St-Louis va devoir trouver des solutions

Jean-Charles Lajoie
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Après un voyage qui semblait prometteur, le Canadien revient à Montréal avec deux revers consécutifs et une fiche de 3-6-1 à ses dix derniers matchs. Le Tricolore affiche désormais le deuxième pire rendement défensif de la conférence Est. Et surtout, il vient de recevoir deux cliniques de hockey bien différentes.
La première, moins gênante, est venue de l’Avalanche du Colorado, une équipe qui fait passer ses adversaires pour des clubs de la Ligue américaine cette saison. Une démonstration pour toute l’organisation : comment bâtir une grande équipe.
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Patience avec les blessés, encadrement de premier ordre, repêchage intelligent, développement rigoureux, gestion des vedettes... et ne pas hésiter à payer le prix via des transactions. L’échange de Mikko Rantanen en est la preuve: Chris MacFarland, DG de l’Avalanche, a obtenu Jack Drury, Martin Necas, un choix de 2e tour et un autre de 4e tour. Le deuxième choix a servi à acquérir Charlie Coyle, ajoutant une profondeur précieuse.
Necas, artiste de la possession de rondelle, domine Rantanen aux statistiques avancées, malgré des salaires comparables. Poser la question, c’est y répondre : Colorado reprendrait-il Rantanen contre Necas, un pour un?
Ottawa : la leçon d’effort et de rigueur
La deuxième clinique, celle d’hier soir, fut uniquement sur la glace. Une leçon d’effort, d’engagement et de rigueur. Travis Green avait fait ses devoirs. Il a préparé ses joueurs pour embourber le Canadien dans son territoire. Résultat: Ottawa a joué un excellent 60 minutes, alors que le CH est demeuré sans réponse.
On voit bien le talent du Canadien quand il a la rondelle. Mais sans elle? C’est l’aventure. Erreurs d’assignation en zone défensive, jeu faible le long des rampes... Si Montréal perd le «puck», il court longtemps après. Et ça coûte cher.
Cette équipe manque de maturité au centre, de grosseur, de profondeur et d’expérience sur les ailes. Les problèmes défensifs ne viennent pas seulement des défenseurs, mais du manque d’application des attaquants.
Martin St-Louis entame une séquence infernale: 13 matchs en 22 jours, dont quatre dos-à-dos. Le coach a besoin de soutien de ses patrons. Sinon, il devra revoir ses schémas et revenir à une défensive de zone: un système «plate» qui consiste à accorder un but de moins plutôt qu’en marquer un de plus. Une nuance aussi claire que le jour et la nuit.