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Surcharges de carburant: de l’avion à l’épicerie, voici la facture de la guerre en Iran

WestJet impose désormais 60$ de surcharge sur les réservations avec bon de voyage Mastercard.
WestJet impose désormais 60$ de surcharge sur les réservations avec bon de voyage Mastercard. Photo d'archives, Agence QMI, JIM WELLS
Photo portrait de Julien McEvoy

Julien McEvoy

2026-04-08T04:00:00Z

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Des rayons d’épicerie aux billets d’avion en passant par les colis livrés à la maison, la facture de la guerre en Iran lancée par les États-Unis commence à soulager notre portefeuille. Le conflit a fait bondir le prix du diesel de 45 % et les entreprises refilent maintenant la facture aux consommateurs sous forme de surcharges de carburant. Si le gros de l’impact reste à venir, personne ne sait combien de temps ça va durer.

Le choc au supermarché

Les épiciers ont reçu des avis de surcharges de leurs fournisseurs. Elles peuvent aller d’un montant fixe de 10 $ par camion jusqu’à 15 % selon le produit et la distance de livraison, indique Gary Sands, de la Fédération canadienne des épiciers indépendants. Fruits, légumes et viande sont les premiers produits qui vont coûter plus cher. Livrés par camion réfrigéré, ils subissent de plein fouet la flambée du diesel.

Le comptoir des viandes pourrait vous faire pleurer davantage dans les prochaines semaines.
Le comptoir des viandes pourrait vous faire pleurer davantage dans les prochaines semaines. Photo ADOBE STOCK

Pour Dominic Arsenault, qui tient un IGA indépendant à Coaticook, trois facteurs ont toujours dicté les prix à l’épicerie : le taux de change, la météo et le prix du carburant. « C’est sûr que ça va rattraper l’ensemble des prix à la consommation », dit-il au sujet des surcharges de carburant déjà à la hausse. Plusieurs de ses fournisseurs utilisent des formules indexées au prix du diesel. Comme épicier, ses marges nettes tournent autour de 1 à 2 %. Impossible d’absorber des hausses à deux chiffres. « C’est un casse-tête pour tout le monde », lance-t-il.

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• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Un été difficile

David Dupuis, économiste à l’Université de Sherbrooke, craint une accumulation de chocs cet été. « Si on a le malheur d’avoir un été difficile en matière de récoltes, ce sera un été très dur », prévient-il. Mais il y a un autre problème. La pandémie a donné aux entreprises plus d’aisance pour hausser les prix. Pendant des décennies, les gains de productivité absorbaient en partie les chocs, dit-il, ce qui est moins le cas aujourd’hui. « Ça explique la hausse des demandes en banque alimentaire, même chez des gens qui ont un emploi. »

On espère au moins de bonnes récoltes cet été pour ne pas hausser davantage le prix des fruits et légumes.
On espère au moins de bonnes récoltes cet été pour ne pas hausser davantage le prix des fruits et légumes. PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

Au tour de WestJet

Les surcharges de carburant frappent bien entendu le transport aérien depuis le début du conflit. WestJet impose 60 $ sur les réservations utilisant un bon de voyage Mastercard, Air Canada Vacances facture 50 $ par passager sur toutes ses destinations soleil pour les nouvelles réservations, Air Transat ajoute 50 $ sur les départs du Canada et 15 euros sur ceux d’Europe et Porter Airlines prélève 40 $ sur les réservations VIPorter. D’autres hausses sont à prévoir, selon l’Association du transport aérien international.

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Getty Images
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Les livreurs de colis y goûtent

Les transporteurs qui livrent nos colis à la maison ont haussé leurs surcharges dès le déclenchement de la guerre. UPS remporte la palme, si on peut dire, avec une prime passée de 28 % (23 février) à 45 % pour les livraisons régulières au Canada. FedEx a augmenté son plancher de surcharge de 7 % à 21 % et Purolator l’a fait passer de 27 % à 34 %. Même Amazon va imposer une surcharge de 3,5 % aux vendeurs utilisant son service à compter du 17 avril. L’impact sur les prix n’est qu’une question de temps, observe David Dupuis.

Un camion Amazon dans les rues de Montréal en 2023.
Un camion Amazon dans les rues de Montréal en 2023. Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

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