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Survivante d’une tentative de féminicide, Geneviève Rioux a puisé dans sa propre souffrance et dans son traumatisme pour écrire son premier roman, «Même pas morte»

Elle a reçu 18 coups de couteau en avril 2018

Geneviève Rioux a été victime d’une tentative de viol et de meurtre à Sherbrooke, en 2018. Elle a puisé dans sa souffrance et dans cette expérience traumatisante pour écrire «Même pas morte», son premier roman.
Geneviève Rioux a été victime d’une tentative de viol et de meurtre à Sherbrooke, en 2018. Elle a puisé dans sa souffrance et dans cette expérience traumatisante pour écrire «Même pas morte», son premier roman. Photo Agence QMI, MARIO BEAUREGARD
Photo portrait de Marie-France Bornais

Marie-France Bornais

2024-11-30T08:30:00Z

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Survivante de tentative de meurtre et d’agression sexuelle, Geneviève Rioux dénonce cette violence à travers différents genres littéraires. Après avoir publié Survivaces chez Mémoire d’encrier, en 2022, et Je n’ai pas dit mon dernier souffle dans Le Sabord, aussi en 2022, elle publie chez Stanké son premier roman, Même pas morte. Un texte puissant qui raconte clairement le combat et la résistance d’une femme qui a déjoué la mort et vit avec le traumatisme d’une tentative de viol et de féminicide. Sa profonde quête de justice est un fil rouge qui traverse tout le livre.

Geneviève Rioux publie «Même pas morte» aux Éditions Stanké.
Geneviève Rioux publie «Même pas morte» aux Éditions Stanké. Couverture fournie par LES ÉDITIONS STANKÉ

Le 27 mars 2016, Stéphanie, l’héroïne du roman, est victime d’une tentative de viol et de meurtre au cœur de la nuit, dans son propre appartement. L’onde de choc réveille une blessure profonde autour d’elle et en elle-même.

Le roman explore les rouages d’une enquête et la trajectoire complexe d’une victime face au système judiciaire. C’est une quête profonde de justice et une lecture essentielle pour mieux comprendre les situations extrêmes que vivent les victimes d’agression et leurs proches.

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Dix-huit coups de couteau

Geneviève Rioux, en entrevue, explique que son livre est basé sur sa propre expérience mais demeure une fiction. «Effectivement, il y a de l’inspiration, c’est évident. Mais pour que ce soit clair, j’appelle ça de la fiction. Ça ne laisse pas trop d’ambiguïté.»

Geneviève Rioux a vécu une histoire d’horreur il y a quelques années. «J’ai été victime d’une tentative de viol et de meurtre, à Sherbrooke, dans la nuit du 7 au 8 avril en 2018. J’ai reçu dix-huit coups de couteau. J’ai été laissée pour morte. C’est hallucinant. C’est un crime qui était très violent.»

«C’est assez miraculeux que je sois en vie. Je suis passée par toutes sortes de questionnements, de déchirements. J’ai dû me relever de ça et vivre avec les séquelles de ces événements-là.»

«Évidemment, en portant ce vécu-là, au moment d’écrire l’histoire de Stéphanie – parce que c’est pas mon histoire mais c’est bien celle de Stéphanie – je ressentais des séquelles de ce traumatisme, des souffrances. En fait, tout ce qu’une victime peut vivre après une agression. C’est clair que ça connecte avec mon vécu.»

Survivre à une tentative de féminicide

La remarquable écrivaine rappelle que l’histoire racontée dans Même pas morte est une fiction. «Même si ça fait des liens avec mon ressenti profond, c’est pas la même histoire. Ça ne se passe pas dans la même ville. C’est pas exactement la même agression. Il y a d’autres éléments de fiction. Mais, du fait que moi, j’ai survécu à un féminicide, et que c’est rare de survivre à ça, c’est clair que j’avais quelque chose à dire.»

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Survivaces

Avant même d’être dans la fiction, Geneviève Rioux a écrit un recueil de poésie, Survivaces, qui parlait de sa vérité. «D’ailleurs, Survivaces, je la fais en première partie du spectacle de David Goudreault, qui me fait une place généreuse sur son show, En marge du texte. Ce qui me motive, c’est dénoncer la violence de ces gestes-là sur une victime directe, qui est moi, mais sur les proches aussi.»

«Dans Survivaces, j’ai beaucoup abordé l’expérience de ma famille, que je reprends aussi dans le roman parce que je trouve que je n’ai pas assez parlé des difficultés que peuvent rencontrer les membres d’une famille. C’est quoi les effets collatéraux sur des générations. Et c’est quoi les réponses qu’on peut chercher à avoir.»

Puiser dans une souffrance

«Je pense que Même pas morte, en quelque sorte, met de l’avant comment une personne peut puiser dans une souffrance pour se sortir d’une autre. Ma mère a été agressée, il y a de nombreuses années. Il y a des recoupements entre les deux agressions.»

Le dénominateur commun entre Stéphanie, son personnage, et elle-même, Geneviève, c’est donc l’expérience de la violence. «On n’est pas les seules femmes qui vivent ça. Il y en a beaucoup qui sont marquées par cette violence, malheureusement. Ce que j’ai voulu transmettre, à travers ce livre, c’est cette histoire trop universelle, trop violente, des femmes.»

Même pas morte

Geneviève Rioux

Les Éditions Stanké

344 pages

  • Geneviève Rioux est doctorante en psychologie et écrivaine.
  • Elle a publié plusieurs ouvrages et elle monte sur scène en première partie du spectacle En marge du texte, de l’écrivain-poète-slameur David Goudreault.
  • elle sera en dédicace au Salon du livre de Montréal le vendredi 29 novembre de 19h à 20h30, le samedi 30 novembre de 11h à 12h30 et de 14h30 à 16h et le dimanche 1er décembre de 10h à 11h30 et de 13h à 14h30.
«Elle dépeint la scène où, à demi endormie, elle t’a aperçu. Une terreur nocturne, on aurait dit. Un incube en chair et en os dans son alcôve. Elle décrit ton costume: un coton ouaté foncé, peut-être noir ou kaki.
– Mais je suis pas certaine. Il avait l’air costaud. Il portait des pantalons. J’ai remarqué ses gants foncés, une cagoule noire avec des textures... linéaires, des trous pour ses yeux et sa bouche... Pis un couteau! Je l’ai pas vu tout de suite.»
– Geneviève Rioux, Même pas morte, Les Éditions Stanké

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