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Steven Butler: un homme soulagé et fier

Photo portrait de Réjean Tremblay

Réjean Tremblay

2022-03-05T10:00:00Z

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Ce sont deux mots qui revenaient tout le temps dans les réponses de Steven Butler. Soulagement et fierté. 

On oublie parfois que 26 ans, c’est encore bien jeune. Quand Socrate a dit que le but d’une vie était de se connaître soi-même (gnothi seauton), il n’a jamais précisé l’âge auquel on y parvient.

Steven Butler est encore tout jeune et pourtant, il a déjà une couple de vies derrière lui. Onze ans quand il est entré dans le gym Champion de Georges Cherry pour découvrir la boxe. Onze ans quand Rénald Boisvert, qui venait de lâcher son bureau d’avocats avec les frères Poupart, a décidé de le prendre près de lui. D’être un deuxième père.

Tout juste 18 ans quand il est devenu « Bang Bang » Butler et qu’il a entrepris de gravir les échelons de la boxe.

Vingt-quatre ans quand il s’est rendu affronter Ryota Murata à Tokyo pour un titre mondial. Presque 25 ans quand il a décidé de tourner le dos à Boisvert pour Mike Muffat et Jean-François Bergeron. Vingt-cinq ans quand le deuxième bébé est arrivé. 

Et le voilà à 26 ans de retour avec Rénald Boisvert dans son coin et vainqueur d’Hector Manuel Zepeda, un coriace Mexicain de Tijuana qu’il a abattu en trois rounds.

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LE RETOUR À L’INSTINCT

Tout le monde a essayé de « raisonner » la boxe de Butler. À force de lui faire prendre conscience de ses lacunes défensives, on l’a coupé de son instinct profond. Celui d’un p’tit gars de la rue qui doit faire sortir la rage contenue en lui. 

Après une profonde dépression provoquée par sa défaite au Mexique par knock-out contre Joe Macias, il est revenu vers son deuxième père, Rénald Boisvert, et a demandé à son paternel Clint Butler de l’accompagner. C’est un pari risqué. Personne n’ose se prononcer sur cette situation à moyen terme. Mais jeudi soir au Casino, c’était la bonne combinaison. 

Si vous n’avez pas suivi le combat à Punching Grace, j’espère que vous pourrez le revoir à TVA Sports à un moment donné. Sauvagerie dans le premier round, discipline acquise dans le deuxième et fin du travail dans le troisième.

Butler avait raison d’être fier de lui. En plus, il venait de lancer un message à son promoteur Camille Estephan. Le cri du cœur était évident. « Merci d’avoir continué à me supporter et d’avoir investi autant d’argent en moi. Je vais remonter au sommet. » Ce n’était pas dans ces mots, mais c’était le sens. Incontournable.

D’ailleurs, Camille Estephan était rassuré et satisfait du combat livré par son « Bang Bang » : « Ils ont su lui faire retrouver sa vraie nature de boxeur », a-t-il dit en marchant avec son énorme toutou de 250 livres. 

BAZINYAN : UN TITRE, ÇA PRESSE

Erik Bazinyan a dû se lever avec un œil au beurre noir hier matin. Son adversaire, Reinaldo Paniagua l’a atteint solidement au troisième round, mais le solide Québécois-Arménien a résisté et est revenu à la charge round après round dans une splendide démonstration de puissance, de technique et de vitesse. Bazinyan a le coffre d’outils au complet. Jeudi soir, c’est un cours universitaire de boxe qu’il a offert.

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Mais le temps presse. Bazinyan est marié et père. Dans sa tête, c’est clair et net. À 30 ans, faut qu’il soit champion du monde et que les millions aient commencé à tomber dans sa besace. Il aura 27 ans le 21 mai et il n’a pas l’intention de continuer des années s’il n’est pas installé dans un top-5 mondial avec de grands et lucratifs combats à la clé.

Pour l’instant, il fait partie du trio de choc d’Eye of The Tiger Management avec Arslanbek Makhmudov et Christian MBilli. Ce sont les trois, David Lemieux ayant déjà un combat pour le titre dans sa mire, que Camille Estephan entend pousser à court terme jusqu’à des combats pour un titre mondial. 

Makhmudov a été réinstallé dans les classements. Christian MBilli va se battre à 16 heures au Casino le 26 mars pour mieux tâter le marché français avec le décalage horaire en soirée. 

Et Bazinyan va avoir de la grosse action dans les prochains mois.

Parlant d’action, Simon Kean était sur la Duval à Key West ces derniers jours. Il sera à Rosemary Square à West Palm Beach aujourd’hui et de retour dans le gym dans une dizaine de jours.

La vie des gens riches et célèbres. 

Échanger Ben Chiarot ?  

F.-X. Bénard a 24 ans. Recherchiste et journaliste au 91,9. La nouvelle génération. Il n’a jamais vu le Canadien gagner le dernier match d’une saison. Il n’était pas né quand le CH a gagné sa dernière Coupe.

Lui, y veut la Coupe. Et sa seule façon, c’est de tout vendre, de tout échanger et de ramasser des choix au repêchage pour le grand jour. 

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Hier matin, comme à chaque matin ou presque que le nouveau Canadien joue, je lui ai demandé : « Pis F.-X. ? Chiarot ? Tu fais quoi ? »

La réponse est venue avant que Big Ben Roger n’ait même le temps d’ouvrir le Comrex : « Sa valeur monte, on l’échange encore plus ».

Parfait. Chiarot doit donc partir. Ça ne vaudrait même pas la peine de lui offrir un contrat pour le retenir à Montréal. 

Tant qu’à ça, dehors Jonathan Drouin et Josh Anderson. Et tous les autres qui ont une valeur sur le marché. 

Heureusement, reste Gilbert Delorme. Gilbert a joué dans toutes les ligues et toutes les équipes de la Ligue nationale. Il a été coach dans trois ou quatre ligues, il est resté beau et mince, et surtout, il a un sens aigu des hommes et de leur courage. 

Pour Gilbert, un vétéran comme Chiarot n’a pas de prix pour le Canadien. C’est en plein le genre d’homme et de vétéran dont tu as besoin pour rebâtir l’équipe.

F.-X. a tort. Le beau Gilbert a raison.

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