Succession de François Legault: Christine Fréchette prend de vitesse ses adversaires
Geneviève Lajoie, Nicolas Lachance et Marc-André Gagnon
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Aux prises avec un déficit de notoriété, la ministre Christine Fréchette prend ses adversaires de vitesse dans la course à la succession de François Legault.
Si la superministre de l’Économie et de l’Énergie se dit encore «en réflexion» sur la possibilité de se lancer dans l’aventure, elle bénéficie déjà d’un premier supporter alors que son organisation prend tranquillement forme.
Son collègue responsable de la Cybersécurité et du Numérique, Gilles Bélanger, lui a déroulé le tapis rouge. Le Québec est mûr pour une première ministre et un leadership féminin, a-t-il plaidé, en entrevue avec notre Bureau parlementaire.
«Je pense que Christine est vraiment au centre. Pour assurer la pérennité de la troisième voie, il faut quelqu’un bien positionné entre souverainistes et fédéralistes, économique et nationaliste. Quelqu’un à la croisée de plusieurs allégeances, et elle incarne cette carte-là», a-t-il insisté.
Plus encore, la ministre a le profil de l’emploi. «Une main de fer dans un gant de velours, avec un cœur», a illustré Gilles Bélanger, se positionnant ainsi comme un incontournable, si le vent tourne pour Fréchette.
Le ministre Mathieu Lacombe a aussi lancé des fleurs à sa collègue de l’Économie, sans l’appuyer formellement.
La députée de Sanguinet bénéficie également de la confiance de François Legault, ce qui pourrait peser lourd dans la balance.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Une brochette de ministres intéressés
Mais les intéressés au trône caquiste, qui vient avec le poste de premier ministre, sont légion.
En plus de Geneviève Guilbault, Sonia LeBel, Simon Jolin-Barrette et Bernard Drainville, qui soupèsent actuellement leurs appuis, les ministres François Bonnardel, Ian Lafrenière, Christopher Skeete, Jean-François Simard et Eric Girard ont déjà manifesté leur intérêt de succéder à Legault. Une posture stratégique pour plusieurs, sachant qu’un candidat à la chefferie peut difficilement être écarté du Conseil des ministres sous la nouvelle administration.
Le ministre des Finances a toutefois rappelé que les règles de la course seront décisives. Par exemple, être candidat à la direction signifie de renoncer à son poste de ministre le temps de la campagne au leadership.
«Oui, je suis intéressé, mais je pense qu’il est trop tôt pour dire si je vais plonger ou non», a précisé Eric Girard, qui doit présenter un budget d’ici le printemps.
Olivier Primeau annoncera ses couleurs
Et les prétendants potentiels ne viennent pas que de l’interne. L’influenceur Olivier Primeau prend lui aussi la température de l’eau. Il a même contacté la directrice générale de la CAQ pour en savoir plus sur le déroulement de la future campagne.
L’entrepreneur n’a jamais caché son souhait de se lancer en politique un jour. Il devrait annoncer le fruit de sa réflexion vendredi, selon nos informations.
• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Nombre d’élus caquistes ont été sollicités par de potentiels aspirants-chefs depuis que François Legault a jeté l’éponge.
Mais pour plusieurs d’entre eux, qui représentent la troisième voie entre la souveraineté péquiste et le fédéralisme libéral, le prochain leader devra inévitablement réussir à rallier les «rouges» et les «bleus» de la CAQ, à concilier nationalisme et économie.
Pour y arriver, certains verraient même se dessiner une union entre deux candidats provenant de l’aile plus nationaliste et de l’aile plus «économique»!
Ce qu’ils ont dit
«Je voulais vous informer que j’entame de mon côté un processus de réflexion [...] Je vous donnerai le fruit de ces réflexions au cours des prochains jours» – Christine Fréchette, ministre de l’Économie et de l’Énergie
«Est-ce qu’on veut une course à plusieurs candidats? Est-ce qu’on veut une course à quelques personnes? C’est vraiment la réflexion qu’on doit se faire présentement» – Ian Lafrenière, ministre de la Sécurité publique
«Pour ce qui est de prendre une décision pour la suite des choses, je redis que je ne suis pas là présentement» – Bernard Drainville, ministre de l’Environnement
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