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Struble est légitime et solide

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-01-17T23:26:26Z

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Il y a de ces phénomènes particuliers avec les joueurs de hockey, des faits qui nous crèvent les yeux et qui sont aussi difficilement explicables.

L’histoire est remplie de cas de joueurs hyper talentueux qui cassaient tout dans la Ligue américaine et qui jamais ne sont parvenus, malgré de multiples tentatives, à s’imposer au niveau de la Ligue nationale.

Bruce Boudreau est l’un des plus célèbres. Celui que l’on connaît surtout pour ces 16 saisons passées derrière un banc comme entraineur-chef dans la Ligue nationale a été un joueur actif durant 17 saisons chez les professionnels.

Il a bourlingué sur plus de 1250 matchs, mais seulement 141 dans la grosse ligue.

En 77-78, il a disputé 40 matchs avec les Leafs de Toronto, son plus haut total en une même saison dans la LNH. Il a amassé 40 points, dont 11 buts. Des chiffres somme toute corrects, sans plus.

Photo d'archives, Martin Chevalier
Photo d'archives, Martin Chevalier

Pourtant, dans les rangs mineurs, Boudreau a cumulé des saisons de 35 buts ou mieux à neuf reprises, six des neuf fois 40 buts ou mieux, dont une fois 45 et une autre fois 50 buts...

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Boudreau demeure à ce jour une énigme. Un joueur dominant et ultra productif en bas qui devenait un joueur très ordinaire en haut.

Boudreau est un cas, il y en a plusieurs autres.

Le cas Struble

Le point, ce soir, me ramène au CH et à Jayden Struble. L’Américain appartient à cette catégorie de joueur, mais dans son cas, c’est pour des motifs opposés à ceux de Boudreau à l’époque...

Struble a été repéré par les recruteurs du CH alors que ceux-ci épiaient Jordan Harris qu’ils ont réclamé au troisième tour en 2018.

Ils l’ont suivi en 2019 et ont convenu de le réclamer lui aussi, mais au deuxième tour de l’encan amateur.

Pourtant, plusieurs observateurs, dont moi, regardions les matchs de Struble à l’Université Northeastern et nous nous disions qu’il était un défenseur de grand format, robuste, mais qu’il n’avait pas beaucoup d’autres outils dans son coffre.

Je suis de ceux qui affirmaient que sans Harris, il ne serait pas grand-chose... 

Struble m’a fait mentir, mais pas éhontément, l’an dernier à sa dernière campagne à Northeastern, alors qu’il a connu une solide saison sans Harris à ses côtés pour tout réparer.

Est-ce que ça faisait de lui un candidat à un poste régulier dans la Ligue nationale ? Loin de là à l’époque, selon moi. Même que je me disais qu’il lui serait impossible de déloger les jeunes talents du pipeline du CH pour demeurer avec le club.

Struble me donnait pas mal raison à Laval en début de campagne, assez pour que je m’étonne de le voir rappelé par le Canadien tard en novembre.

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Sauf qu’avec le grand club, il s’est magistralement imposé. Sa «game» s’est ajustée pour le mieux basé sur un principe : son intelligence au jeu. On a dit à Struble de garder les choses simples et de prendre son temps.

Ses débuts ont été modestes en temps d’utilisation et en séquences excitantes sur la glace, mais un éléphant se mange une bouchée à la fois.

Struble l’a compris. Il a gardé les choses simples jusqu’à ce qu’il se sente à l’aise de gérer un capital de risque plus élevé. Il n’a pas essayé de trop en faire et ça a beaucoup plu à Martin St-Louis, Stéphane Robidas et l’état-major...

Évidemment, Struble était en totale confiance. Il connaît Kent Hughes depuis plus de 10 ans et ce dernier l’a même coaché. Il est un des bons amis d’un des fils du DG du Canadien. Ça aide à se dire «je n’ai pas besoin de rien prouver, juste de bien faire»...

Tous n’ont pas cette chance et même en l’ayant, tous n’ont pas la même capacité intellectuelle que Struble pour comprendre cette chance et capitaliser sur celle-ci.

Struble a donc, après moins de deux mois et 25 matchs dans la Ligue nationale, les allures d’un actif fiable et indélogeable. Il rend de précieux services au CH qui n’a aucune envie de le retourner dans la Ligue américaine ou même de l’impliquer dans une rotation de défenseurs entre la glace et la passerelle à Montréal.

En clair il a eu le «break», il l’a pris. Il l’a pris par ses qualités, il n’a donc rien volé.

Struble est légitime et solide. Il est de ceux qui correspondent parfaitement au profil de joueur que recherchent Kent Hughes et Jeff Gorton pour faire du Canadien une puissance en devenir de la Ligue nationale et il faut de plus en plus croire que ça peut marcher!

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