semi-conducteurs, pour y développer la production, et 250 milliards de dollars de garantie de crédit, qui permettraient de « renforcer l'écosystème et la chaîne d'approvisionnement en semi-conducteurs aux États-Unis », a indiqué le département du Commerce dans un communiqué.

« Notre objectif est d'amener 40% de la chaîne d'approvisionnement taïwanaise en semi-conducteurs ici, aux États-Unis », a déclaré le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, dans un entretien accordé à la chaîne CNBC.

« Nous avons besoin de ces semi-conducteurs pour notre sécurité nationale, qu'ils soient fabriqués aux États-Unis, nous ne pouvons pas nous appuyer sur un pays situé à près de 15 000 km pour nous livrer ces produits qui sont essentiels à notre sécurité nationale », a ajouté M. Lutnick.

Dans le détail, le gouvernement taïwanais doit soutenir les investissements américains dans l'industrie des semi-conducteurs taïwanaise, l'intelligence artificielle (IA), les technologies de défense, les télécommunications et la biotechnologie, selon le communiqué.

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En échange, les produits taïwanais, ceux concernés par des droits de douane sectoriels comme les pièces automobiles ou le bois de construction ne seront pas taxés à plus de 15%, contre 20% au minimum actuellement.

Cela revient à mettre les droits de douane appliqués aux produits taïwanais sur un pied d'égalité avec ceux visant les produits européens ou japonais, également encadrés par des accords commerciaux signés ces derniers mois.

Dans le même temps, les médicaments génériques, leurs principes actifs, les ressources naturelles non disponibles aux États-Unis ou les composants pour l'aviation ne se verront appliquer aucun droit de douane.

Taïwan et les États-Unis ont entamé des négociations en avril après que le président américain a menacé d'imposer une taxe douanière de 32% sur les exportations taïwanaises, ensuite abaissée à 20%.

Droits de douane menacés

Le président taïwanais Lai Ching-te s'était engagé à accroître les investissements taïwanais aux États-Unis, ainsi qu'à acquérir de l'équipement militaire et de l'énergie auprès de Washington, pour mettre l'administration de Donald Trump de son côté.

Principal sous-traitant mondial pour les puces utilisées dans une large gamme de produits, allant de systèmes de défense à l'IA en passant par les téléphones intelligents, le groupe taïwanais TSMC avait promis en début d'année dernière d'investir 100 milliards de dollars supplémentaires aux États-Unis.

Le président Donald Trump avait annoncé en avril dernier une série de droits de douane sur tous les produits entrant aux États-Unis, qu'il avait alors présentés comme étant « réciproques ».

Le républicain est cependant en partie revenu en arrière en ajoutant des exceptions pour un certain nombre de produits, en particulier ceux qui ne peuvent pas être fabriqués ou cultivés aux États-Unis.

Dans le même temps, certains pays ont été visés par des droits de douane supplémentaires, soit pour leur implication, selon Washington, dans le trafic de fentanyl vers les États-Unis (cas du Canada, de la Chine et du Mexique), pour leurs achats de pétrole russe sous sanctions (Inde) ou pour avoir poursuivi en justice, et emprisonné, un allié de Donald Trump (Brésil).

Mais plusieurs États américains, dirigés par l'opposition démocrate, ainsi que des petites entreprises ont estimé que Donald Trump avait outrepassé ses pouvoirs en imposant des droits de douane indiscriminés.

Des juridictions fédérales sont allées dans leur sens tout en refusant d'annuler les droits de douane tant que les recours du gouvernement n'étaient pas épuisés.

La Cour suprême doit trancher prochainement.

Une possible annulation des droits de douane par la plus haute juridiction américaine poserait la question de la valeur juridique de ces accords, qui sont le plus souvent des protocoles d'entente plutôt que des accords formels, dont la négociation prendrait nettement plus de temps.

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