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Subitement, tout rattrape le Canadien

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie
2026-05-26T22:17:08Z

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Il faut écouter le point de presse de Martin St-Louis après la défaite de lundi face aux Hurricanes. 

Ce n’est rien de scientifique, mais j’ai revu le coach frais et dispo qui maintenait le mur en place devant les médias à ses premiers pas derrière le banc du Canadien ; l’homme charismatique qui, à grands coups de formules, nous permettait de croire en une suite meilleure. Cela a fait passer le temps en attente de jours meilleurs, que nous vivons.

Le Canadien nous offre un printemps extraordinaire. On a jusqu’ici eu droit à 17 matchs éliminatoires, la plupart hyperexcitants. Le dossier de l’équipe (9-8) est un autre élément positif. Montréal est sorti gagnant de la section Atlantique, la plus relevée de toute la Ligue nationale.

St-Louis, que tous ont vu arriver des rangs peewee en se questionnant sur comment il allait relever ce défi important dans la marmite de Montréal, peut être élu maire par acclamation demain matin.

Mais je l’ai réécouté après le revers et je me suis demandé s’il a acquis la défaite ? Ce gars plus brillant que la moyenne des plus brillants du monde du hockey, ce gars transparent qui nous livre des vérités claires et limpides, a-t-il compris que son groupe de louveteaux en phase de devenir une meute de loups est au bout de ses ressources ?

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Je ne dis pas que c’est le cas, mais j’ai vraiment eu cette impression. On dirait que tout rattrape le Tricolore subitement.

Jake Evans au centre d’un deuxième trio, l’inertie de la première unité à égalité numérique, aucun effet du gars de plus de 100 points en saison qu’est Nick Suzuki et du gars de plus de 50 buts qu’est Cole Caufield. Le nombre trop élevé de minutes doit être attribué à ce qui devrait être un quatrième trio, celui de Danault, Anderson et Texier.

La magie Alex Newhook n’opère plus, Ivan Demidov ne peut exploiter son talent, faute de soutien adéquat. Zachary Bolduc se meurt d’en donner plus, mais étouffe avec Joe Veleno ou Oliver Kapanen et un Kirby Dach de saison qui montre toutes ses carences en compréhension du jeu à mesure que le printemps progresse.

Est-ce la fin ?

Avant la série, on a déployé de louables efforts pour légitimer le Canadien dans ce carré d’as. Ailleurs sur la planète hockey, ils disaient en chœur que Montréal était l’intrus des finales d’association. Force est d’admettre qu’on y a peut-être trop cru, ce qui n’est pas un défaut. J’ai l’impression que la belle épopée tire à sa fin, faute de ressources adéquates.

St-Louis a emmené ce groupe au-delà du bout de lui-même, mais le coach semble à court de solutions ; peu d’ajustements, pas de stratégies pour défaire les nœuds défensifs étouffants des Hurricanes.

Ayant emprunté une page des Panthers de la Floride dans leurs succès, Rod Brind’Amour et ses vétérans ont beaucoup perdu pour mieux apprendre à gagner. On dirait que c’est exactement ce que les Glorieux sont en train de subitement faire dans ce troisième tour.

Montréal a dominé une période, celle de la rouille. Il s’en est joué un peu moins de neuf depuis, prolongations incluses, toutes en faveur de la Caroline.

Est-ce que je rends les armes ? Pas du tout, mais je relance la question vers St-Louis et ses joueurs : « Avez-vous rendu les armes ? »

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