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Steven Guilbeault les yeux dans l’eau à «Tout le monde en parle» après une question de Jean-Sébastien Girard

Photo Tout le monde en parle

Caroline G. Murphy (Le Sac de Chips)

2025-12-01T02:40:17Z

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Steven Guilbeault, qui a claqué la porte du cabinet de Mark Carney «avec une grande tristesse», était à Tout le monde en parle dimanche soir pour revenir sur une «semaine difficile». À un moment durant son entrevue, il a été saisi par l’émotion.

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Celui qui a quitté son poste de ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et lieutenant du Québec en raison de différends importants sur les politiques environnementales de son parti a d’ailleurs commencé l’entrevue en demandant quelque chose «d’un peu plus fort» que de l’eau.

«Ç’a été une semaine difficile. C’est un privilège d’être ministre dans un gouvernement du G7 comme le Canada. [...] Mais à moment donné, faut que tu sois capable de te regarder dans le miroir. Est-ce que j’aurais été capable de défendre cette décision-là? Non.»

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Guilbeault faisait référence au protocole d’entente entre Ottawa et l’Alberta sur la construction d’un nouveau pipeline pour exporter du pétrole et du gaz vers l’Asie.

«Dans un pays de 40 millions d’habitants, tu ne gagnes pas toutes ces batailles, c’est normal. Mais c’était la goutte de trop», a ajouté Guilbeault.

Il rappelle qu'il reste député du Parti libéral du Canada et insiste: il voterait toujours pour Mark Carney. «Je ne viens pas faire un Vincent Marissal ce soir. J’ai un désaccord avec le premier ministre sur une question, [mais je reste au PLC]».

Émotif sur le plateau

Jean-Sébastien Girard, qui occupait dimanche le siège du fou du roi, a rappelé à l'invité qu'il était très aimé comme ministre de la Culture et a poursuivi en lui demandant s’il avait l’impression d’abandonner la culture en même temps que son rôle de ministre.

Guilbeault, qui semblait émotif, est resté silencieux quelques instants.

Quand il a finalement pris la parole, il avait les yeux dans l’eau et le trémolo dans la voix.

«Il y a tellement de choses... que j'aurais voulu faire avec eux autres encore. Mais le sacrifice de faire ça... le prix était trop élevé. Comme député libéral, je vais continuer d’être là. [...] On peut quand même avoir une influence sur les politiques publiques. Mais c'est sûr que tu as un peu ce sentiment, oui, d’abandonner des gens...», a reconnu l’homme de 55 ans.

Un peu plus tard dans l’entrevue, il a ajouté: «Comme député j’ai un peu plus de liberté, je n’ai pas à respecter la solidarité ministérielle. Je peux être ici ce soir et dire je ne suis pas d’accord avec une décision. [...] Je ne démissionne pas de l’environnement, et je ne démissionne pas de la culture non plus. Vous avez raison, on a l'impression d'abandonner des gens. Je pense que comme député, je vais quand même avoir une voix et je vais essayer de pousser dans le dos de mon gouvernement pour l’emmener dans la bonne direction.»

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