«Tabarslac que je suis content!»: les anciens réagissent au chandail de l’Avalanche aux couleurs des Nordiques

Stéphane Cadorette
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Ce jeudi, l’uniforme bleu des Nordiques revivra littéralement quand l’Avalanche le portera face aux Hurricanes. Les anciens fleurdelysés purs et durs perçoivent-ils ce geste comme un affront ou au contraire, comme un honorable clin d’œil au passé de la franchise?
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La réponse n’a certainement pas tardé à venir en discutant avec quelques fiers porte-étendard d’une époque révolue, mais qui a marqué Québec à jamais.
Dès l’instant où l’Avalanche a dévoilé le chandail «spécialité» qu’elle portera à l’occasion de sept rencontres (dont une contre le Canadien à Denver le 29 novembre) cette saison et qui est littéralement celui des Nordiques de la belle époque, les réseaux sociaux ont surchauffé.
Certains amateurs de hockey reprochent à l’Avalanche, qui célèbre le 30e anniversaire de son arrivée au Colorado, de raviver de vieilles blessures ou de jouer avec la nostalgie des gens de Québec, toujours privés de leur équipe chérie.
«Il y a probablement bien des gens qui vont dire que c’est une mauvaise idée. Tu peux toujours voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. Le départ des Nordiques était hors de notre contrôle et il est temps qu’il y ait un rapprochement entre les deux équipes qui ont formé cette franchise. Il faut être fier de ce qu’on a eu à Québec», s’est pour sa part exprimé Michel Goulet.
«L’organisation essaie de se rapprocher de l’histoire des Nordiques. Pour moi, c’est tout ce que ce geste représente. Il y avait un club de hockey à Québec bien avant l’Avalanche et c’est bien qu’on le souligne. Et il faut le dire, côté business, ils vont en vendre pas à peu près des chandails bleus», a renchéri l’ancien prolifique buteur et membre du Temple de la renommée.
De son côté, Peter Stastny était en déplacement, mais a fait savoir par message texte qu'il était heureux que l'Avalanche honore la mémoire des Nordiques. « Ils montrent beaucoup de respect par rapport à la tradition de l'équipe, à son histoire et sa continuité. C'est une franchise de grande classe et je suis fier d'en faire partie », a réagi l'ancien capitaine des Nordiques et aussi membre du Temple.
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L’extase pour le Tigre

Michel Bergeron, qui est l’entraîneur-chef comptant le plus de matchs et de victoires derrière le banc des Nordiques, jubilait carrément lorsque joint par Le Journal.
«C’est extraordinaire!» a lancé le Tigre avant même la fin de notre première question.
«Ma femme m’a appris la nouvelle ce matin et j’ai tout de suite dit: Bravo! Tabarslac que je suis content!», s’est-il esclaffé.
Aux yeux de Bergeron, il est impossible de lancer la pierre à ceux qui se sentent bousculés par le geste de l’Avalanche, mais il ne se range pas dans leur camp.
«C’est dur de blâmer les gens à qui ça déplaît. Ils ont leurs raisons. La vie est comme ça. Parfois, on revit des souvenirs agréables ou moins agréables, mais, pour moi, de revoir cet uniforme sur la glace dans un match de la LNH, ce n’est que du positif», a-t-il salué.
S’il y a une décision de l’Avalanche que Bergeron n’a jamais digérée, ce n’est clairement pas celle de ramener l’uniforme des Nordiques, mais plutôt celle de ne pas avoir maintenu le retrait des numéros des joueurs qui ont marqué l’histoire des Nordiques.
«Le 26, le 16, le 3, le 8... Ça me fait vraiment quelque chose qu’un gars de quatrième trio ait pu porter le numéro de Michel Goulet. C’est la seule chose qui m’a toujours fait mal. Sinon, j’ai tellement hâte de revoir l’uniforme des Nordiques.»
Les choses en grand

Le moins que l'on puisse dire est que l'Avalanche n'a pas ménagé les moyens pour publiciser cette annonce. Sur son site web, il s'agissait de la nouvelle la plus en vue tout au long de la journée de mardi. Une vidéo promotionnelle a été tournée avec Joe Sakic, qui a amorcé sa brillante carrière à Québec. Des photos avec des joueurs vedettes actuels, comme Cala Makar et Nathan MacKinnon dans le chandail bleu Nordiques, ont été prises.
Un clin d'oeil au fait francophone a été fait en mentionnant « L'esprit du Nord» dans des communications de l'équipe. L'Avalanche a même pris soin d'expliquer à ses partisans les origines du logo et des Nordiques.
« L'igloo représente le climat rigoureux du Québec et son ouverture ressemble étroitement à la lettre N. Cet élément central du chandail illustre la fierté et la proximité des Nordiques avec les régions nordiques de la province. L'inclusion de la fleur de lys au bas du chandail et sur les épaules est une allusion au drapeau québécois et représente la fierté de l'héritage canadien-français.
À l’époque, Jean Furois était le président du fan-club des Nordiques. Il affirme ne rien comprendre du fait que certains partisans peuvent être offusqués par la démarche de l'Avalanche.
«Je n’ai absolument rien contre ça. Déjà, il y a quelques années [2021], c’était un très beau chandail bourgogne que l’Avalanche avait sorti avec le logo des Nordiques. Là, ce sera le vrai et ce n’est pas un affront. Comme ancien partisan, ça ne me fâche pas du tout. Je vois ça comme un clin d’œil. Il me semble que ça n’a aucun rapport de se plaindre», a-t-il commenté.
Jeudi, les nostalgiques feront un retour dans le passé puisqu'en plus de l'Avalanche qui sera aux couleurs des Nordiques, les Hurricanes rendront aussi hommage à leurs racines en enfilant l'uniforme des Whalers. Le temps d'un match en 2021, l'Avalanche avait fait un clin d'oeil au passé en portant un chandail blanc orné du logo des Nordiques et de fleur de lys en bourgogne.