SummerSlam: une chance qu’il y a John Cena


Patric Laprade
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SummerSlam est un événement, qui, dans l’histoire de la WWE, a souvent été l’hôte de moments marquants.
Que ce soit le mariage entre Randy « Macho Man » Savage et la belle Élizabeth, Brock Lesnar qui pulvérise John Cena ou bien le tout premier match TLC, ce sont tous des moments qui expliquent pourquoi on appelle cet événement le WrestleMania de l’été.
Personnellement, j’ai assisté à quelques SummerSlam en personne.
Je me souviendrai toujours du tout premier en 2004 à Toronto, alors que Randy Orton avait battu Chris Benoit pour ainsi devenir le plus jeune champion de l’histoire de la compagnie. Puis, l’année suivante, j’étais à Washington pour voir un classique que personne ne croyait voir un jour : Shawn Michaels contre Hulk Hogan. J’y suis retourné en 2016 à Brooklyn avec l’excellent match entre AJ Styles et John Cena. Et finalement, en 2019, à Toronto, avec entre autres Kevin Owens contre Shane McMahon, ainsi que Charlotte Flair contre la Torontoise Trish Stratus.
Ce fut d’ailleurs le dernier SummerSlam devant spectateurs, alors que l’an dernier, le tout était présenté à huis clos.
Cette année, la WWE présentera SummerSlam devant plus de 40 000 fans, la plus grosse assistance de l’histoire du rendez-vous par excellence de l’été depuis 1992, alors que tout près de 80 000 étaient présents à Londres en Angleterre pour le match entre Bret Hart et Davey Boy Smith. Les spectateurs devront porter des masques, mais pour nous au Québec, c’est une image tout à fait normale.
Pourquoi il y a un manque d’intérêt?
Mais l’image la plus inquiétante pour moi est celle du flagrant manque d’intérêt des amateurs envers l’un des quatre plus importants spectacles de l’année à la WWE.
En fait, ce weekend, SummerSlam est probablement troisième en termes d’intérêt derrière le retour de CM Punk avec AEW et le NXT TakeOver 36, qui aura lieu exceptionnellement dimanche. Certains vont même aller jusqu’à dire qu’à Las Vegas, l’événement n’est pas le plus attendu malgré la foule.
En effet, tout de suite après SummerSlam, du côté de l’aréna T-Mobile, Manny Pacquiao va affronter le médaillé de bronze aux Jeux de 2008 et le champion super mi-moyen de la WBA, Yordenis Ugas. Le combat devait être initialement Pacquiao face à l’un des meilleurs boxeurs livre pour livre, Errol Spence Jr, mais ce dernier s’est blessé il y a quelques semaines. Néanmoins, le combat devrait être à guichets fermés et l’intérêt est tel que la WWE veut terminer son spectacle assez tôt pour que les gens puissent assister aux deux événements.
La question qu’il faut se poser est : «qu’est-ce qui peut créer un tel manque d’intérêt de la part des partisans?»
Une des raisons est le booking des dernières semaines. Les scénarios qu’on nous présente, autant à Raw qu’à SmackDown, sont redondants, manquent de sens et de direction et ne viennent pas chercher ni chez le fan fini, ni chez l’amateur occasionnel, ce sentiment qu’il se passe quelque chose d’important.
Du côté de Raw, le seul scénario qui fait réagir la foule positivement est le duo Randy Orton et Riddle. Je ne sais pas pourquoi la vipère a quitté les ondes pendant sept longues semaines, mais depuis son retour, les gens sont investis dans cette amitié entre le vétéran et le jeune, si bien que RK-Bro est l’un des actes les plus populaires en ce moment. Riddle est tellement bon dans son rôle de vieil adolescent triste de ne pas pouvoir être ami avec Orton, que lorsqu’Orton a finalement changé son fusil d’épaule lundi dernier, même moi et Kevin Raphaël on criait chacun dans nos maisons pour que la paire se fasse un câlin!
Une chance que John Cena est là
Du côté de SmackDown, tout tourne autour du retour de John Cena. Il est le seul en ce moment qui réussit à faire bouger l’aiguille comme on dit, le seul qui arrive à faire déplacer les foules. La vente de billets dans les différents événements a parfois doublé après que la WWE ait annoncé la présence de Cena. Le match avec Roman Reigns est le seul match vraiment dans lequel on sent un intérêt, et ce, même s’il serait surprenant que Cena remporte le combat, lui qui doit retourner faire carrière à Hollywood. De plus, l’objectif avec Roman est de le garder champion le plus longtemps possible, du moins jusqu’au Rock, Dwayne Johnson, à WrestleMania l’an prochain à Dallas. À tout le moins, c’est ce qui est prévu en ce moment.
Si on revient à Raw, on a un scénario similaire alors que Goldberg est venu défier Bobby Lashley. Bien que je ne déteste pas le concept ou minimalement, il pique ma curiosité, encore une fois, je ne m’attends pas à une victoire de l’aspirant. Le match ne sera pas non plus de la même qualité que celui entre Reigns et Cena. Avec Goldberg, si tu veux avoir du succès, tu dois garder ça court. Si on enlève le match contre l’Undertaker, match que l’Undertaker lui-même veut oublier de toute manière, la moyenne des matchs de Goldberg depuis son retour en 2016, est de 2 minutes 18 secondes.
Edge contre Seth Rollins est probablement le match qui a le plus de potentiel en termes de match de la soirée. Bien que je n’aie pas aimé la structure du scénario et comment on s’est rendu à SummerSlam, Rollins est un excellent travaillant dans l’arène et Edge, malgré ses 47 ans, est encore capable je crois de sortir une grosse performance.
Une division féminine amorphe depuis Mania
Toujours du côté de SmackDown, nous aurons droit au match revanche de WrestleMania, alors que Sasha Banks et Bianca Belair en viendront encore aux prises. Le retour précipité de Banks il y a trois semaines n’a pas permis aux auteurs de bien livrer le tout je trouve. De plus, le règne de Belair, un peu comme celui de Rhea Ripley d’ailleurs, n’a pas été des plus concluants.
Je croyais enfin, après WrestleMania en avril dernier, que la WWE avait trouvé des alternatives aux Four Horsewomen (Flair, Banks, Bayley et Lynch), mais il semble qu’il est très difficile de mettre quelqu’un d’autre à l’avant-plan de façon permanente.
Banks contre Belair a quand même plus de potentiel que le combat triple menace du côté de Raw entre Charlotte Flair, Rhea Ripley et la championne Nikki A.S.H. Trois lutteuses talentueuses qui pourraient, sur papier, livrer un gros combat. Le problème? C’est qu’on a vu les trois se battre l’une contre l’autre tellement souvent depuis un mois que ce match est comme celui de trop.
Dans tous les cas, le retour de Becky Lynch devant une aussi grosse foule, à la fin d’un des deux matchs, pourrait nous faire vibrer. Cependant, ça fait maintenant plusieurs fois qu’on anticipe son retour. Est-ce que cette fois-ci sera la bonne?
Les Uso contre les Mysterio est aussi, sur papier, un match qui pourrait être très bon. Mais la WWE met si peu l’accent sur la division par équipe que ce match n’aura pas la chance de se faire valoir. Surtout s’il est mis dans un avant-gala.
Trois autres combats font partie de cette carte de 10 et je vous laisse choisir celui pour qui vous avez le moins d’intérêt entre Alexa Bliss et Eva Marie (ma foi!), Sheamus qui défendra son titre des États-Unis face à Damian Priest (meh!) et Drew McIntyre qui va affronter Jinder Mahal dans une bataille des ex-3MB. Je ne peux pas croire que c’est le même McIntyre qui était champion il n’y a pas si longtemps.
Et pendant ce temps, les Québécois Kevin Owens et Sami Zayn sont sur le banc.
NXT TakeOver 36, une dernière bonne carte?
Du côté de NXT, nous allons peut-être assister à ce qui sera le dernier TakeOver tel que les amateurs les veulent, alors que la compagnie a décidé de changer la vocation de NXT et de ramener le tout à un territoire de développement, comme ce l’était en 2013 et 2014. En effet, John Laurinaitis prend de plus en plus de place, Paul Levesque (Triple H) est blâmé pour la défaite de la guerre face à AEW Dynamite et Vince McMahon a décidé que NXT ne serait plus l’option aux excellents matchs qu’on pouvait voir sur le circuit indépendant.
Deux matchs à NXT ont la possibilité d’être les meilleurs de la fin de semaine.
Tout d’abord, le champion NXT UK, Walter, va affronter Ilja Dragunov dans un match revanche de l’un des meilleurs matchs de l’année 2020. L’Autrichien est champion depuis 867 jours, soit après avoir battu Pete Dunne à Brooklyn en 2019. Je pense qu’en plus d’avoir un excellent match, une victoire de Dragunov est envisageable. Si l’événement était par exemple devant 15 000 spectateurs à Las Vegas, j’irais avec Walter, qui est le plus populaire des deux. Mais puisque le tout sera tourné au centre de performance de la WWE à Orlando, les fans locaux vont bien réagir à l’un ou l’autre des deux scénarios.
Parlant du centre de performance, c’est aussi la fin d’une époque alors que la WWE a annoncé qu’elle mettait fin à son association avec Full Sail University. C’est là que j’ai assisté à tous mes spectacles de NXT en personne et c’était vraiment une place exceptionnelle. Ça m’attriste de les voir quitter, mais ça va dans le même sens que la nouvelle vocation qu’on lui donne.
Un dernier pour Adam Cole bay-bay?
L’autre combat à retenir est celui entre Kyle O’Reilly et Adam Cole, un match deux de trois. La première chute sera disputée normalement, la seconde sera un combat de rue et la troisième, si nécessaire, sera dans une cage. Bon, je ne connais pas le scénario, mais je peux vous garantir qu’il y aura une cage!
Maintenant, l’autre chose importante à observer sera le gagnant, car celui-ci pourrait être indicateur du futur de Cole. Une victoire de Cole voudra dire qu’il va demeurer dans l’univers de la WWE. Une défaite voudra dire l’une de deux choses : il va quitter NXT pour aller à Raw ou SmackDown; il va quitter NXT pour aller rejoindre sa copine chez AEW. Son contrat vient à échéance après cette fin de semaine.
Ce sera aussi le retour dans l’arène de Samoa Joe, alors que ce dernier n’a pas lutté depuis février 2020. Il devrait vaincre le champion NXT Karrion Kross en principe, alors que celui-ci va demeurer à Raw. La foule devrait être endiablée pour ce match. LA Knight et Cameron Grimes, avec l’implication de Ted DiBiase, devraient être divertissants, tandis qu’un peu à l’instar de ses comparses à Raw et à SmackDown, la championne Raquel Gonzalez, n’a pas eu un règne à tout casser depuis le mois d’avril dernier. Toutefois, je serais surpris qu’on lui enlève le titre.
Un spectacle que j’ai bien hâte de voir. D’ailleurs, je vous reviens lundi matin avec mes impressions des deux événements.