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Surcroissance et gigantisme: des phénomènes extrêmement rares depuis 30 ans

Le centre hospitalier Sainte-Justine n’a recensé que deux cas de gigantisme

André «Le Géant» Roussimoff et Bobby Heenan
André «Le Géant» Roussimoff et Bobby Heenan Photo Steve Taylor WWE
Photo portrait de François-David Rouleau

François-David Rouleau

2025-02-02T05:00:00Z

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À 7 pi 3 po, Jérémy Gohier est un spécimen rare qui fait tourner les têtes sur tous les parquets où il drible le ballon et «dunk» au panier. Si sa taille est valorisée dans son sport, elle est toutefois un véritable défi dans la vie quotidienne. Du haut de ses 14 ans et 2,22 mètres, il essaie de voir la vie du même œil que n’importe qui. Plongeon dans l’univers d’un espoir de la NBA en 2030.


Même si on observe de jeunes et très longues pousses de plus de 7 pieds un peu partout dans le monde de nos jours, les phénomènes de surcroissance infantile et de gigantisme restent extrêmement rares, selon la cheffe de la clinique d’endocrinologie du CHU Sainte-Justine, la Dre Céline Huot.

«C’est vrai qu’on voit plus de jeunes mesurant sept pieds et plus qu’il y a un siècle. C’était une tendance séculaire à ce que, de génération en génération, en moyenne, les individus étaient plus grands que leurs parents. Mais cette tendance a plafonné dans les pays industrialisés», souligne la pédiatre endocrinologue.

La Dre Céline Huot, cheffe de la clinique d’endocrinologie du CHU Sainte-Justine. COURTOISIE CHU SAINTE-JUSTINE - VÉRONIQUE LAVOIE
La Dre Céline Huot, cheffe de la clinique d’endocrinologie du CHU Sainte-Justine. COURTOISIE CHU SAINTE-JUSTINE - VÉRONIQUE LAVOIE COURTOISIE CHU SAINTE-JUSTINE - VÉRONIQUE LAVOIE)

Il ne faut toutefois pas mêler les termes, prévient-elle. La surcroissance infantile et le gigantisme médical sont très différents. La grande taille, qui est source de confusion et très arbitraire, ne suffit pas à définir ces termes. Pas plus que la quantité d’hormones de croissance ne doit être reliée à la taille de façon linéaire dans la population.»

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«Au sens médical, le gigantisme est exclusivement réservé à ces quelques rares personnes qui ont un excès d’hormones de croissance qui est le plus souvent dû à une tumeur de la glande hypophyse qui la sécrète. C’est extrêmement rare en pédiatrie», explique celle qui a vu deux cas de gigantisme depuis 30 ans à Sainte-Justine.

Une panoplie de tests, entre autres sanguins et d’imagerie, sont nécessaires pour diagnostiquer le gigantisme, dont était atteint le célèbre lutteur André «Le Géant» Roussimoff. Les gens atteints font face à plusieurs enjeux médicaux, psychologiques et sociaux.

Le géant André Ferré et Denise Filiatrault. Non datée PHOTO LES ARCHIVES / LE JOURNAL DE MONTREAL
Le géant André Ferré et Denise Filiatrault. Non datée PHOTO LES ARCHIVES / LE JOURNAL DE MONTREAL Les archives / Journal de Montreal

Jérémy Gohier n’a pas à s’inquiéter puisque ses résultats de tests médicaux sont normaux. Ses poussées de croissance dénotent des tendances en gagnant près de 10 cm par année. Celles de ses deux ans et de ses 14 ans sont les plus marquées (voir le tableau ci-contre).

Encore à l’étude

«Une autre source de confusion, c’est que les gens pensent à la taille de façon linéaire en croyant que la quantité d’hormones va nécessairement refléter la taille finale adulte, indique-t-elle à propos de ce trait physique valorisé dans la société. Mais la taille finale est un mélange de facteurs qu’on n’a pas encore tous identifiés.»

L’évolution de la puberté et la réponse des os aux hormones en circulation figurent parmi ces facteurs influençant la taille. C’est d’ailleurs pourquoi il est risqué de faire une prédiction de la taille finale avec certitude.

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«On connaît certaines informations génétiques qui y contribuent, mais ce n’est qu’une infime partie. On connaît moins les raisons qui influencent les facteurs génétiques à se manifester davantage chez certaines personnes, contrairement aux autres, explique la spécialiste en nommant le milieu utérin durant la grossesse, l’environnement et la croissance des os.

La génétique

Ce n’est pas parce que papa, papi ou arrière-papi sont très grands que l’enfant les dépassera nécessairement.

«On apprend au fur et à mesure comment les informations génétiques contribuent à la taille. On est toutefois incapable d’assembler les pièces du casse-tête pour chaque individu.»

Et ce n’est pas parce qu’un bébé est gros et grand à la naissance qu’il conservera ces attributs à l’adolescence et à l’âge adulte. Inutile de l’inscrire trop hâtivement dans l’équipe élite de basket et rêver à la NBA!

«Le poids et la taille à la naissance sont plutôt les résultantes du milieu utérin que de la génétique, rappelle la Dre Huot. La génétique est présente à la naissance, mais après les deux premières années de vie, généralement, la plupart des enfants vont avoir manifesté un aperçu de leur potentiel.»

La surcroissance peut aussi se manifester durant l’enfance, prévient-elle.

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