Stephen Miller: le proche conseiller de Trump qui planifie une déportation de masse d'immigrants


Gabriel Ouimet
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Déportation de masse, fermeture des frontières, construction de camps de détention, descentes policières aléatoires: ce sont certaines des idées radicales de Stephen Miller, l’architecte des politiques anti-immigration les plus controversées que Donald Trump met de l’avant depuis le début de la campagne.
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Stephen Miller a mis sur pied et défendu les éléments les plus critiqués du programme de Donald Trump lors de son premier mandat. C’est notamment lui qui a eu l’idée de séparer les familles de migrants entrées illégalement aux États-Unis dans le cadre d’une politique de «tolérance zéro» en matière d’immigration.
L’homme de 38 ans, qui a plusieurs fois décrit les migrants comme de «dangereux criminels», devrait à nouveau être chargé des politiques migratoires du candidat républicain s’il remporte l’élection présidentielle du 5 novembre, avancent plusieurs experts.
Voici cinq choses à savoir sur celui qui est décrit comme l’un des conseillers les plus radicaux de Donald Trump.
1- Il aurait voulu bombarder des bateaux de migrants
Lors d’une conversation en 2018, Stephen Miller aurait proposé à Paul Zukunft, un général aujourd’hui à la retraite, de se servir des drones de l’armée américaine pour bombarder des bateaux de migrants qui se dirigeaient vers les États-Unis.
C’est du moins ce qu’affirme Miles Taylor, un ancien membre du département de la Sécurité intérieure lors du mandat seul de Donald Trump.
«Miller a plaidé en faveur d'un potentiel massacre de civils en suggérant qu'ils n'étaient pas protégés par la Constitution américaine parce qu'ils se trouvaient dans les eaux internationales», a raconté Taylor au magazine Rolling Stones en 2023.
Lorsque le général aurait souligné à Miller que c’était contre le droit international, ce dernier aurait rappelé que «les États-Unis lancent constamment des frappes aériennes sur des terroristes dans des zones contestées ou exercent des représailles contre des pirates qui réquisitionnent des navires au large des côtes somaliennes».
«Stephen n'était pas intéressé par le conflit moral lié au bombardement de migrants par des drones. Il voulait savoir si quelqu'un pouvait empêcher les États-Unis de le faire», a écrit Miles Taylor dans un livre publié en 2023.
Stephen Miller a toujours nié ces accusations.
2- Il veut s’attaquer au «racisme antiblanc»
Stephen Miller envisage de modifier l’interprétation des lois en matière de discrimination envers les personnes de couleurs pour que le gouvernement se concentre sur le «racisme antiblanc».
Il voudrait « éliminer» ou «modifier» les programmes destinés à lutter contre le racisme à l'encontre des groupes non blancs ou éliminer les politiques jugées favorables à ces groupes.
En 2021, un procès intenté par America First Legal, le groupe fondé par Miller pour« combattre la gauche radicale», a bloqué la mise en œuvre d'un programme de 29 milliards de dollars qui visait à aider en priorité les restaurants appartenant à des femmes, à des vétérans et à des personnes issues de groupes socialement et économiquement défavorisés.
3- Il veut mener des descentes policières aléatoires dans des lieux publics fréquentés par les sans-papiers
Stephen Miller est l’un des cerveaux derrière le plan de Donald Trump de procéder à la plus grande déportation de masse des États-Unis. Il a déclaré au New York Times qu'une nouvelle administration républicaine arrêterait de mener des frappes ciblées sur des personnes suspectées d’être entrées illégalement au pays.
Pour rendre le processus de recherche et d'expulsion des immigrants sans papier «radicalement plus rapide et plus efficace», les républicains procéderaient plutôt à des descentes policières aléatoires dans certains espaces publics.
4- Il veut construire des camps pour les migrants en attente de déportation
Pour détenir les millions de migrants illégaux interpellés dans le cadre de son projet de déportation, Stephen Miller a indiqué que les républicains prévoient de construire «de vastes centres de détention qui serviraient de centres de transit» pour les immigrants qui attendent d’être expulsés vers d'autres pays.
Ces camps seraient construits sur des terrains vagues au Texas, près de la frontière avec le Mexique.
5- Il voulait se servir de l’armée pour contrôler la frontière
Au printemps 2020, Stephen Miller a proposé de déployer 250 000 soldats à la frontière sud du pays afin de repousser les caravanes de migrants qui étaient en route vers les États-Unis depuis divers pays d’Amérique latine.
Dans une entrevue accordée à CBS en 2022, l’ancien secrétaire de la Défense, Mark Esper, a dit qu’il avait refusé de le faire. Il a qualifié l’idée de « ridicule» puisqu’elle nécessitait le déploiement du quart des troupes américaines en service à l’époque.