Suzuki, le prochain Patrice Bergeron?

Jean-Charles Lajoie
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Je me retiens depuis plus d’une semaine. Le Canadien a désormais complété une première tranche de dix matchs et le départ canon, aux antipodes de celui d’il y a un an, permet de rêver à voix haute.
Est-ce que le CH nous convie actuellement à la saison de tous les trophées?
Nick Suzuki a 13 points. C’est seulement trois de moins que Jack Eichel au sommet des marqueurs de la LNH. L’absence d’Alexander Barkov ouvre les options et le débat sur son successeur au trophée Selke cette saison.
Après avoir été écarté du podium l’an dernier malgré une formidable saison, le capitaine du Canadien peut raisonnablement croire en ses chances de monter sur l’estrade d’honneur du circuit en juin prochain.
Suzuki est en voie de connaître une saison en tous points semblable aux meilleures de Patrice Bergeron, six fois récipiendaire du trophée récompensant le meilleur attaquant sur 200 pieds.
Son coéquipier, ami et partenaire au crime Cole Caufield a sept buts d’enfilés jusqu’ici. Un seul de moins que les trois meneurs à ce chapitre. Depuis la création du trophée Maurice Richard, aucun joueur du Canadien n’a su rapporter l’objet de convoitise à la maison.
Le regretté Tom Lapointe a mené bataille avec distinction afin que la mémoire du Rocket soit à jamais honorée dans la LNH. Ce serait touchant que, dans l’année suivant son décès, un membre du Canadien coiffe les francs tireurs de toute la ligue.
Caufield aura fort à faire, c’est vrai, mais sa détermination, qui n’a d’égal que la progression de son jeu, permet d’y croire.
Hutson vise les grands
Lane Hutson est le tenant du trophée Calder. Un honneur parfaitement mérité et récompensé d’un contrat longue durée qui ne le laissera pas dans la misère.
Hutson a connu un départ plutôt lent. La négociation de sa nouvelle entente y étant sans doute pour quelque chose. Libéré du poids de tout ce qu’on en disait et écrivait, le diminutif défenseur a repris son rythme de production de la saison passée.
Il a hélas Cale Makar sur son chemin. Mais en demeurant dans l’ombre du meneur avec seulement deux points de retard, Hutson se profile comme un farouche prétendant au titre de défenseur de l’année.
Il faudra toutefois à Hutson une progression notable dans la colonne des plus et des moins où Makar fait cavalier seul loin devant. Le 48 du CH défend de mieux en mieux, mais il devra en faire plus pour être reconnu comme le meilleur de sa profession cette saison.
Demidov libéré
Le cas Ivan Demidov est intéressant. Martin St-Louis semblait tenir l’électrisant Russe loin de la course au trophée Calder remis à la recrue de l’année en ne lui offrant pas la première vague de l’avantage numérique.
Le coach a fait la même chose avec Lane Hutson il y a un an, mais il a cédé plus rapidement cette saison. «Demi-God» a ainsi l’opportunité d’engraisser sa fiche personnelle, ce qu’il peut moins faire à forces égales en raison de ses partenaires de trio.
Parlant du coach, Martin St-Louis pourrait être considéré au titre d’entraîneur-chef de l’année. Il est, à l’instar de certains de ses joueurs, très tôt pour convenir de cette perspective. Mais actuellement 4e du classement général à deux points du sommet de toute la Ligue nationale, le coach mérite que les projecteurs ralentissent au-dessus de sa tête.
Bien qu’une majorité d’observateurs placent le Canadien en séries de fin de saison, peu d’entre eux les voyaient coiffer tous leurs opposants de la section Atlantique.
Si cela s’avère, il sera difficile d’ignorer Martin à tout le moins à titre de finaliste à l’obtention du trophée Jack Adams.