Sylvie Léonard confirme qu’il y aura une 12e saison d’«Un gars, une fille»
La saison 11 d’«Un gars, une fille» est disponible sur Tou.tv Extra.
Patrick Delisle-Crevier
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La comédienne révèle une fois de plus et encore plus fortement son côté comique dans cette 11e saison de la série Un gars, une fille et se dit être plus drôle que jamais. Sylvie Léonard nous a confié à quel point cette série a été et est encore marquante dans sa vie. Elle revient avec nous sur 50 années de carrière, sur le plaisir de jouer avec sa fille, Camille, sur ses projets et sur bien d’autres choses.
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Sylvie, nous venons de voir les trois premiers épisodes de cette 11e saison d'Un gars, une fille. Ça vous fait quoi de voir ça?
Je trouve ça extraordinaire que nous soyons encore là, surtout que tout ça est parti d’une conversation téléphonique que Guy et moi avons eue concernant les célébrations des 25 ans de la fin d'Un gars, une fille. On s’était alors interrogés à savoir si nous avions quelque chose à dire pendant 60 minutes, soit une spéciale d’une heure. La réponse a été oui, puis Radio-Canada a exigé quatre épisodes et nous voilà, cinq ans après, à être encore là, et avec des saisons complètes. Dans cette nouvelle saison, nous voilà grands-parents, ce que nous n’avions pas prévu. C’est quand Anyjeanne Savaria, la comédienne qui joue notre fille, a annoncé qu’elle était enceinte que nous avons eu l’idée d’inclure ça dans la série. J’étais contente de savoir que Sylvie allait être grand-mère et qu’elle allait devenir complètement folle avec un bébé dans les bras.
Que représente pour vous ce personnage que vous portez depuis si longtemps?
Je suis très attachée à celle-ci. Je n’ai pas eu ce rôle de façon traditionnelle non plus. Guy et moi sommes devenus amis à l’époque de RBO et ensuite, nous avons fait ensemble des sketchs pour le talk-show Besoin d’amour. Ça s’appelait Scènes de la petite vie conjugale. Guy avait fait le montage avec le producteur de l’époque et ils se sont rendus compte qu’il y avait peut-être quelque chose à faire avec ça. Ce rôle est donc né de notre amitié. Guy A. est le capitaine de la série, je me suis appuyée sur les textes, mais j’ai eu une grande liberté dans la création de Sylvie. Je lui ai donné une façon de bouger, une naïveté. Pour moi, elle représente la création.
À quel point cette Sylvie vous ressemble-t-elle?
Je dirais que ce ne sont pas tant les propos qu’elle tient qui me ressemblent, c’est plutôt la même énergie. Elle a cette même spontanéité que moi, qui suis aussi assez prompte et réactive dans la vie. J’ai une candeur, un émerveillement qui est très proche de mon personnage. J’ai une grande satisfaction quand je regarde le résultat de cette 11e saison. Ça représente 12 épisodes, donc 220 scènes à jouer. Voir que tout marche dans cette série, je ne pourrais pas demander mieux comme expérience. Je suis tellement contente.
Avez-vous l’intention de poursuivre cette aventure encore longtemps?
Nous y allons une année à la fois. Radio-Canada nous a confié que nous aurions une 12e saison et on a déjà une ligne directrice avec celle-ci. Je lance des idées et il y a ensuite plusieurs auteurs qui écrivent. Nous avons une super équipe et tout fonctionne merveilleusement bien.
Parlez-moi votre complicité hors du commun avec Guy A. Lepage?
Ça peut paraître cliché, mais Guy A. est une personne importante dans ma vie, et si Guy avait besoin de moi, n’importe où et n’importe quand, je serais là pour lui. C’est une amitié solide et unique pour moi.
Vous avez 50 ans de carrière. Qu’est-ce que cela représente pour vous?
Je suis sortie de l’école à 20 ans et j’ai eu des rôles incroyables dans ma carrière, je pense entre autres à Madeleine dans la série Lâcher prise, qui a été un rôle savoureux. Des fois, je m’ennuie de ce personnage, je voudrais la jouer à nouveau. J’ai parfois le fantasme de jouer Madeleine qui rencontre la Sylvie d'Un gars, une fille en la croisant dans une salle d’attente. Sylvie est complètement en admiration devant Madeleine, alors que Madeleine ne s’intéresse pas à Sylvie. Ce sont deux personnages complètement à l’opposé l'un de l'autre.
On a l’impression, avec cette nouvelle saison, de découvrir encore plus votre côté comique. Vous, comment avez-vous découvert cette façon de faire rire?
Je l’ai trouvée quand j’étais encore une enfant. Je faisais souvent rire quand j’étais jeune. Je pense que, en général, j’ai un sens du timing. Mais j’ai pu le développer sur le tard, car mes premiers rôles ont été dans des séries comme Terre humaine ou L’héritage. Je fais ce métier depuis 50 ans, j’ai la chance de faire ce que j’aime et j’aime jouer la comédie. Je ne suis pas non plus celle qui avait un plan de match. Je ne rêve pas de jouer tel ou tel rôle en ce moment. Mais quand le rôle arrive, je réalise souvent que je rêvais de jouer ça. J’ai encore beaucoup de rôles que j’ai envie de jouer et je vais être là tant que la santé me le permettra. Quand je regarde une grande actrice comme Béatrice Picard, qui a joué si longtemps, je trouve ça beau et inspirant. J’ai grandi et appris mon métier avec des Janine Sutto, Andrée Lachapelle, Hélène Loiselle... ces femmes ont été inspirantes pour moi. Ce sont des femmes de théâtre et je rêve de jouer au théâtre quand je serai vieille comme elles.

Votre fille, Camille, fait le même métier que vous. Qu'est-ce que ça vous fait?
Camille, heureusement, a des intérêts et des talents autres, contrairement à moi. Moi, le jeu, c’est ma seule passion, alors qu’elle en a d’autres, dont son métier d’artificière. Je trouve aussi qu’elle est bien outillée pour affronter la vie.
Sylvie, c’est difficile à croire, mais vous avez 70 ans.
Je ne cache pas mon âge. Nous, les femmes, quand on dit notre âge, on se fait regarder différemment, et j’assume mon âge. C’est certain que je réalise qu’il ne me reste pas grand temps. Une vingtaine d’années peut-être, selon les statistiques. Mais, objectivement, je ne ressens pas trop mon âge. Je trouve juste que la vie passe trop vite.
Avez-vous été heureuse?
Oui, c’est certain que j’aurais aimé ça dire «mes enfants» au lieu de «mon enfant». J’aurais voulu avoir plusieurs enfants, mais j’en ai une seule, et elle vaut de l’or! Je n’ai aucun regret. J’ai aussi la chance de jouer avec elle, nous sommes très complices toutes les deux et je suis fière de ma fille.
Y a-t-il d’autres projets pour vous à part Un gars, une fille?
Je vais être de la série Le gouffre lumineux, je suis aussi dans la série Gâtées pourries et il va y avoir autre chose l’an prochain qui va m’amener à faire ce que j’aime le plus faire dans ce métier. Quoi demander de plus?