Statu quo au départ groupé pour Maltais et Blondin

Richard Boutin
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CALGARY - Le Canada n’a pas l’intention jusqu’à nouvel ordre de modifier sa stratégie de course dans l’épreuve du départ groupé.
Après sa disqualification, dimanche dernier, pour avoir changé sa trajectoire lors de la dernière épreuve de la première Coupe du monde de Calgary, Ivanie Blondin avait décrié la décision des officiels, la qualifiant de stupide, mais aussi mis en lumière le travail d’équipe des Néerlandaises contrairement au Canada où chaque fille fait sa propre course.
À la lumière des propos de la patineuse franco-ontarienne qui souhaitait que le Canada opte pour une stratégie similaire à celle de leurs adversaires, les entraîneurs de l’équipe nationale et le directeur de la haute performance Mark Wild ont discuté de la situation au cours des derniers jours et décidé de poursuivre dans la même veine.
«Nous avons géré la situation à l’interne entre les entraîneurs et le directeur de la haute performance (Mark Wild) et notre position de permettre à chaque fille de s’épanouir et de maximiser son potentiel demeure la même, a raconté l’entraîneur-chef du Centre national d’entraînement de l’Est du Canada, Gregor Jelonek. Ivanie et Valérie (Maltais) ont toutes les deux le potentiel pour remporter un podium en Coupe du monde en départ groupé.»
«Elles ont la liberté de mener la meilleure course possible dans le respect de l’autre, de poursuivre Jelonek. Si une des deux filles part en échappée, l’autre ne doit pas lui nuire en ramenant le peloton, mais il n’y a pas de stratégie pour favoriser et faire gagner une des patineuses.»
Contexte différent
Jelonek souligne que le contexte est fort différent cette année. L’an dernier et au cours des années précédentes, Maltais a fait le travail d’équipière pour aider Blondin qui est l’une des meilleures au monde au départ groupé.
De son côté, Maltais effectuait la transition entre la courte piste et la longue piste qu’elle a adoptée en 2018 après les Jeux de Pyeongchang.
«Dans une année postolympique, on veut laisser aux deux patineuses l’opportunité de se découvrir, a-t-il expliqué. Dans une année olympique comme l’an dernier, l’important est de gagner des médailles.»
Le vétéran entraîneur estime que la stratégie actuelle a rapporté des dividendes depuis le début de la saison.
«Ivanie a gagné des médailles lors des deux premières présentations de la Coupe du monde et a terminé en troisième place à Calgary avant d’être disqualifiée, une décision qui n’a rien à voir avec la stratégie de course, a-t-il indiqué. La politique serait à revoir si le Canada n’avait aucun podium en trois courses, mais ce n’est pas le cas. Ivanie était fâchée en raison de sa disqualification et elle n’aurait peut-être pas parlé si elle avait remporté une médaille.»
Maltais a préféré ne pas réagir aux déclarations de sa coéquipière, jeudi après l’entraînement, mais elle a été touchée confirme son entraîneur. «C’est normal que Valérie ait été affectée, a précisé Jelonek. Valérie est une fille sensible qui a à cœur que tout le monde s’entende.»
Maltais espère que la chimie ne sera pas affectée dans la poursuite par équipe où le Canada a remporté l’or olympique à Pékin.
«J’ose croire que non, a-t-elle indiqué. Il faut être capable de faire la part des choses. Pour le départ groupé de dimanche, je vais courir de la même façon.»
«Je sais que je peux mieux faire, de poursuivre la patineuse native de La Baie. J’ai ressenti de la fatigue au départ groupé et je me sens plus reposée. Je me suis adaptée à l’altitude. La première Coupe du monde de Calgary n’a pas été une mauvaise fin de semaine, mais pas la meilleure non plus.»
Record personnel dans la mire
Maltais entrera en scène dès vendredi alors que sera disputé le seul 5000 m de la saison avec l’objectif d’amasser des points pour le classement général longues distances.
«On disait en blague que j’allais viser le record personnel de Cédrick [Brunet] au 5000 m, qui est de 6 min 58 s, mais c’est devenu un bon objectif. Mon record personnel est de 7 min 01 s.»