«Starmania»: un spectacle grandiose
Starmania épate en tout point, notamment grâce aux voix québécoises

Bruno Lapointe
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PARIS | Plus de 40 ans après sa création, Starmania renaît aujourd’hui dans sa forme la plus éclatée grâce au metteur en scène français Thomas Jolly. Un spectacle grandiose, éblouissant et porté par des voix stellaires, mais surtout digne du génie de Luc Plamondon et Michel Berger.
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Les titres de Starmania sont gravés dans notre ADN collectif tellement les Ce soir on danse à Naziland, Le Blues du businessman, Un garçon pas comme les autres ou encore Le monde est stone ont résonné – et continuent de le faire – de Montréal à Paris depuis plus de 40 ans.

Pourtant, quand elles réintègrent leur contexte originel – ici, l’intrigue du spectacle –, elles recouvrent l’entièreté de leur charge émotive. Cette fois-ci porteuses du [tragique] destin des habitants de Monopolis, elles frappent en plein cœur avec une force décuplée, comme a pu le constater Le Journal à la première médiatique de mardi soir, à la Seine musicale de France.
- Écoutez le segment culturel d’Anaïs Guertin-Lacroix diffusé chaque jour en direct 6 h 35 sur QUB radio :
Paillettes et compagnie
Durant trois heures, le metteur en scène Thomas Jolly nous accueille dans un monde bardé de paillettes, de strass et d’étincelles, dont on ne reviendra certainement pas indemne, bouleversé par la grandeur de l’œuvre de Luc Plamondon. C’est ultra léché, c’est pétaradant à souhait et c’est d’une divine grandiloquence.

Les excès visuels sont-ils toutefois entièrement nécessaires ? Non. Par exemple, les éclairages nerveux, psychédéliques et aveuglants utilisés à outrance gagneraient à être domptés ou, à tout le moins, mieux dosés.

On plonge tout de même volontiers dans sa folie pour y rejoindre Marie-Jeanne, Ziggy, Sadia, Stella Spotlight, Cristal, Zéro Janvier et Johnny Rockfort à Monopolis, capitale du seul et unique pays qu’est devenu l’Occident. Ils dansent, courent et vivent les uns contre les autres – comme le veut la célèbre ritournelle – en dépit du spectre du totalitarisme et du terrorisme qui les guette insidieusement.
Et chemin faisant, ils se volent la vedette à tour de rôle au fil de numéros musicaux de haute voltige, invariablement sublimes. Car c’est ça, Starmania : une enfilade ininterrompue – hormis pour l’entracte – de succès monstres qui refusent de plier sous le poids des années.
Voix impeccables
Certes, certains noms se distin-guent, leurs voix s’élevant au--dessus de la mêlée. Le premier ? David Latulippe, artiste québécois au talent inouï prêtant ici ses traits à Zéro Janvier. Son Blues du businessman s’impose instantanément comme une des pierres angulaires de la soirée, interprété seul sur scène au centre d’un fabuleux ballet de faisceaux lumineux. Juste, touchant, puissant et parfaitement maîtrisé, son tour de chant relève de la classe de maître vocale.

Autre artiste québécoise au sein de la distribution principale de ce nouveau Starmania, Miriam Baghdassarian épate elle aussi dans la peau d’une Sadia frondeuse et aguerrie, aux acrobaties vocales presque surhumaines. Visiblement, le talent québécois est utilisé à bon escient et risque fort bien d’impressionner nos cousins français.
Du côté des talents locaux, on s’en voudrait de passer sous silence l’excel-lente Magali Goblet (alias Stella Spotlight) dont l’énergie brute rappelle autant celle d’une jeune Diane Dufresne que de la grande Mylène Farmer. Même chose pour Alex Montembault, qui insuffle une nouvelle identité à Marie-Jeanne en s’appropriant le personnage à bras le corps. Deux noms qu’on retiendra assurément.

Bref, la réussite est totale. Et avec des rumeurs de plus en plus persistantes d’un passage dans la Belle Province l’an prochain, il y a fort à parier que cette nouvelle mouture de Starmania n’a pas fini de nous faire voir des étoiles.
- L’opéra rock Starmania est présenté à Paris jusqu’au 29 janvier.