Steven Guilbeault claquera la porte du Parti libéral du Canada mercredi

Raphaël Pirro
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OTTAWA | C’est décidé : Steven Guilbeault, profondément déçu par le virage du gouvernement de Mark Carney sur l’enjeu de l’environnement, mettra fin à sa carrière politique dès demain, confirme une source libérale au Journal.
Une seconde source nous informe que l’ancien ministre de l’Environnement annoncera sa décision lors d’un discours à la Chambre des communes en fin d’après-midi mercredi.
Ces deux personnes ont accepté de nous parler à condition que leur identité ne soit pas révélée.
Après une carrière au sein du mouvement écologiste, Steven Guilbeault a été nommé ministre de l’Environnement et du Changement climatique sous Justin Trudeau au tournant des années 2020.
Il a claqué la porte du ministère de la Culture et de l’Identité canadiennes en novembre dernier pour manifester son opposition au protocole d’entente entre l’Alberta et Ottawa sur la construction d’un nouveau pipeline.
Un tête-à-tête émotif
En début d’après-midi, pendant près d’une demi-heure, Steven Guilbeault a discuté avec la cheffe du Parti vert du Canada, Elizabeth May, dans un couloir de l’ouest du parlement, peu avant la période des questions.
« J’espère que vous allez rester [I hope you’re staying] », a dit Mme May à l’ancien ministre pendant leur conversation.
Une fois leur tête-à-tête terminé, Steven Guilbeault n’a pas voulu confirmer la rumeur qui circulait sur la colline depuis ce matin.
« C’est une amie de longue date », a-t-il dit à TVA en se défilant, l’air ébranlé et émotif.
De son côté, Elizabeth May a indiqué au Journal que M. Guilbeault et elle avaient discuté de son départ imminent.
« Ce n’est pas quelque chose de nouveau... mais c’est à lui de faire [part de] sa décision », a-t-elle dit à propos de celui qu’elle a croisé pour la première fois en 1992.
Mme May dit avoir tenté de convaincre le député de Laurier–Sainte-Marie, un « ami de très longue date », que sa présence au Parlement était « essentielle ».
« Ce n’est pas moi [qui] exige quelque chose, c’est à lui [de décider]. »

La cheffe du Parti vert déplore le départ d’autres personnes perçues comme des alliés de la cause environnementale, comme le libéral de l’Ontario Nathaniel Erskine-Smith ou encore l’ancien néo-démocrate du Québec devenu solidaire, Alexandre Boulerice.
« On a besoin le plus possible de députés pro-environnement. Je lui ai dit “nous avons besoin de toi” parce qu’il y en a beaucoup [de libéraux] qui restent silencieux », a poursuivi Elizabeth May.
La nouvelle n’a pas surpris l’équipe d’Équiterre, organisation que Steven Guilbeault a cofondée avec d’autres écologistes en 1993.
« Comme le disait le premier ministre Carney à Davos, si on n’est pas à la table, on est au menu. Steven Guilbeault semble avoir fait le constat que l’environnement n’est pas à la table du cabinet ministériel ou du caucus libéral. Les politiques du gouvernement fédéral ne pouvaient donc que mener à cette conclusion logique », a déclaré Marc-André Viau, directeur des relations gouvernementales chez Équiterre.
– Avec la collaboration d’Olivier Ferron-Boissé, TVA Nouvelles
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